Habib Sylla, président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur : « Notre bilan est à mettre au compte des bases »

Le Républicain : Que  représente pour vous cette 6ème Conférence du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, qui s’ouvre ce vendredi matin ?

habib sylla president diaspora exterieur hcme maliHabib Sylla : Merci de l’attention que vous portez au Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur depuis de longues années. Je profite de votre micro pour saluer les délégués venus nombreux en provenance des pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique du Nord et de la corne de l’Afrique, d’Afrique centrale, d’Afrique australe et orientale, d’Amérique, d’Asie et d’Europe. A cela, j’ajoute les remerciements des hautes autorités maliennes, qui n’ont ménagé aucun effort pour la bonne organisation de cette instance.

Partis du Mali à la recherche d’un mieux être, pour les populations de notre pays,  nous voici revenus au bord du Djoliba, pour mieux nous ressourcer, revisiter de près notre organisation commune, le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur. Cette 6ème Conférence de notre organisation sera un cadre, pour lui doter de meilleures règles d’organisation et de fonctionnement. Cela pour le bonheur de l’ensemble de nos compatriotes de la diaspora, et pour le développement économique, social et culturel de notre cher pays, le Mali.

Vous avez été porté à la tête du Haut conseil des Maliens de l’Extérieur en février 2009 ; à la fin de ce premier mandat aujourd’hui, comment se porte l’Organisation?

Je pense que notre organisation se porte mieux. En acceptant la charge de président du HCME à la suite des élections de 2009, des défis de l’efficacité et des méthodes de travail plus modernes se posaient, en raison des conditions particulières que vivaient nos compatriotes ; des conditions de vie de nos compatriotes, qui ont bravé montagnes, sables et océans en quête d’une vie meilleure; des conditions de vie de nombreuses familles laissées derrière eux ; le développement du pays, à travers leur apport intellectuel et financier. En outre, la sérénité était à rechercher dans certains conseils de base. Beaucoup d’efforts ont été consentis pour apporter des solutions à ces problèmes. De nos jours,  tous ces conseils de base ont retrouvé leur sérénité. Vous avez compris que la paix, la reconnaissance du mérite constituent, a n’en pas douter les gages de notre réussite. Le HCME a obtenu le statut d’utilité publique, cinq mois après notre prise de fonction. Il y a eu la mise en place d’un plan de développement institutionnel (P.D.I), qui a permis de renforcer du coup les capacités  du secrétariat  permanent grâce à la tenue de plusieurs ateliers  dont le plus important est le plan de communication interne et externe. Les textes du HCME ont été relus et seront soumis à l’appréciation des délégués durant les travaux de cette conférence. Deux fora ont été organisés: le forum des investisseurs de la diaspora tenu du 11 au 13 Décembre 2009 au C.I.C.B et celui de l’intelligentsia scientifique et technique tenu du  29 au 31 juillet 2010 au même centre. Je lance un appel à nos autorités en vue de la mise en œuvre des recommandations issues de ces travaux.

Vous bénéficiez de l’estime des autorités sécuritaires du Gabon, mais vous n’avez toujours pas pu empêcher l’expulsion de certains de vos compatriotes, pourquoi ?

Vous savez, personne ne peux avoir la prétention de résoudre tous les problèmes. Notre implication n’a pas fait défaut pendant la transition de 2012 à la suite des évènements douloureux que notre pays a connus, en Centrafrique et en Côte d’ivoire en faveur de nos compatriotes en détresse durant leur plus grave crise. Nous avons pu régulariser 2350 compatriotes au Gabon, comme d’autres présidents ont pu le faire aussi. Par contre, Mr SYLLA ne peut outrager les lois du pays d’accueil. C’est une règle d’or, respecter les lois du pays d’accueil.

 

Quels sont vos éléments de bilan et les perspectives?

 

Loin de moi la prétention d’avoir résolu tous les problèmes de la Diaspora malienne, nous avons l’avantage d’avoir cerné de manière claire et précise les objectifs que nous nous étions fixés en début de mandat et d’avoir mis en place des balises qui nous permettent d’asseoir un mécanisme de gestion efficace de notre association. Je ne vais pas répéter les éléments de bilan que j’ai déjà évoqué en répondant à votre deuxième question [pacification des Conseils de base, fora des investisseurs de la diaspora et de l’intelligentsia scientifique et technique, contribution à l’effort de guerre…]. Ce bilan est à mettre au compte des bases. Au regard des rapports, je pense que le bilan est positif.

Pour les perspectives, c’est de s’inscrire dans la continuité avec une nouvelle vision. Il s’agira de consolider les acquis du mandat précédent, redonner à nos compatriotes la confiance en soi dans une atmosphère de cohésion sociale plus poussée, consolider l’esprit de paix, et de réconciliation nationale au sein des conseils de base du HCME et à l’échelle nationale, créer des mécanismes pour minimiser l’immigration clandestine source de nombreux décès qui endeuillent les familles, à travers la mise en œuvre de la politique Nationale de Migration (PO.NA.M). Une attention particulière est à accorder aux jeunes et aux femmes par la création des emplois.

 

Etes-vous candidat à votre succession ?

C’est le souhait de beaucoup de nos compatriotes de la diaspora, et je réponds à cet appel. Je ne saurais terminer sans adresser mes vifs remerciements, à notre gouvernement pour l’accompagnement constant chaque fois que la diaspora en a senti le besoin ; aux institutions de la République au sein  desquelles nous sommes représentés, et à la presse qui permet de porter nos messages.

Réalisé par Boukary Daou

source : Le Républicain

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