Dialogue inclusif pour la paix au Nord : UNE AVANCEE NOTABLE

Trois groupes armés ont signé une plateforme préliminaire à Alger ce week-end

 

NEGOCIATION MNLA ANSSARDINE MALI OUAGADOUGOU

Les actions de rapprochement des points de vue des groupes armés au Nord se multiplient. Ce qui permet de dégager un schéma opérationnel des prochaines négociations pour la paix dans le Septentrion. Les efforts de la communauté internationale en faveur d’un dialogue inclusif en tant que seul chemin vers une paix durable a commencé à donner des résultats concrets.

Le week-end dernier, grâce à la détermination des Nations Unies et de l’Algérie, trois groupes armés du nord de notre pays ont annoncé s’être engagés à participer à un dialogue inclusif pour trouver une solution définitive à la crise en signant une « plateforme préliminaire » dans la capitale algérienne. Il s’agit de dissidents du MNLA, la Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA), une frange du Mouvement arabe de l’Azawad, et les groupes d’auto-défense du Nord réunis au sein de la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) dont les dirigeants sont tous présents à Alger doivent très prochainement signer à leur tour cette plateforme préliminaire qui fixe les grands principes des pourparlers.

Pour les futurs cycles de négociations, il y a désormais deux regroupements de mouvements armés en face à la société civile et aux autorités de notre pays. En schématisant, nous avons d’un côté le MNLA, le HCUA, le MAA qui seront associés aux groupes armés modérés (le CPA et le CM-FPR) et de l’autre figurent les représentants des pouvoirs publics et des associations de la société civile. Les médiateurs et les facilitateurs, eux, sont au milieu.

La signature de cette plateforme a eu lieu samedi à Alger. Etaient présents chez le voisin algérien, les leaders de la Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA), qui est une dissidence du MNLA, le regroupement des mouvements d’auto-défense sédentaires de la région de Gao, et une frange du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

En signant ce document, tous ces mouvements s’engagent à privilégier la voie de la négociation, du dialogue. Les efforts de l’Algérie ont le double mérite de maintenir le climat de non violence intervenu après le cessez-le-feu du 23 mai et permet de préciser le schéma futur des négociations entre les différentes parties.

Les facilitateurs des futures négociations sont connus. Il s’agit notamment de l’Algérie, du Maroc, et l’ancien Premier ministre Modibo Keïta. L’ONU jouera un rôle de facilitateur et même d’arbitre. Le Burkina Faso, pays médiateur désigné par la CEDEAO participera aussi aux négociations.

Dans le document qu’ils ont tous signé, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR) sont convenus d’oeuvrer « à la recherche d’une solution politique, pacifique et définitive avec le gouvernement du Mali, à travers la facilitation de l’Algérie ». Les trois mouvements « s’engagent avec le gouvernement du Mali de manière constructive sur la voie du dialogue et de la négociation pour une nouvelle gouvernance répondant aux aspirations profondes et légitimes des populations du nord du Mali ».

Ils demandent par ailleurs « la libération de prisonniers et de créer les meilleures conditions de retour pour les réfugiés dès la signature d’un accord global définitif ».

Cette « plateforme préliminaire » doit être remise au gouvernement afin d’avancer plus vite dans les préparatifs des négociations de fond. C’est justement dans cet esprit que le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, est parti dans l’après-midi à Alger.

Son homologue algérien Ramtane Lamamra a estimé que les discussions avaient permis de « rapprocher les points de vue » des trois mouvements et de « clarifier » les positions, selon l’agence algérienne de presse, APS. Il a insisté sur la nécessité d’un « dialogue intermalien inclusif ».

« Les négociations sont devenues prioritaires. La région sera en danger s’il n’y a pas de réconciliation », a déclaré pour sa part le chef de la Minusma, Albert Gérard Koenders, à la télévision algérienne à l’issue d’un entretien avec le ministre Ramtane Lamamra. Il ajouté qu’il était « important d’organiser des pourparlers inclusifs ».

« Je suis heureux que les parties maliennes réaffirment leur engagement à mettre en œuvre l’Accord préliminaire de Ouagadougou et la résolution 2100 (2013). Elles réaffirment aussi leur attachement au principe de l’intégralité des frontières, de la laïcité de l’état, et sont soucieuses de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la République du Mali. De plus elles s’engagent à mener les négociations devant aboutir à un accord de paix global tel que défini dans l’Accord préliminaire, c’est crucial » dit-il dans un communiqué précisant que « ces modalités contribueront à la stabilisation de la situation sécuritaire dans les régions du nord, ainsi que le début des négociations dans les meilleurs délais ».

 

 

A. M. CISSE

source ; essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.