Protection des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation au Mali : La COSCLCCP plaide devant le CNT pour l’adoption d’une loi

La Coalition des organisations de la société civile pour la lutte contre la corruption et la pauvreté (COSCLCCP) a tenu le 30 décembre 2022, une séance de plaidoyer au Conseil National de la Transition (CNT) pour l’adoption d’une loi de Protection des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation au Mali. C’était dans la salle de conférence de la Commission des Lois Constitutionnelles, Législation, Droit de l’homme et des institutions de la République en présence de plusieurs conseillers de l’organe législatif de la transition.

Selon Ahmed Sékou Diallo, Vice-président de la COSCLCCP,  ce plaidoyer vise à favoriser l’initiation et  l’adoption d’une loi protégeant les lanceurs d’alerte. « Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement des capacités des organisations de la société civile pour leur participation au processus démocratique, à la gestion transparente des ressources publiques et la lutte contre la corruption, financé par Diakonia à travers l’ONG AMAPROS », a affirmé Ahmed Sékou Diallo.

« Les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation jouent un rôle primordial dans la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et l’impunité. Ils contribuent à la protection des investissements publics notamment, dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique, de l’immobilier et encouragent la création d’emplois. Ils luttent contre les inégalités sociales en améliorant l’accès aux services sociaux de base et favorisent le développement des entreprises. Aussi, les mécanismes de protection des lanceurs d’alerte et les dispositifs de lancement d’alerte constituent un moyen efficace pour détecter les fraudes », a souligné le vice-président de la COSCLCCP.

Ahmed Sékou Diallo déplore l’absence de mesures de protection énergiques des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation au Mali. « Ils vivent au quotidien des menaces, intimidations, voire des poursuites judiciaires. Ce qui fragilise davantage notre démocratie. Il urge donc d’améliorer la législation en mettant en place une loi qui protège ces acteurs importants de la lutte ».

Le Vice-président de la COSCLCCP a remercié ses partenaires techniques et financiers notamment, Diakonia à travers AMAPROS, OSIWA et la Coopération Suisse.

Pour le Président de la Commission des Lois constitutionnelles, Législation, Droit de l’homme et des institutions de la République du CNT, Souleymane Dé, la lutte contre la corruption est un combat de longue haleine. La Commission des Lois est à l’avant-garde de ce combat. Souleymane Dé a rappelé que la lutte contre la corruption est l’un des piliers du plan d’actions du gouvernement de la transition. « Il faut une société civile forte pour tirer la sonnette d’alarme… Il faut protéger les lanceurs d’alerte pour qu’ils ne soient pas intimidés… Nous comprenons cette démarche et nous y adhérons ». Pour un meilleur aboutissement de ce processus de plaidoyer, le Président Souleymane Dé a prodigué plusieurs conseils pour l’accélération de la procédure d’adoption de la loi allant dans le sens du combat prôné par cette coalition de la société civile.

La lecture du mémorandum de la COSCLCCP a été suivie par sa remise à la Vice-présidente de la Commission Lois, Me Saran Kéïta Diakité.

Moussa Diarra

Source : Le Challenger

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