Mamadou Djéri Maïga, vice-président de la CMA « J’ai été arrêté à l’aéroport d’Abidjan mais pas avec de l’argent… »

Dans un entretien qu’il nous a accordé en marge des travaux du comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger auxquels il a pris part, mardi dernier, le vice-président de la CMA, Mamadou Djéri Maïga a reconnu avoir été arrêté lors de son escale à l’aéroport d’Abidjan la semaine dernière. Par la même occasion, il a nié en bloc les informations selon lesquelles il était en possession de plus de 600.000.000 FCFA.

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Le vendredi dernier, pendant que les populations  fêtaient l’Aid El Fitr, l’arrestation de Mamadou Djéri Maïga, vice-président de la CMA à l’aéroport d’Abidjan en possession de 1.000.000 d’Euros, soit l’équivalent de plus de 600.000.000 FCFA enflammait les sites d’informations et les réseaux sociaux.

Cette information avait donné lieu à toutes sortes d’interprétations et de commentaires. Certains avaient même indiqué qu’il s’agit d’une somme d’argent  versée par les autorités  du Mali afin d’amadouer les représentants des groupes armés du nord basés à l’extérieur du pays dans le but de les faire revenir à de meilleurs sentiments  et permettre la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger signé en deux phases : la première phase le 15 mai et la seconde phase le 20 juin 2015.

Venu participer aux travaux du comité de suivi et de mise en œuvre de cet accord, nous avons rencontré Mamadou Djéri Maïga pour avoir sa version des faits.

« J’étais resté à Bamako pour travailler avec le ministre Hamadoun  Konaté sur la libération des prisonniers. Entre temps, la fête s’approchait à grand pas, donc j’ai demandé au secrétaire général de son département de me chercher un billet pour Ouagadougou. Il y avait deux options, où je passe le matin par Abidjan pour aller à Ouagadougou ou j’attends le soir pour partir directement sans escale à Ouagadougou. Et j’ai opté pour aller aussitôt », explique Mamadou Djeri Maïga. Qui poursuit « A ma grande surprisse, je débarque à l’aéroport d’Abidjan et je suis arrêté par des services sous prétexte que j’ai un mandat d’arrêt qui pèse sur moi. Je leur ai dit que c’est vrai que le gouvernement du Mali avait lancé un mandat d’arrêt contre moi, mais qu’il a été levé officiellement ».

Et d’ajouter « Ils m’ont dit si tel est le cas, dans leur machine, ce mandat n’a pas encore été levé ». A sa grande surprise dit-il, il a appris par voie de presse qu’il a été arrêté en possession de plus de 600.000.000 FCFA.

A l’en croire, cela est faux et archi faux puisqu’il n’était même pas en possession de ses valises, car celles-ci ont été acheminées de Bamako à Ouagadougou par Air Burkina. Selon lui, au moment des faits, il n’avait qu’un petit sac à main avec lui contenant son ordinateur, ses documents personnels et ceux de la troisième réunion du comité de suivi et de mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger. Un sac que les services qui l’ont arrêté ont fouillé sans trouver quoi que ce soit de compromettant, assure-t-il. Avant de lui faire signer un document.

« Le commissaire Touré  de l’Aéroport d’Abidjan a signé, Abdoul Karim Matafa qui m’accompagnait a aussi signé le document  et même les policiers qui m’ont interpellé. J’ai encore leurs numéros de téléphone en cas de besoin » fulmine Mamadou Djeri Maïga.

« Ils m’ont dit qu’ils n’ont rien contre moi et que  c’est mon pays le Mali qui m’a arrêté. Je n’accuse pas le gouvernement, mais les services secrets », a-t-il lancé.

A la question de savoir comment il a finalement été libéré après, près d’une journée de tractations, Mamadou Djeri Maïga explique.

« Le chargé d’affaires de l’Ambassade du Mali à Abidjan Daouda Diarra, un vieux que je respecte beaucoup  a passé toute la journée  avec nous. Il a appelé  le chef adjoint d’Interpol à Abidjan qui est aussi un Malien. Le  ministre Hamadoun Konaté aussi a appelé pour confirmer la  levée de mon mandat d’arrêt et c’est  finalement vers 18 h qu’une solution définitive a été trouvée avant que je ne sois libéré», a fait savoir le vice-président de la CMA. Qui assure que « c’est à partir de Bamako qu’on a téléphoné pour dire que je suis dans l’avion pour que je sois arrêté afin de salir mon image. Nous avons l’habitude de faire des escales et nous n’avons jamais eu à nous inquiéter de quoi que ce soit. ».

Selon lui, il devrait faire escale au salon d’honneur qu’ils ont refusé de lui ouvrir. Aussi dit-il, il a été  le premier à être enregistré sans ses bagages dans la grande salle de l’aéroport d’Abidjan.

« C’est  un incident malheureux qui est arrivé, mais c’est aussi une bonne chose qui nous permettra  de voir si les mandats d’arrêt sont bien levés ou pas. », a conclu Mamadou Djéri Maïga.

 

  1. Diama

Source: Tjikan

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