Syrie: le régime de Damas progresse à Alep, un million d’assiégés

En Syrie, à Alep, les forces gouvernementales progressent toujours et prennent de nouvelles places dans la ville, au prix de bombardements incessants, avec toujours des pertes considérables parmi les civils. Le Conseil de sécurité de l’ONU a pointé une nouvelle fois la responsabilité de la Russie dans son soutien sans faille à Bachar el-Assad.

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Au septième jour de l’offensive de l’armée syrienne et de ses alliés, les obus, les roquettes et les missiles, tirés par des avions, s’abattent sur la ville sans interruption. Les troupes du régime syrien ont progressé rapidement dans les quartiers rebelles d’Alep, assiégés depuis quatre mois maintenant. Selon les Nations unies, c’est « près d’un million » de personnes au total et dans tout le pays qui sont ainsi assiégées dans les quartiers est d’Alep, conquis par les rebelles en 2012. Ces derniers ripostent en pilonnant la partie ouest d’Alep, mais la puissance de feu des troupes gouvernementales est de loin supérieure, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Quelque 250 000 personnes ne sont plus ravitaillées en eau, en nourriture et en médicaments. L’émissaire de l’ONU a beau proposer un cessez-le-feu ou des dispositions pour venir en aide aux populations, rien n’y fait. Au contraire, les forces de Bachar el-Assad comptent bien pousser leur avantage et conquérir la ville entière.

Massaken Hanano, un quartier symbolique de la rébellion

L’offensive de l’armée syrienne et de la brigade palestinienne al-Qods, qui combat aux côtés du régime, se concentre au nord-est d’Alep. C’est dans ce secteur que la percée la plus significative a eu lieu : les troupes du régime sont entrées pour la première fois dans le quartier de Massaken Hanano, où elles ont pris le QG des rebelles. Lundi, elles ont consolidé leurs positions, avant de poursuivre l’assaut
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Ce quartier a une valeur symbolique puisque c’était le premier dont s’étaient emparés les rebelles en 2012. L’armée syrienne a également chassé les insurgés d’une ancienne zone industrielle dans le nord-est. Ces victoires permettent de menacer d’autres quartiers tenus par les rebelles et de séparer le nord d’Alep-Est du reste « des autres secteurs assiégés ».

Au sud de la ville, c’est le Hezbollah libanais qui est à la manœuvre aux côtés de l’armée syrienne. Dans ce secteur, une forte pression est exercée sur le quartier de Cheikh Saïd, où les combats se déroulent d’immeuble à immeuble. Bousculés sur tous les fronts, les rebelles continuent cependant de résister avec acharnement. L’armée syrienne et ses alliés ont annoncé avoir acheminé d’importants renforts en hommes et en matériel, ce qui présage de l’intensification des opérations militaires dans les jours qui viennent.

Selon des experts, Damas et son allié russe veulent aller vite pour obtenir une victoire à Alep avant la prise de fonction de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier prochain.

L’armée syrienne à l’offensive sur plusieurs fronts

Scène de guerre à Idleb, en Syrie, le 20 novembre 2016.
REUTERS/Ammar Abdullah

La province d’Idleb, au nord-ouest, considérée comme la base-arrière des rebelles, est la cible quotidienne de dizaines de raids, menés par les avions russes. L’Observatoire syrien des droits de l’homme y a dénombré 800 civils tués ou blessés depuis le 20 octobre.
A Hama aussi l’armée syrienne est à l’offensive. Les pilonnages et les raids aériens contre les villages de cette province du centre sont incessants. Même scénario autour de Damas, où les troupes gouvernementales attaquent les bastions rebelles à l’est et au sud-ouest de la capitale.
C’est toute la Syrie qui est un champ de bataille.

« C’est une tactique délibérée et cruelle »

Avec notre correspondante à New York,Marie Bourreau

Tous les mois, inlassablement, Stephen O’ Brien informe le Conseil de sécurité de la situation humanitaire en Syrie. Mais les mots commencent à lui manquer : « Monsieur le président, je suis à bout en tant qu’être humain … » La situation qu’il décrit dans les quartiers rebelles d’Alep est terrifiante. « Les civils sont isolés, poursuit-il, affamés, bombardés et privés d’aide médicale et d’assistance humanitaire afin de les forcer à se soumettre ou à fuir. C’est une tactique délibérée et cruelle. »

En six mois, le nombre de personnes assiégées par les forces du régime en Syrie a doublé pour atteindre près d’un million de personnes. Le chef des opérations humanitaires pointe la responsabilité du Conseil : « Ceux qui maintiennent ces sièges savent maintenant que ce Conseil est apparemment incapable ou réticent à y mettre un terme. »

L’ambassadrice américaine Samantha Power a beau égrener théâtralement le nom de généraux coupables selon les Etats-Unis de crimes contre les civils syriens, tout le monde sait que Washington est maintenant en service minimum sur le dossier syrien en attendant la nouvelle administration.

 

Source: RFI

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