Scolarisation des filles au Mali: l’identification des défis et des enjeux

L’hôtel Onomo de Bamako, a abrite depuis ce mercredi 6 octobre 2021, pour 3 jours, les travaux d’une session de formation sur la Co-construction d`un dispositif de renforcement des compétences des enseignants et des personnels de supervision sur l’éducation des filles pour améliorer leur performance à l`école.

 

L’ouverture des travaux était présidée par la représentante du ministre de l’Education nationale, Mme SYLLA Fatoumata Hama CISSE ; en présence de la Représentante résidente de l’IFADEM, Mme Concilie MBWAYIBA ; du Directeur national adjoint de l’enseignement normal, Issoufi DICKO ; du représentant de l’AUF ; etc.
Initiée par le ministère de l’Education nationale (MEN), en collaboration avec l’initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), cette formation, selon les organisateurs, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Enseignement et apprentissage de qualité pour les filles à l’école» mis en œuvre par l’AUF et l’OIF dans le cadre l’IFADEM.
La phase pilote dudit projet cible 3 pays du Sahel, à savoir le Burkina Faso, Mali et Tchad et vise 3 000 enseignants et directeurs (à raison de 1000/ pays) ; 1 500 personnels de supervision (500/pays) et un accompagnement spécifique de 840 000 filles (280.000/pays) pour l’amélioration de leurs performances.
L’une des spécificités de l’initiative est d’impliquer les bénéficiaires dans l’identification des besoins et la co-construction d’un dispositif adapté aux défis et enjeux identifiés pour répondre au mieux aux besoins et attentes réellement exprimés.
Le public cible de la formation est constitué à 50% d’enseignants sortants des IFM. L’autre moitié est composée d’autres profils issus des différents mécanismes alternatifs de recrutement (SARPE ; ECOM…).
Au total, le dispositif a ciblé 2 000 enseignants en service dans les zones rurales et périurbaines des circonscriptions pédagogiques de sa zone d’intervention.
Les 2 000 enseignants du dispositif ont bénéficié d’une autoformation à distance à travers 4 livrets de formation : appui psychosocial ; apprendre à lire et écrire en français ; enseigner les mathématiques en français ; évaluation des apprentissages scolaires.
Dans son intervention, la représentante de l’IFADEM, Mme Concilie MBWAYIBA, a fait savoir que le rapport de suivi sur l’éducation 2020 relève des avancées significatives enregistrées au cours des deux dernière décennies dans l’éducation des filles et la formation des femmes à tous les niveaux, mais lance une alerte sur des difficultés persistantes en termes d’accès, de maintien et de performances.
Aussi, a-t-elle ajouté, près 62 millions de filles comprises entre 6 et 14 ans sont privées d’éducation dans le monde et les filles scolarisées présentent plus de risques de décrochage que les garçons au niveau primaire.
Cette situation est plus préoccupante dans les pays à faible revenu et notamment en Afrique francophone où seulement 41% des filles achèvent le premier cycle de l’enseignement secondaire. Elle l’est davantage dans les zones de conflits où des populations sont en perpétuel déplacement pour fuir l’insécurité et des enfants obligés d’abandonner l’école.
Mme SYLLA Fatoumata Hama CISSE, conseillère technique chargée du genre au MEN, a souligné que la prise en compte du genre dans la formation des enseignants est le gage d’une amélioration certaine de la performance des filles à l’école.
«Les filles et les femmes représentent toujours la majorité des enfants non scolarisés et des adultes analphabètes», a-t-elle déploré.
Selon elle, c’est dans le souci d’optimiser les acquis de la politique de formation continue des enseignants que le Mali, à travers le ministère de l’Éducation nationale, a demandé et obtenu en 2015 son adhésion à l’initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM).

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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