MINUSMA-MOPTI à l’écoute des populations : Priorités stratégiques et rôle d’appui à la protection des civils mis en exergue

Du 17 au 30 novembre dernier, la Venise malienne a accueilli une série de cinq sessions de discussions autour du Mandat de la MINUSMA, dans le cadre de la campagne de proximité dénommée « Thé dans le grin ».

Au total, lors de ces cinq cessions, environ 250 participants dont 50% de femmes, parmi lesquels des autorités communales et locales, ainsi que des leaders traditionnels, et les représentants des groupements de jeunes et de femmes, ont assisté à ces activités qui se sont déroulées dans les communes de Mopti et de Socoura, y compris des secteurs de Sévaré. La MINUSMA, à travers, cette campagne de sensibilisation, lancée cinq ans plus tôt, donne la parole aux populations et leur apporte les réponses et informations adéquates sur son rôle d’appui, y compris à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Selon Mme Fatou THIAM, il s’agit « d’un espace d’échanges avec les populations et qui permet de rester à leur écoute, et de répondre directement à leurs questions sur le mandat de la Mission ». La Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA à Mopti a aussi précisé que « la MINUSMA organise ses séances seulement quand c’est possible, et en mettant les moyens pour appliquer les gestes barrières contre la COVID-19 ».

Sensibiliser dans le respect des mesures barrières à la propagation de la Covid-19

En effet, durant les quatre premières années de cette campagne, jusqu’en 2019, les participants se retrouvaient autour d’un thé au cours des échanges. Depuis la fin du confinement imposé par la pandémie de la COVID-19, en reprenant les activités de sensibilisation en octobre dernier, à défaut de partager le thé avec les grins, la MINUSMA offre désormais, des masques faciaux, des bouteilles de gel hydroalcoolique et des kits de lavage des mains. Ainsi, dans le respect des mesures barrières, seule une cinquantaine de personnes prennent part à chacune des séances tenues en plein air, avec une distanciation d’un mètre entre les participants.

La MINUSMA déploie des équipes pluridisciplinaires, au plus proche des populations

Culturellement, le grin fait référence à des groupes informels réunissant des personnes de même génération autour de sujets divers de la vie y compris les questions socio-politiques, tout en partageant le thé. Dans le cadre de la campagne « Thé dans le grin », la MINUSMA va à la rencontre des grins dans leur lieu habituel de réunion. D’où le caractère particulier des discussions qui y sont souvent engagés avec les membres de la MINUSMA, issus du Bureau de la Communication stratégique et de l’Information publique (PIO), de la Division des Affaires Civiles (CAD), de la Section des Affaires judiciaires et pénitentiaires (SAJP), et des composantes de la Force onusienne, et de la Police des Nations Unies (UNPOL). Lors de ces activités, une unité de la force de réaction rapide composée de soldats de la paix du Sénégal cantonnés à Mopti, a assuré l’escorte.

Les cinq activités se sont donc déroulées, à partir du 17 novembre, dans la commune de Socoura, les 21 et 25 novembre respectivement dans le deuxième secteur de Sévaré appelés « Fla djon Kin » et le quartier Diondiory à Mopti-commune, puis dans le village de Barbé dans la commune de Socoura, le 27 du mois. Enfin, dans la commune de Mopti, au quartier Gangal, le 30 novembre 2020. En plus des autorités locales, PIO à Mopti s’est associé à d’autres structures communautaires, telles que l’association des communicateurs traditionnels, le RECOTRAD, pour organiser ses activités de sensibilisation sur le mandat de Mission. Pour Tidiane KANTE, président du RECOTRAD, « Cette activité de sensibilisation de la MINUSMA vient à point nommée car, nous griots, sommes des régulateurs de la société, des messagers pour les communautés, il est important pour nous de distinguer les bonnes informations des mauvaises », a-t-il souligné.

