Daouda Magassa, secrétaire à l’organisation de Lamalake Kafo : «Nous lançons un appel au gouvernement afin qu’il nous aide dans le combat qui est pour nous un devoir de citoyenneté»

La diaspora soninké de la commune de Falo, cercle de Nara, s’est mobilisée autour de l’application «wechat» sur le Net pour s’organiser en association, «Lamalake Kafo», et mettre en place des projets de développement de sa localité. Nous avons pu nous entretenir avec le secrétaire général à l’organisation, Daouda Magassa.

festival international soninke fiso nouakchott mauritanieLe Reporter : Monsieur Magassa, pouvez-vous nous dire comment est née votre association et sur quoi elle travaille présentement ?

Daouda Magassa : Je vous remercie pour l’occasion que vous m’offrez de m’exprimer à travers votre journal. L’idée de cette association est venue de la diaspora fortement représentée en Chine, en Europe, en Amérique et en Afrique. La diaspora soninké s’est retrouvée autour d’une application appelée «wechat», permettant de faire des débats sur le Net. Nous nous sommes donc retrouvés et nous avons dont décidé, qu’au lieu de causer inutilement, il serait préférable de nous organiser en association pour mettre en place des projets de société afin de développer notre localité. Aujourd’hui, nous avons fait toutes les démarches nécessaires pour obtenir notre récépissé et officiellement on est  une association. Parmi nous, il y a un médecin du nom de Gaoussou Doucouré, colonel de l’armée travaillant à la Minusma. Nous l’avons approché et l’idée lui a beaucoup plu. Comme d’habitude, le colonel, lors de ses vacances, venait donner des soins gratuits à la population de la commune. Nous lui avons soumis l’idée de nous associer à lui, puisque la commune est vaste avec 43 villages, 34 hameaux et une population de 5o. 000 à 55.000 habitants. Le colonel Doucouré a aussitôt proposé une caravane de soins.

Où en êtes-vous avec cette caravane et comment va-t-elle opérer ?

Le lancement de la caravane a déjà eu lieu le 25 juillet 2015 avec une équipe de plus de 20 médecins et va durer 2o jours. Ces médecins sont répartis en équipes et travaillent dans chaque village de la commune, pendant deux jours. La journée est réservée aux soins médicaux pendant que la nuit, des rencontres de sensibilisation se font avec les femmes autour des soins qu’elles peuvent et doivent apporter aux enfants. Cette opération est estimée à environ 7 millions de Fcfa avec une importante contribution de la diaspora.

Avez-vous des partenaires qui vous accompagnent dans cette tâche ?

Nous sommes certes une jeune association, mais dans nos démarches, nous avons écrit au ministre de la Santé, que je salue de passage, puisqu’il n’a ménagé aucun effort pour nous venir en aide médicalement. Le ministère de la Santé est donc un de nos partenaires. Mais nous avons encore besoin d’autres partenaires, puisque nous ne comptons pas arrêter cette caravane de santé. Des ambitions pour le développement de notre localité visant des domaines pouvant intéresser des entreprises sont en cours d’étude, et nous voulons des partenaires avec lesquels nous pourrons ensemble travailler.

Quels sont vos projets futurs et qu’attendez-vous du gouvernement ?

Nous sommes très ambitieux. Nous nous sommes organisés partout à travers cette application «wechat», parce que beaucoup de choses nous manquent dans notre localité. Nous n’avons pas de routes. À partir de septembre, l’accès à certaines localités devient impossible. Officiellement, il n’y a aucun hôpital dans la commune de Falo et nous sommes à 110 km de Nara. Avec 10 mm de pluie, l’accès devient difficile pour les véhicules. Il n’y a pas la télévision nationale chez nous ; pas de réseau téléphonique. Cela nous emmène à nous poser la question si nous sommes des Maliens. Même l’équipe de soins qui est sur le terrain a des difficultés. Le problème d’eau potable pour les populations est une réalité permanente. Nous lançons un appel au gouvernement afin qu’il nous aide dans le combat qui est pour nous un devoir de citoyenneté.

 

Gabriel TIENOU/Stagiaire

Source: Le Reporter

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