Edito : Après le carnage de Gao, il faut trouver des réponses aux questions

Après le deuil suite au carnage survenu dans le camp du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC), il est urgent de répondre à un certain nombre de questions pour voir clair dans la survenue de cet attentat terroriste. Car, il faut le dire, il y a beaucoup de non-dits autour de cette attaque. Les circonstances dans lesquelles elle est survenue demeure floues.

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La première question que l’on doit se poser, et à laquelle il faut trouver une réponse, c’est le comment ? En effet, il faut qu’on sache comment le véhicule des terroristes a pu entrer dans le camp du MOC, dans une ville comme Gao, presque en état de siège. Comment est-il arrivé à proximité de soldats en regroupement ? Comment un inconnu à bord d’un véhicule, fût-il semblable à ceux du MOC, peut-il franchir les portes du camp sans qu’il n’ait été au préalable identifié ?

En réalité, lemoment choisi pour réaliser une telle opération, avec une telle précision, parait trop surréaliste pour être vrai. Ce timing laisse croire à d’éventuellescomplicités,dont les auteurs de cet acte lâche auraient bénéficié et qu’il faut établir.Dans un tel camp et surtout dans le contexte actuel, on ne doit pas baisser la garde. La vigilance doit être accrue pour identifier tout ce qui entre et sort de ce camp.

C’est dire que tout n’est pas clair dans cette affaire. Les autorités en charge du pays doivent sans attendre tirer les leçons pertinentes pour que des situations de ce genre ne puissent plus se reproduire dans ce camp. Car, la survenue de ce genre d’attaque risque de créer un climat de méfiance entre les soldats de notre pays et les membres des groupes armés regroupés dans le cadre du MOC pour mener des patrouilles, afin de faciliter la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble de notre territoire. Ces attaques risquent également de porter un coup à ce processus que les ennemis de la paix ne veulent pas voir se réaliser.

Nous devons aussi profiter de cette occasion pour y voir plus clair dans les effectifs des groupes armés. Parce qu’il ne faut pas que des terroristes s’infiltrent dans leurs rangs pour saper tout le processus. En effet, l’objectif premier du MOC, prélude au cantonnement et au DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion), est de pouvoir faire la différence entre les groupes armés signataires de l’Accord issu du processus d’Alger et les terroristes. Lesquels entretiennent tous les jours le secret espoir que notre pays ne retrouve pas la paix. Comme l’a dit le Président de la République, après ce carnage, tous ceux qui se mettront sur le chemin de la paix au Mali seront balayés. IBK a également affirmé que les ennemis de la paix seraient vaincus.

Si tout le monde joue franc jeu, il n’y a aucune raison pour que le Mali ne vienne pas à bout de ce fléau, qui a porté un coup sérieux à l’image de notre pays. L’exceptionnelle mobilisation de la classe politique après cette attaque, pour soutenir nos forces armées et de sécurité,est un signal fort de la capacité des Maliens à se surpasser, au-delà des clivages politiques, pour s’entendre sur l’essentiel.

En effet, opposition et majorité, comme dans une symphonie, se sont donné la main pour une union sacrée autour de la patrie. Cet élan doit être poursuivi sur l’ensemble du territoire. La population doit collaborer pour démasquer nos ennemis qui se cachent parmi elle.

Youssouf Diallo

Source: La Lettre du Peuple

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