Le Mali suspend la rotation des troupes de la MINUSMA temporairement

Cette suspension intervient après que le porte-parole du gouvernement de transition, Abdoulaye Maiga, a indiqué dans un communiqué que 49 militaires ivoiriens ont été arrêtés dimanche vers 11h15 (heure locale) à la suite de l’atterrissage de deux avions en provenance de Côte d’Ivoire.

Jeudi 14 juillet 2022 ((rezonodwes.com))–Le gouvernement malien a temporairement suspendu jeudi la rotation des contingents militaires et de police de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), suite à l’arrestation de 49 soldats ivoiriens à l’aéroport de la capitale, Bamako.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué, rapporté par le quotidien L’Essor, que cette décision a été prise en vue de la réunion de coordination imminente entre la partie malienne et les représentants de la MINUSMA.

« L’objectif principal de cette réunion est d’identifier un plan optimal pour faciliter la coordination et la régulation de la rotation des troupes opérant au sein de la MINUSMA », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il existe d’autres raisons « liées au contexte de sécurité nationale » pour suspendre les rotations.

En effet, le porte-parole de la MINUSMA, Olivier Salgado, a déclaré sur son compte Twitter qu’ils ont pris note de cette communication du ministère et sont prêts à engager des discussions « sans délai ».

« La rotation des troupes est importante et cruciale pour l’efficacité opérationnelle de la mission, ainsi que pour la sûreté et la sécurité du personnel. Tous les efforts doivent être faits pour parvenir à une solution, surtout après le soulagement de certains membres il y a quelques mois », a-t-il déclaré.

Cette suspension intervient après que le porte-parole du gouvernement de transition, Abdoulaye Maiga, a indiqué dans un communiqué que 49 militaires ivoiriens ont été arrêtés dimanche vers 11h15 (heure locale) à la suite de l’atterrissage de deux avions en provenance de Côte d’Ivoire.

« Grâce au professionnalisme des forces de défense et de sécurité maliennes, il a été déterminé que 49 soldats ivoiriens étaient présents illégalement sur le territoire national malien. Ils ont été immédiatement arrêtés et leurs armes, munitions et équipements saisis », a-t-il expliqué.

Parmi eux, a-t-il dit, se trouvaient « une trentaine de membres des forces spéciales » et « la profession réelle des soldats était largement dissimulée ». « La plupart des passeports des soldats détenus indiquaient des professions telles qu’étudiant, chauffeur, constructeur, mécanicien, vendeur, électricien, agent de sécurité, peintre », a-t-il déclaré.

Maiga a souligné que les détenus « ont donné quatre versions différentes pour justifier leur présence sur le territoire malien, notamment une mission confidentielle, une rotation dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), la sécurisation d’une base logistique de la compagnie aérienne Sahelian Aviation Services et la protection du contingent allemand ».

« Interrogée par les autorités maliennes, la MINUSMA a indiqué qu’elle n’avait pas de rotation prévue le 10 juillet 2022 », a-t-elle précisé, tout en soulignant que Bamako « n’a pas été informé par les voies officielles d’un déploiement de militaires ivoiriens », et parle donc d’une « violation flagrante des dispositions de l’article 38 du Code pénal malien sur les atteintes à la sécurité extérieure de l’État et à l’intégrité du territoire ».

En réponse à la controverse, M. Salgado a déclaré sur Twitter que les soldats détenus « ne faisaient pas partie d’un des contingents de la MINUSMA ». « Ces soldats sont déployés depuis des années au Mali dans le cadre d’un soutien logistique pour le compte d’un de nos contingents », a-t-il déclaré.

« Selon nos informations, leur libération le 10 juillet aurait été communiquée à l’avance aux autorités nationales », a-t-il déclaré, avant de soutenir que « les éléments de soutien nationaux sont des troupes nationales déployées par les pays qui fournissent des troupes pour soutenir leurs contingents ».

« C’est une pratique courante dans les missions de maintien de la paix. Ils ne sont pas comptabilisés dans les troupes de la MINUSMA. Les relèves des troupes de la MINUSMA sont planifiées et effectuées en accord avec les autorités maliennes », a-t-il déclaré.

Dans un contexte de retrait des troupes françaises et occidentales en raison des tensions avec la junte militaire malienne, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé fin juin une prolongation d’un an du mandat de la MINUSMA au Mali, jusqu’au 30 juin 2023, sans modification du déploiement de 13 289 militaires et 1 920 policiers et sans changement des priorités stratégiques.

La prolongation du mandat de la MINUSMA intervient après que la France et ses alliés ont annoncé en février que les troupes déployées dans le cadre de l’opération Barkhane et la force Takuba, envoyées au Mali pour aider Bamako dans la lutte contre le djihadisme, allaient être retirées en raison des tensions avec la junte militaire du pays africain.

Les tensions se sont accrues ces derniers mois en raison de l’annonce par la junte militaire d’une prolongation du processus de transition et du déploiement présumé de mercenaires du groupe Wagner, ce que Bamako et Moscou ont démenti, évoquant une coopération militaire régulière.

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