Collision Peuls et mouvement terroriste: l’appel des autorités à éviter l’amalgame

Après les violences entre éleveurs peuls et agriculteurs bambara à Ké-Macina, le week-end dernier, dont le dernier bilan est officiellement d’une dizaine de morts et de plusieurs blessés, mais 42 morts, selon les sources locales, une délégation ministérielle et parlementaire, s’est rendue dans ladite localité, le mardi dernier, pour non seulement s’enquérir de la situation sur le terrain, mais également présenter les condoléances du gouvernement aux familles et souhaiter prompt rétablissement aux blessés. Le chef de la mission, Hamadoun KONATE, ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire a recommandé aux populations de la zone d’éviter tout amalgame.

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La délégation ministérielle, conduite par Hamadoun KONATE, ministre de la Solidarité et de l’action, comprenait Mamadou Ismaël KONATE, ministre de la Justice ; Mohamed El Moctar, ministre de la Réconciliation nationale et Mohamed Ag ERLAF, ministre de l’Administration territoriale. Il y avait également la présence des députés de l’Assemblée nationale.
Les deux délégations se sont rendues à l’hôpital de Macina où sont admis les blessés de ce violent conflit entre éleveurs peuls et agriculteurs bambaras.
Après avoir présenté leurs condoléances aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés, les membres des deux délégations ont échangé avec la population et l’Administration locale dans le but d’un retour définitif de la paix et de la cohésion sociale entre les différentes communautés dans le cercle de Macina.
Selon le ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Hamadou KONATE, joint par nos confrères de RFI : « Ce qui est sûr c’est que nous avons d’abord à faire à un conflit ethnique, à des différends qui ont presque toujours existé entre éleveurs et agriculteurs sur un terrain où on a d’abord une population d’animaux qui est très élevée et une occupation d’espace assez forte pour l’agriculture ». Et le ministre de déclarer : « La transhumance, qui pouvait se passer dans des conflits qui étaient facilement gérés, se passe aujourd’hui dans des conflits où les crises sont les plus violentes. Mais la collision entre soit les peuls soit les jeunes de cette partie de notre pays et le mouvement terroriste qui est dans la zone ; cette collision est souvent utilisée pour ouvrir des brèches dans lesquelles ces terroristes peuvent s’engouffrer. Alors nous, nous recommandons d’éviter tout amalgame ».
De source officielle, apprend-on, il s’agit d’un affrontement entre peuls bergers et bambara.
Selon la même source, tout est parti de l’assassinat d’un boutiquier bambara, par des peuls bergers. Ainsi, pour venger la mort de leur frère, les Bambaras ont pris d’assaut les hameaux peuls de Djawarebou. Ce qui porte à croire qu’il s’agirait d’un problème ethnique entre des peuls propriétaires de troupeaux et des Bambaras propriétaires de terres.
Mais la réalité de ce qui s’est passé à Djawarebou, dans la commune de Macina, est tout autre. Pour preuve : Le boutiquier assassiné en plus d’être le chef de village est Bambara. Quant aux assaillants du boutiquier, ils seraient des disciples du mouvement de libération du Macina d’Amadou Koufa, qui ont pris pour cible le boutiquier, parce que ce dernier s’était proposé volontiers de dénoncer tout mouvement de ces derniers, à Djawarebou et ses alentours. En effet, quand ils sont venus commettre leur forfait, le boutiquier se trouvait avec un de ses clients, bambaras. Ce dernier a reçu des balles au moment de la fusillade du boutiquier, chef de village, qui a rendu l’âme avant la fuite des assaillants.
« Le client, avant de succomber à ses blessures, causées par les balles, aurait dit que les auteurs de l’acte seraient venus de tel et tel autre hameau. Les Bambaras ayant entendu cette explication du déroulement du crime se sont tout simplement rendus dans lesdits hameaux pour venger la mort de leur », a-t-on appris.

Par Sékou CAMARA

 

Source: info-matin

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