Les réserves du COREN sur l’accord : « La reconnaissance de l’ » Azawad » est une brèche dans laquelle vont s’engouffrer les ennemis du Mali pour réclamer sa partition »

Pour dénoncer certains termes contenus dans l’accord paraphé à l’issue du 5e round des pourparlers inter-Maliens à Alger, les leaders du Collectif des ressortissants du Nord du Mali (COREN) étaient face à la presse, le dimanche 1er mars dernier.

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Selon eux, la reconnaissance de l’Azawad comme une  » réalité socioculturelle mémorielle et symbolique  » telle que déclamée dans ledit document est une victoire pour les séparatistes. Ils craignent que ces derniers ne profitent de cette brèche pour réclamer la partition du pays. Ils ont ainsi relevé que les réticences des séparatistes et les manifestations de leurs partisans dans certaines localités du nord du pays pour rejeter l’accord, ne sont qu’une manœuvre dilatoire.

C’est le chargé des affaires juridiques du COREN, Malick Alhousseini et ses proches collaborateurs qui ont animé la conférence de presse. Dans une déclaration liminaire lue pour la circonstance, le COREN prévient que le maintien du terme «  Azawad  » dans l’accord est une  » imposture sur laquelle s’appuieront les forces occultes, qui ont ourdi le complot contre le Mali, pour sceller définitivement, dans un futur proche et immédiat, la partition du Mali « . Les leaders de ce regroupement d’organisations de la société civile du nord ont appelé les autorités à récuser un document comportant cette appellation. En clair, le COREN reste sur sa position et ne veut pas voir figurer sur l’accord le terme  » Azawad « . Pour lui, il ne s’agit rien d’autre que la  » négation de l’Histoire et la Culture séculaires partagée des régions du nord du Mali « . Il a également fait appel à la Médiation internationale pour ne pas cautionner ce fait.

Les leaders du mouvement ont rappelé que c’est lors du forum sur le nord, organisé en avril 2013, qu’ils ont évoqué la criminalisation du terme  » Azawad  » en vain. Pour eux, les différentes marches organisées dans certaines localités du nord après le paraphe de cet accord, ne sont qu’une manœuvre dilatoire. En clair, il s’agit d’une stratégie mûrement mise en place par les séparatistes pour que les autres parties signent ledit accord. Et, dans les jours à venir, ce sera à leur tour de le signer parce qu’il comporte le terme  » Azawad  » sur lequel ils comptent s’appuyer pour demander la partition du pays.

Aussi, ils ont indiqué que la signature de cet accord viole les Résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise malienne et l’accord préliminaire de Ouaga signé le 18 juin 2013. Ce, parce que le document n’est pas inclusif, car il exclut les représentants légitimes des populations du nord que sont la société civile. Ils ont ajouté que ceux qui disent parler au nom de cette dernière et qui ont participé à Alger II ne sont pas représentatifs. Dans ce cadre, les leaders du mouvement ont rappelé que le président de la transition Dioncounda Traoré, leur avait signifié l’hostilité du MNLA de voir le COREN siéger aux négociations de paix. Raison pour laquelle il n’a jamais pris part aux pourparlers.  Cette réaction du mouvement séparatiste vient du fait que le COREN avait très tôt décliné une offre faite par les  » forces occultes  » en juin 2012, lui intimant de faire adhérer les sédentaires du nord à l’organisation terroriste Ançar Dine. Ils ont soutenu que le mot «  Azawad  » est une fabrication de toutes pièces et non un territoire, car se rapportant tout juste à une prairie située dans le cercle de Goundam. Pour eux, c’est en 1990 que cette appellation a été évoquée pour la première fois. C’était à la suite d’une attaque à Ménaka, commanditée par des éléments se réclamant d’une organisation dénommée  »Révolution islamique de l’Azawad « . Selon eux, aucune des régions du nord, y compris celle de Kidal, ne doit porter le nom de l’  » Azawad « , car cela procèderait d’une réécriture de l’histoire du Mali. L’« Azawad «  n’est donc qu’une fiction destinée à cautionner la partition du pays.

  Massiré Diop

 

Source: L’Indépendant
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