Dr. Tandjigoro Fodie, Sociologue : « Le fils aîné est le vice-président dans la famille»

Chaque fils a un rôle dans la famille. Ce rôle varie selon l’ordre de naissance. Dr. Tandjigoro Fodié, sociologue à Point sud (center for research on local knowledge) et maître de conférence, nous clarifie cela dans cette interview.

 

Mali-Tribune : Quel rôle joue le fils aîné dans la famille ?

Dr. Fodié Tandjigoro : Dans nos familles, sur le plan traditionnel, le fils ainé a le rôle qui équivaut au rôle de directeur et de vice-président. C’est-à-dire, le père qui est le chef suprême, gère la famille et, une partie des responsabilités au fils aîné. Par exemple, l’éducation des enfants qui sont nés en dernier. C’est au fils aîné généralement de s’occuper de leur éducation, de la répartition des tâches. En générale, il habite avec le père dans leur habitat. C’est pourquoi, il ne peut pas sortir.

Mali Tribune : Est-ce que, ce rôle est le même pour toutes les ethnies ?

Dr. F. T. : Ça peut varier. Mais, dans les familles étendues comme, chez les malinkés, les soninkés et les bambaras, le premier fils reste à la maison avant et même après son mariage. Le rôle peut changer chez les peulhs et les Touaregs qui sont des nomades.

Mali-Tribune : Le choix de la première belle fille se fait par les parents ou, revient au fils aîné lui-même ?

Dr. F. T. : Toujours sur le plan traditionnel, que ça soit le fils aîné ou tout autre, c’est le père avec toute la fratrie, ça peut être le jeune frère du père, le cousin du père, qui s’occupent de trouver une femme pour le premier fils. La première femme doit-être celle choisit par la tradition. Et, quand on choisit une femme, on l’a choisie généralement dans une famille dont on a l’habitude d’aller chercher les femmes ou, dont on a l’habitude de marier les filles de sa belle-famille.

Mali-Tribune : Quels sont les noms traditionnels donnés au premier fils ?

Dr. F. T. : Chez les bambaras, c’est « N’golo ». Les miniankas eux disent « Zé », Les soninkés « diabe », les malinkés disent « Den fôtô », Chez les bwas « Zo’insso », pour les peuls, « Amady » et pour les dogon « antimê ». Les noms traditionnels sont choisis en fonction de l’ordre de naissance. Certains noms comme « Niamankolo, Morijê… », sont rattachés soit à des phénomènes soit, au moment où la personne est née. Les noms sont symboliques, c’est pourquoi, quand on prononce ton nom, directement, on voit de quel ordre de naissance tu es.

Mali-Tribune : Le fils aîné d’avant est-il comparable à celui d’aujourd’hui ?

Dr. Fodié : Ils ne sont pas totalement comparables dû au fait que les temps ont changé. Avant, c’était le travail de la terre mais, aujourd’hui, il y a beaucoup de travaux tel que, les travaux de la ville. Le fils peut être fonctionnaire, étant donné que son père ne l’est pas, il ne peut donc rester en famille. Son rôle revient dans ce cas au second fils. La vie de la grande ville a rendu difficile la continuité sur le plan traditionnel du rôle du fils aîné. De nos jours, le fils aîné, dès qu’il a un peu de moyens, il quitte la famille pour aller vivre avec sa famille dans la ville. Ce qui joue beaucoup sur le côté de la tradition.

 

Jeanne-Marie Samaké

(Stagiaire)

Source : Mali Tribune

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