Manif contre les autorités intérimaires réprimée à Gao: le bilan est de 3 morts et de 17 blessés

La marche organisée par la population de Gao, hier, contre l’installation des autorités intérimaires dans les régions du nord du pays a été réprimée dans le sang. Se défendant de jets de cailloux des marcheurs, la Police, selon plusieurs sources, a ouvert le feu sur ceux-ci tuant 3 personnes et faisant plusieurs blessés, selon des sources hospitalières. Les mêmes sources rapportent que les blessés, dont certains sont dans un état grave, subissent des soins à l’hôpital régional de Gao.
Cependant des sources concordantes affirment que le nombre de blessés est de 17 personnes, dont des manifestants et des Policiers. Lesdites sources précisent que les morts, par contre, sont tous des rangs des manifestants.

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Après les politiques, c’était maintenant au tour de la société civile, à travers des habitants de la Cité des Askia, d’entrer dans la contestation de l’installation des autorités intérimaires dans les régions du nord du pays. Selon cette société civile, lesdites autorités intérimaires manquent de légitimité.
Hier, ils ont marché par milliers pour manifester leur colère et leur non-adhésion à la l’installation des autorités intérimaires pourtant prévue par l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali, issu du processus d’Alger.
Dans les rues de la Cité des Askia, les marcheurs scandaient la mesure parce que consacrant, selon eux, la partition du territoire national. Sur les pancartes, on pouvait lire aussi: « Notre terroir ne sera pas dirigé par des inconnus, non au complot du gouvernement malien contre le nord».
Aussi, dénonçaient-ils, certaines dispositions de la loi adoptée par l’Assemblée nationale, le 31 mars dernier, autorisant la mise en place de ces autorités intérimaires.
À leur avis, il n’est pas correct et normal que des gens qui ont pris des armes contre eux viennent les commander au nom de la mise en place des autorités intérimaires. En effet, selon le texte autorisant cette mesure, des communes des régions du Nord allaient, en lieu et place d’une délégation spéciale, être dirigées par les autorités intérimaires dont les membres seront choisis parmi les agents de l’État, la CMA et la Plateforme.
Tout au long du trajet, les marcheurs mettaient le feu à des pneus pour exprimer leur colère et leur indignation. L’on apprend également de plusieurs sources que certains marcheurs étaient munis d’armes blanches.
Cette manifestation, dit-on pacifique, a finalement dégénéré devant le commissariat central de la ville où les marcheurs se sont regroupés.
Après avoir encerclé le lieu, des opposants aux autorités intérimaires ont jeté des cailloux sur des policiers, selon des témoins de la manifestation. Et ceux-ci ont riposté en usant de gaz lacrymogène dans un premier temps avant d’ouvrir le feu sur les marcheurs. Il était 10 heures, confirment des témoins de la scène avant d’ajouter que c’est vers 11h que les tirs ont cessé et la plupart des manifestants se sont dispersés.
Par ailleurs, l’on apprend de sources hospitalières que l’affrontement a fait malheureusement parmi les manifestants 3 morts et de plusieurs blessés qui subissent des soins à l’hôpital régional de Gao.
Selon un communiqué du Gouvernement qui confirme les affrontements, le nombre de morts est de 3 personnes. On peut y lire, en effet : ‘’le Gouvernement du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale qu’une marche de protestation contre les autorités intérimaires qui s’est déroulée aujourd’hui à Gao a dégénéré et a occasionné trois (03) morts et des blessés tant du côté des manifestants que des forces de l’ordre’’.
Après avoir présenté ses condoléances les plus attristées aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés, le Gouvernement a exhorté les populations de Gao au calme et a rappelé que le dialogue et la concertation doivent guider toutes les parties.
Parmi les mesures arrêtées dans l’immédiat par le Gouvernement, il y a la décision d’envoyer, sans délai, une mission de haut niveau à Gao pour rencontrer les différentes composantes de la société civile et de la population. Ce, afin de trouver, dans le calme et la sérénité, des réponses appropriées aux préoccupations des différentes parties.
Enfin, le Gouvernement s’est engagé à diligenter une enquête indépendante et impartiale pour faire toute la lumière sur ces regrettables événements.
Après l’incident, le calme était provisoirement revenu dans la Cité des Askia. Les militaires patrouillaient en nombre important dans la ville, confirme un habitant de Gao et les principales voies ont été verrouillées.
Toutefois, l’on apprenait aux environs de 18h30 que la ville était en proie à des nouvelles manifestations de jeunes. Nos sources indiquent qu’une partie d’entre eux avait investi la Place d’arme, alors que l’autre faisait le siège du Gouvernorat. L’atmosphère était donc électrique, d’autant plus que des témoins soutiennent qu’il y avait parmi les manifestants, le matin, des éléments infiltrés de groupes d’auto-défense qui tiraient en l’air. Ce qui n’était pas de nature à maintenir le calme et la sérénité.

Par Bertin DAKOUO
Et Sikou BAH

 

Source: info-matin

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