Les sédentaires du nord exigent l’exécution des poursuites judiciaires contre les djihadistes et les narcotrafiquants

Au cours d’une conférence de presse mardi, la plateforme des sédentaires du nord à travers l’association Zasya-Lasaltaray a exclu toute négociation entre les bourreaux d’hier et leurs victimes. Le dialogue que la commission dialogue et réconciliation appelle de tous ses vœux ne peut pas aboutir en dehors de la justice, disent les sédentaires du nord Mali insistant sur  les poursuites judiciaires lancées contre les terroristes et les narcotrafiquants par la justice malienne. Et dont le dossier semble connaitre une certaine léthargie. En clair pour les sédentaires du nord Mali composés pour la plupart de Songhaïs, de Peuls, de Dogons, Bambaras qui se veulent une majorité silencieuse, les préalables à l’instauration d’un climat de dialogue ne seront possibles qu’après la cessation de toute impunité et amnistie pour les criminels de guerre.coren collectif des ressortissant du nord mali

La plateforme qui s’est félicitée de la création de la commission dialogue et réconciliation estime que le dialogue ne peut aboutir que sur des bases claires.  Elle dit exclure toute forme d’impunité et d’amnistie pour les criminels de guerre. Elle exige la fin des expéditions punitives et des actes de vengeance, ainsi que la cessation de toute forme de domination de la minorité sur la majorité et la fin du traitement préférentiel dont semblent bénéficier certaines ethnies. Les sédentaires du nord restent convaincus qu’après avoir gagné la guerre, il faut nécessairement instaurer un climat de confiance entre les communautés. Cela n’est possible qu’à travers le respect des droits de l’homme.

La plateforme attire l’attention de la commission sur le danger qu’il y a à mépriser les victimes et  conforter les rebelles.

S’agissant de la composition de la commission dialogue et réconciliation, le coordinateur de l’association Sadou Maïga a indiqué que l’importance de la mission de cette commission est tellement grande que sa création aurait du se faire après concertation avec toutes les communautés notamment celles qui ont été victimes de toutes les exactions.

Pour ce qui est du nouveau découpage territorial, l’association a fait une étude sur la mal gouvernance politique  dans le nord du Mali. Cette étude a révélé qu’au Mali et dans les régions du nord en particulier, les règles et attributs de la bonne gouvernance ont été travestis en pratique de mal gouvernance et érigés en système de gestion dans lequel tous les abus possibles ont été perpétués sous le couvert du consensus et des spécificités du nord. C’est fort de ce constat que le conférencier a dénoncé la politique du nouveau découpage administratif. Partant du constat que des communes ou villages sans viabilité sont devenus des cercles au détriment de certaines agglomérations majoritairement composées de sédentaires.

Les responsables de l’association ont appelé les plus hautes autorités du pays à revoir ce découpage administratif en misant sur l’équité et la justice.

La conférence s’est aussi penchée sur le cas des jeunes volontaires militairement formés et qui sont livrés à eux-mêmes dans la nature. Il s’agit des jeunes cantonnés à Soufouroulaye et Sévaré et qui s’étaient engagés pour libérer le nord.

En vue d’une meilleure intégration de ces derniers, la plateforme des sédentaires du nord a suggéré que des efforts supplémentaires soient faits en les sécurisant dans les forces armées et de sécurité conformément aux critères républicains et l’utilisation de certains d’entre eux dans des brigades de vigilance sous l’autorité de l’Etat.

Abdoulaye DIARRRA

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