Entretien avec Séga Diarrah : « Il faut changer de paradigme face au problème de chômage »

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Séga Diarrah est activiste et dirige le Collectif « Bi Ton » qui entend mener le combat pour une révolution sociale. Pour lui, face au problème de chômage des jeunes, il est urgent de changer de paradigme.

Sega Diarra politicien coordinateur collectif bi ton association

Vous avez organisez une conférence de presse le samedi 16 juillet dernier pour rappeler au Président IBK ses promesses de créer 200 000 emplois. Le samedi prochain votre collectif « Bi Ton » organise un grand meeting au stade Mamadou Konaté. De quoi il y sera question ?

Le samedi 23 juillet, la jeunesse malienne se réunira au stade Mamadou Konaté à partir de 15h00 pour débattre, réfléchir, faire la fête et prendre des décisions collectives face à la précarité et au chômage des jeunes. Nous allons interpeler le Président IBK par rapport à la promesse de campagne de création de 200 000 emplois.

 Vous faites le reproche au chef de l’Etat de ne pas avoir tenu ses promesses, pourtant le département en charge de l’emploi des jeunes dit qu’il y a eu plus de 100 000 emplois créés en trois ans.

Il y a lieu de se mettre d’accord sur la définition du chômage et de l’emploi créé. Nous ne sommes pas en compétition de chiffres avec un ministère donné. Nous sommes conscients que la création de l’emploi est plutôt liée à l’économie. Nous attendons du Président IBK des réformes cohérentes et un changement de paradigme afin de répondre efficacement au problème de chômage. Nous allons lui faire des propositions concrètes dans ce sens. Cependant, on ne peut pas continuer à faire la même chose et s’attendre à des résultats différents

A la conférence de presse du samedi dernier, vous avez dit qu’il faut faire la différence entre un emploi et un emploi jeune. Qu’avez-vous voulu dire ?

Au Mali, le problème de chômage est un phénomène généralisé, cependant, les jeunes et les femmes sont encore plus vulnérables que les autres catégories de chômeurs. Avec une population à majorité jeunes, il est urgent de s’attaquer en priorité à ce segment de la population.

Que pensez-vous de la situation actuelle de chômage des jeunes au Mali ?

Au Mali, toutes les études montrent que les jeunes ont deux fois plus de difficultés à trouver un emploi que les autres chômeurs. Les réalités sociétales, l’inadéquation entre la formation et le marché l’emploi, l’absence de deuxième chance pour les jeunes non scolarisés et les ruraux etc constituent entres autres les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes au Mali

Comment sortir de cette situation ?

Il est urgent de changer de paradigme, de traiter le problème de chômage des jeunes au même titre que la crise au nord, de prendre des politiques publiques permettant de stimuler l’économie et la création d’emploi. Pour cela, nous invitons le Président IBK à tenir les états généraux de l’emploi au Mali.

Propos recueillis par Bokar Sangaré

 

Source:  Le Pays

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