Dans toutes les localités, le personnel de la Mission onusienne au Mali s’assure de transmettre, en langues nationales, les informations sur le contenu du nouveau mandat inscrit dans la résolution 2531 (2020) du Conseil de sécurité de l’ONU « qui confère à la MINUSMA un rôle d’appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix ». Les participants se sont activement impliqués dans les débats, notamment, en posant des questions sur le rôle des Casques bleus dans la protection des civils et la mise en œuvre du processus de paix, ainsi que sur les rôles respectifs de la MINUSMA et des Forces de défense et de sécurité du Mali (MDSF). Les participants se sont également intéressés à en savoir davantage sur les possibilités d’emploi pour les jeunes à la MINUSMA et sur les projets à impact rapide (QIP).

Les deux priorités stratégiques de la MINUSMA et son rôle d’appui à la protection des civils mis en exergue

L’équipe de la MINUSMA, en particulier la Division des Affaires Civiles et la Force onusienne ont expliqué au public que la MINUSMA au Mali poursuit deux priorités stratégiques s’articulant, en premier lieu, sur l’appui à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali par les parties maliennes et par d’autres acteurs maliens concernés. En second lieu, la deuxième priorité stratégique pour la MINUSMA est de faciliter « la mise en œuvre d’une stratégie malienne globale à orientation politique pour protéger les civils, réduire la violence intercommunautaire et rétablir l’autorité et la présence de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali », conformément à la résolution 2531 (2020) du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

A Diondory, des membres des communautés Peuhl et Dogon, rassemblés sur la place publique, ont pris part aux discussions sur le mandat de la MINUSMA. Au cours des échanges, le chef de quartier et ses conseillers n’ont pas manqué de souligner les problèmes auxquels leur village est confronté, à savoir l’absence d’éclairage public, le manque d’activités génératrices de revenus pour les jeunes et les femmes, ainsi que le mauvais état des routes.

Une question récurrente qui revient est celle de la protection des civils qui permet aux personnels en uniforme de rassurer la population sur son rôle, en appui aux FDSM, y compris les efforts déployés pour contribuer au retour de l’autorité de l’Etat, dans les zones où elles ne sont pas présentes. Les préoccupations soulevées ont été écoutées par les Casques bleus de la Force et de l’UNPOL, ainsi que les membres civils de la MINUSMA, qui ont apporté des éclaircissements aux participants sur le travail de la mission, son mandat, y compris le rôle de chaque composante de la MINUSMA dans la stabilisation du pays, en appui aux autorités maliennes. PIO a rappelé aux participants la responsabilité première des autorités maliennes dans la protection des civils.

Au village de Barbé, lors de la session tenue sur la place publique, Le Capitaine Fréjus HOUNSOU, policier du Bénin, déployé au sein de l’UNPOL, a mis en lumière le rôle de sa composante en appui aux forces de sécurité maliennes, notamment dans le cadre de la police de proximité. Il en a profité pour encourager la population à se rapprocher davantage de ses forces de sécurité, car, dit-il, « la réussite de leur mission repose en partie sur la collaboration avec les populations. » En fin de séance, l’UNPOL a remis des postes de radios équipés de panneaux solaires et d’ampoules électriques.

Par ailleurs, à Mopti, Myrline SANOGO-MATHIEU, du bureau de la Communication de Mopti, a encouragé les participants à relayer les informations reçues sur le travail de la Mission onusienne au Mali dans leurs familles et leurs communautés respectives, ou tout autre endroit où ils se sentent à l’aise à le faire. « Je comprends mieux le rôle de la MINUSMA, particulièrement ici à Mopti, qui est d’appuyer le gouvernement malien dans la mise en œuvre de l’Accord de paix. Souvent, ce rôle est mal compris et la MINUSMA en est victime, en quelque sorte. C’est pourquoi, je vais volontiers partager les principaux messages avec mes pairs », a dit l’enseignant, Mamadou Traoré, lors de la séance à Socoura. C’est à la suite de ces retours que Daouda NDIAYE de l’Unité de sensibilisation de PIO de la MINUSMA s’est réjoui d’avoir « pour la toute première fois, organisée une présentation du Mandat à Socoura, au regard de l’engouement avec lequel la population a participé aux débats ».

Bureau de la Communication Stratégique et de l’information publique

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