Fanatisme religieux : arme de destruction massive des racines culturelles

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Le Mali est un pays dont j’ai appris à connaître les aspects attachants dans les années 2000. Pays pauvre parmi les plus pauvres, il a su faire preuve d’une force vitale particulière, porteuse d’espoir malgré d’immenses obstacles à surmonter. Je pense par exemple à ce moment privilégié, passé dans un village dogon, à la nuit tombée. Un théâtre ambulant faisait escale pour un soir avec l’objectif de divertir les habitants certes, mais surtout avec la mission de transmettre quelques principes démocratiques fondamentaux.

Période pré-islamique

Le pays venait d’introduire quelques éléments de décentralisation qui donnaient du pouvoir aux communes mais exigeait aussi de leurs habitants un certain sens civique, celui d’aller voter bien sûr mais aussi celui de contribuer par les impôts locaux au développement de leur lieu de vie. Des mots simples, des mises en situation pleines d’humour, un public à la fois attentif et rieur… voilà les ingrédients d’une soirée consacrée aux valeurs démocratiques de base. Je me souviens aussi de cette visite privilégiée à la bibliothèque officielle de Tombouctou, lieu de conservation d’écrits précieux datant pour certains du 12e siècle, de la période pré-islamique. Un vrai trésor scientifique y est entreposé.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui et que subsiste-t-il de cette vitalité propre à ce pays ? Personne ne le sait mais à voir l’obscurantisme qui gagne chaque jour du terrain en raison de l’extrémisme religieux, on peut craindre le pire.

L’extrémisme, l’intolérance

Les guerres civiles ne sont hélas pas une nouveauté. La mort violente d’êtres humains est insupportable . Mais il y a pire encore, c’est la destruction systématique des racines culturelles. Et ceci se passe au Mali : des mausolées sacrés sont détruits, des documents précieux sont menacés et disparaissent. Tout ce que les collectionneurs peu scrupuleux n’avaient pas réussi à piller est livré maintenant à la vendetta religieuse. Toutes les religions ont connu leurs heures noires. Il ne s’agit pas d’en montrer une du doigt mais de dénoncer ici l’extrémisme, l’intolérance et la haine. Ce que l’on détruit au Mali, ce sont les vestiges de périodes d’ouverture e de curiosité intellectuelle et scientifique.

Quels que soient les moments de l’histoire, les pays et les régions concernées, à chaque fois, l’extrémisme s’attaque aux racines culturelles de la population.

Je ne sais à quoi peut bien servir le classement, par l’Unesco, de Tombouctou au patrimoine mondial en péril et je constate avec tristesse l’impuissance de la communauté internationale face une tragédie culturelle qui nous concerne tous. (Newsnet)

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