Abdoulaye Daou : Au-delà des préjugés…Un parcours honorable et mérité…

Sorti de l’École Nationale d’Ingénieurs en 1999, Abdoulaye DAOU, Chevalier de l’Ordre National, a fait ses armes dans des grandes entreprises de construction (SOMAFREC) et d’études (CIRA). Après avoir travaillé comme Chef de projet et de section à la direction nationale des routes, il sera nommé à la cellule des travaux routiers d’urgence (CETRU) en qualité de Directeur adjoint.

Repéré pour sa technicité et son sérieux, Abdoulaye DAOU sera rappelé en 2015 à la direction nationale des routes pour occuper les fonctions de Directeur National adjoint. Un poste qu’il occupera jusqu’en 2020, à sa nomination.

La face cachée de l’iceberg…

La vie d’un fonctionnaire, de par la nature de la fonction publique, rime avec mobilité. Faite de hauts et de bas, cette mobilité est le plus souvent la conséquence de facteurs exogènes au détriment de réalités endogènes, fondées sur la compétence, la capacité et l’environnement structurel. C’est au nom de cette loi naturelle qu’Abdoulaye DAOU a passé le flambeau de la toute nouvelle direction générale des routes à Mamadou SAMAKE.

Après un hommage mérité de ses anciens collaborateurs, le vendredi dernier lors de la cérémonie de passation, le satisfecit des partenaires sociaux du secteur routier, il s’avère important de rappeler, pour la postérité, le louable travail abattu par l’homme et son parcours exemplaire à la fois en tant qu’ingénieur des constructions civiles qu’administrateur.

Sans aucune forme de présomption, disons d’emblée que le départ d’Abdoulaye DAOU est consécutif à une grogne sur les réseaux sociaux, alimentée par un ressenti légitime de nombreux concitoyens, instrumentalisée par des détracteurs tapis dans l’ombre et récupérée politiquement dans un énième esprit de positionnement stratégique.

Autrement dit, Abdoulaye DAOU a fait les frais d’une sortie médiatique manquée. Venu courageusement, dans un contexte très complexe marqué par des fortes pluies et l’état de dégradation accentuée des routes pour prêcher la bonne parole au bénéfice de son département, l’homme se retrouvera esseulé et jeté aux gémonies. Pire, des cadres de son département de tutelle n’ont pas manqué de se joindre indirectement au mouvement de contestation ayant conduit son limogeage.

Un serviteur dévoué et optimiste…

Contacté dans la foulée de la passation pour avoir sa version, l’homme a souhaité jouer la carte de l’apaisement. Acceptant son départ comme un phénomène naturel, Abdoulaye DAOU s’inscrit dans une logique constructive et orientée vers les vrais défis du secteur routier. « Le plus important n’est pas mon départ, mais plutôt ce qui reste à relever. C’est pourquoi je souhaite plein succès à mon prédécesseur. Je suis un cadre du département et reste, à cet effet, au service du pays. J’ai été beaucoup vilipendé, mais je comprends. Je n’ai pas été compris, mais j’en assume la responsabilité car j’ai la satisfaction morale », a confié DAOU.

Lâché comme un malpropre, sans moyens ni défense, après seulement une sortie ratée, Abdoulaye DAOU est aujourd’hui le seul à prendre les pots d’une défaillance systématique et d’un échec collectif. Son cas risque d’encourager le repli communicationnel auprès des cadres de l’administration, tout en exacerbant d’avantage la crise de confiance entre les médias. Le contexte dans lequel l’homme a été débarqué pourrait le présenter comme un incompétent ou un parvenu. Que nenni. L’homme a un brillant parcours et capitalise de très bons résultats techniques.

Il va sans dire que la sortie médiatique ratée aura eu raison du Directeur National des Routes, sans pour autant entacher la compétence technique et les loyaux services de l’homme Abdoulaye DAOU qui, du reste, devra tirer les conséquences de cette expérience enrichissante et se tourner vers de nouveaux horizons, au service de la nation.

Au-delà des préjugés…

En tant que Directeur National des Routes, l’homme capitalise plusieurs actions concrètes. Il a bouclé plusieurs financements et passé autant de marchés dont la matérialisation est attendu depuis de nombreuses années par de nombreux concitoyens.

A titre d’illustration, il convient de citer les études APS, APD et DAO des routes Banamba-Boron-Mourdiah et Banamba-Niono. S’y ajoute, avec l’Agence Française de Développement (AFD), la signature d’un protocole de financement pour conduire les études d’actualisation des deux Ponts de Bafoulabé et ceux de la route Kayes-Bafoulabé-Toukoto-Kati-Kita.

Aussi, sous son leadership, la direction nationale des routes a obtenu l’inscription d’une ligne budgétaire dédiée aux études sur le budget national et le financement avec la BOAD pour les travaux du tronçon urbain de la route nationale 27, Bamako-Koulikoro.

Au titre des reformes, après plusieurs années de travail acharné, Abdoulaye DAOU pourra se glorifier de la matérialisation du projet de Décret portant application de la loi relative à la protection de la voie publique et des textes de création de la direction générale des routes. Sans oublier la nouvelle dynamique impulsée dans le suivi des différents projets routiers et l’instauration d’un climat de confiance avec tous les acteurs stratégiques du secteur routier (entreprises, bureaux d’études et structures étatiques).

Seydou KONE

 

Source: Bamakonews

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