MINUSMA : PLAIDOYER PRODOMO

Les derniers développements dans la Région de Kidal et le changement intervenu dans le commandement de la Mission étaient au cœur du point de presse hebdomadaire de la Mission

Davidse Koen secretaire general pays bas representant speciale adjoint mission onu minusma maliLa conférence de presse hebdomadaire de la MINUSMA d’hier ne ressemblait pas aux précédents exercices du genre. Signe tangible de l’importance que la Mission accordait à ce rendez-vous, plusieurs de ses hauts responsables participaient à l’exercice : Arnauld Akodjenou, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général en charge des affaires politiques dont le successeur vient d’être nommé (voir l’Essor d’hier) ; le général Bikimo, commandant adjoint de la Force de la MINUSMA, Awale Abdounasir, commissaire de Police-UNPOL ; et  Mme Mbaranga Gasarabwe, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général, coordonnatrice humanitaire, coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Mali.

Les derniers développements dans la Région de Kidal et le changement intervenu dans le commandement de la Mission ne sont pas étrangers à cette mobilisation.
La situation dans la Région de Kidal, plus précisément à Anefis, qui retient l’attention générale depuis bientôt deux semaines a été, il va de soi, largement abordée. Les conférenciers ont confirmé qu’une enquête est en cours pour situer les responsabilités dans les affrontements sanglants qui ont opposé les groupes armés (GATIA et CMA). Mais en attendant les conclusions de cette enquête, le numéro 2 sortant de la Mission, Arnauld Akodjenou, sans le dire ouvertement, a laissé sous-entendre que la Plateforme serait à l’origine de l’escalade de la violence à Anefis.
« Point besoin de tirer les conclusions de l’enquête ici. Mais c’est un fait qu’un groupe armé a quitté un endroit A pour B et s’y installer ». C’est pourquoi, la Plateforme a été sommée (sans être nommée) de quitter Anefis « immédiatement, sans aucune condition». « Nous constatons que nous avons à faire à des hommes de mauvaise foi », a-t-il soutenu.
En attendant, la Minusma est en train de renforcer sa présence militaire dans les zones convoitées par la CMA et la Plateforme, a annoncé le général Bikimo, commandant adjoint de la Force de la MINUSMA. Le général a aussi indiqué qu’à Anefis, tout comme dans d’autres localités du Septentrion (Kidal, Aguelhok et Ménaka), la MINUSMA a établi une zone de sécurité de 20 km à ne pas franchir par les protagonistes. Et quiconque violerait ces zones de sécurité s’exposera à des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies », a assuré Arnauld Akodjenou précisant que les zones de sécurité autour des villes seront maintenues aussi longtemps que nécessaire.
Selon le général Bikimo, pour faire respecter le cessez-le-feu, « tous les moyens ont été déployés » dans les zones où s’affrontent régulièrement les groupes armés : avions, drones, troupes au sol y compris une vingtaine d’observateurs militaires. « Nous ferons tout pour qu’il n’y ait plus d’autres Anefis. Puisque nous constatons de plus en plus que nous n’avons pas à faire à des gens de bonne foi », a prévenu, Arnauld Akodjenou, qui tout au long de la conférence de presse, a parlé de la Plateforme en des termes particulièrement durs. Et d’enfoncer le clou : « Nous sommes partis du principe qu’un accord a été signé et que les armes sont déposées et qu’on attend la mise en œuvre de ce qui est dans l’accord ».
Malgré les derniers affrontements entre la Plateforme et la CMA dans la Région de Kidal, la MINUSMA entend poursuivre son rôle de médiateur. C’est du moins ce qu’a assuré Mme Mbaranga Gasarabwe. « Nous sommes dans la logique de la mise en œuvre de l’Accord. Nous savions qu’il aurait des embûches ».
Dans une tentative de répondre au sentiment partagé par une majorité de Maliens qui pensent que lorsque la CMA s’agite ou que des groupes extrémistes frappent, la Minusma ne lève pas le petit doigt, la coordonnatrice humanitaire a répondu : « Je lis dans des journaux que nous ne faisons rien. Les gens pensent qu’avec l’insécurité qui prévaut nous ne faisons rien. Mais, c’est un travail colossal qu’il faut abattre. Mais ce ne sont pas les difficultés qui vont nous empêcher d’avancer. Nous constatons qu’il y a certaines sensibilités signataires de l’Accord qui ne veulent pas respecter et l’esprit et la lettre de l’Accord. On ne va pas croiser les bras et attendre. Les mécanismes de dissuasion sont en train d’être considérés et seront appliqués au moment venu ».
Revenant à la charge, Arnauld Akodjenou estime que « personne ne devrait penser qu’on signe un accord de paix et qu’on garde les armes sur soi et qu’on monte sur des véhicules …. C’est fini la période où l’on pouvait parcourir le Nord avec des armes surmontées sur des véhicules »
Réagissant à la rumeur qui le donne démissionnaire, le numéro 2 de la MINUSMA a confirmé qu’il partait à la retraite comme cela avait été annoncé par les Nations Unies dans le communiqué annonçant son remplacement. Il a précisé qu’il partait après avoir servi au Mali par deux fois. La première fois, c’était au compte du HCR, entre 1997 et 2000 et la deuxième fois, au sein de la Mission. « J’ai raisonnablement demandé de ne pas continuer après 30 ans de service au sein de l’Organisation des Nations Unies ».

A. DIARRA

source : L’ Essor

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