Construction de la paix et de la réconciliation nationale : LA CLASSE POLITIQUE SE MET EN RÉFLEXION

Les acteurs politiques se sont lancés dans un exercice qui combine la pluralité des analyses et l’unicité du but recherché

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La pertinence d’un thème comme celui de « Contributions des acteurs politiques pour la paix et la réconciliation nationale » n’est plus à établir puisqu’il représente l’examen d’une actualité qui représente tout à la fois une question majeure pour les autorités et une préoccupation partagée par tous les citoyens du pays. L’intervention des forces françaises à Konna en janvier 2013 a permis d’arrêter l’avancée des groupes armés, de procéder à la libération de Tombouctou et de Gao, de lancer une alternative politique qui s’est concrétisée par la signature des accords préliminaires de Ouagadougou et de réussir la tenue des élections présidentielles et législatives sur l’ensemble du territoire national. L’ouverture de la piste politique évoquée plus haut n’a certes pas empêché les actions armées sporadiques et planifiées, mais la volonté politique de continuer à négocier a toujours été affirmée par les différentes parties.

Les événements qui ont eu place à Kidal du 17 au 21 mai dernier ont accéléré les perspectives politiques par la conclusion d’un cessez le feu et la rencontre d’Alger qui s’en est suivie a permis  la signature d’une feuille de route le 24 juillet dernier. Ce document conformément à sa lettre balise la voie et prépare les conditions des négociations de fond qui doivent permettre d’arriver à un accord politique pour la paix. Une question importante de fond en rapport avec la résolution de cette crise reste la politique de régionalisation. De nombreuses questions fusent encore aujourd’hui quant au contenu de cette dernière, sa nature, ses formes et les relations entre représentants de l’Etat et les instances élues.

Compte tenu de l’importance des enjeux soulevé par ces questions et conformément à sa mission de plateforme de partage et d’échange sur des questions d’intérêt national, la fondation Centre malien pour le dialogue interpartis et la démocratie (CMDID) a organisé jeudi au Grand hôtel une journée d’échanges sur les contributions de la classe politique et de la société civile pour la paix et la réconciliation nationale. Présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Intérieur et de la sécurité Chienkoro Doumbia, la rencontre s’est déroulée en présence du président du CMDID, Moriba Keïta et du directeur exécutif de la même structure, Moumouni Soumano.

Moriba Keïta a expliqué que conformément à sa mission de plateforme de dialogue politique, le CMDID a inscrit dans son plan d’action 2014 la contribution des acteurs politiques aux négociations qui vont s’entamer en début de semaine prochaine dans le cadre du processus d’Alger. Dans ce sens, elle a adopté une démarche graduelle d’échanges et de consultation sur la question de la paix et de la réconciliation nationale au niveau des régions de Kayes, Sikasso, Ségou et Mopti durant la semaine écoulée et a poursuivi, jeudi dernier, au niveau national avec les cadres des directions nationales des partis politiques sur les mêmes thématiques.

La synthèse des différents échanges et réflexions, a assuré Moriba Keïta, sera consignée dans un document qui sera mis à la disposition des autorités compétentes et de l’opinion nationale. « La mobilisation des Maliens sur cette question ne doit souffrir d’aucun clivage quant au but recherché, même si comme l’exige la démocratie, la diversité d’opinions doit pouvoir s’exprimer », a professé Chienkoro Doumbia. Pour lui, l’organisation d’un tel atelier permet aux différents acteurs de se rencontrer et d’échanger sur leurs préoccupations ainsi que de réfléchir ensemble aux perspectives de solutions. Il a félicité la fondation CMDID pour son appui constant aux acteurs du processus démocratique et sa volonté de maintenir un espace de dialogue politique, gage de la construction en commun de projets politiques importants. Deux communications ont ponctué la journée : la première sur les enjeux du processus d’Alger et la seconde portant sur les textes de la régionalisation.

S. DOUMBIA

source : essor

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