Comité de suivi de l’accord : Seul le point appétissant a été tranché

Pratiquement un an après sa signature qui a mobilisé le monde dans l’enceinte du CICB, l’accord de paix avance à pas de tortue. Le comité de suivi mis en place n’a jamais pu véritablement donner un coup d’accélérateur à la machine après huit réunions.

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En effet, après huit séances de « bavardage », le Comité de Suivi de la mise en œuvre de l’accord (CSA) n’a pu franchir qu’une toute petite étape. Et il s’agit du plus appétissant: Son budget de fonctionnement évalué à près d’un milliard de FCFA. C’est le seul point qui a été traité sans tracasseries puisqu’il s’agit de réfléchir à comment dépenser l’argent du pauvre contribuable. Oui, l’argent de ce même pauvre contribuable qui continue de mourir dans des attentats terroristes et des attaques à main armée.

La question de représentativité, n’étant pas souligné dans l’accord et qui résulte d’ailleurs de la mauvaise foi des groupes armés qui ont exclus certains d’entre eux après avoir paraphé le document le 15 mai, ne peut être brandit en un trophée de guerre. Au contraire, il s’agissait d’un faux problème qui n’aurait pas lieu d’être si les parties étaient animées d’un minimum de bonne foi. Puisqu’au-delà d’une question de représentativité, il s’agissait surtout d’une question d’inclusivité.

Voilà qu’au sortir de cette énième session de « bavardage », les groupes armés et le gouvernement sortent dos à dos des locaux du Centre international de Conférence de Bamako, théâtre du “grin”.  Comme très souvent, ils ne sont pas sur la même longueur d’onde au point que la méditation internationale, qui a manqué de fermeté durant tout le processus (depuis Alger) commence à se frustrer. Alors que l’État malien met en avant la sécurité des personnes, les groupes armés sont plutôt pressés de mettre la main dans le plat garni des autorités intérimaires dont la loi est d’ailleurs attaquée devant la Cour suprême par l’opposition.

Les délices que le gouvernement s’apprête à accorder aux groupes armés dans le cadre de la mise en place de ces autorités dites intérimaires font déjà rêver. C’est pourquoi leur mise en place apparaît aujourd’hui comme une priorité absolue aux yeux des ex-rebelles et des membres de la Plateforme. Ces deux groupes auront pratiquement la main mise sur plusieurs collectivités du nord pendant toute la durée de la période intérimaire.

En attendant, sous le brûlant soleil de ce mois d’avril, le peuple voit son destin pris en otage par des hommes. Les uns en costumes, les autres en turbans.

 

La rédaction 

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