Pourquoi il est temps de taper du poing sur la table pour qu’Arabie Saoudite, Qatar et autres Etats arabes ou musulmans assument eux aussi leurs responsabilités dans la lutte contre le califat islamique

terroristes etat islamique irak eiil

Face à l’avancée de l’Etat islamique en Irak, les Etats du Golfe qui ont contribué à son émergence comprennent que leur créature peut à tout moment se retourner contre eux. A l’exception de l’Iran, aucune puissance régionale ne semble vouloir (ou pouvoir) se mettre en ordre de bataille.

Atlantico : Les Occidentaux ont, notamment depuis 13 ans, participé à bon nombre d’interventions militaires au Moyen-Orient, avec un bilan pour le moins mitigé. Quelles raisons permettent d’expliquer que les alliés locaux comme les Saoudiens ou encore les Qataris ne soient pas davantage des acteurs de premier plan ? N’ont-ils pas eux aussi une carte à jouer, et un intérêt, ne serait-ce que sécuritaire, à s’investir pour une pacification ?

Fabrice Balanche : Les pétromonarchies arabes du Golfe délèguent aux Etats-Unis et par extension à l’OTAN le soin de les protéger. En 1945, le président américain Roosevelt a passé un accord avec le roi Ibn Saoud : protection militaire contre monopole de l’exploitation pétrolière, appelé Pacte du Quincy, du nom du bateau américain qui hébergeait cette rencontre. Il a été reconduit en 2005 et même si Barak Obama est beaucoup moins interventionniste que ses prédécesseurs, il est tenu par cet accord. Les Etats-Unis ne comptent pas abandonner le Golfe persique à leurs concurrents même s’ils sont auto-suffisants sur le plan énergétique aujourd’hui.

Dans le cas présent de l’Irak, les pétromonarchies du Golfe n’ont aucun intérêt à s’investir dans une pacification puisqu’elles ont contribué à ce chaos dans le but d’affaiblir les régimes alliés de l’Iran : la Syrie et l’Irak. Certes, elles craignent un retour de flamme lorsque les mercenaires et jihadistes seront de retour, mais elles pensent pouvoir les maîtriser tout comme cela s’est produit dans les années 1990 avec le retour des anciens d’Afghanistan. La priorité est la lutte contre (…)

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.