France’Actu* : Déchéance de nationalité : Un projet de loi qui n’honore pas la France

Le vendredi dernier, les parlementaires français ont commencé le débat sur l’adoption du projet de loi sur la déchéance de nationalité. Un projet que François Hollande,  après les attentats meurtriers que la France a connus le 13 novembre 2015, s’obstine mordicus à faire voter par l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis en  Congrès.  Alors  que l’idée de déchéance de nationalité était restée longtemps le seul apanage de la Droite et de l’Extrême droite, pour des fins électoralistes.  A telle enseigne que certains ténors de son propre camp (socialiste et divers gauches) n’arrivent pas à comprendre son obstination, notamment à l’instar  de la désormais ex-ministre de la Justice.

François Hollande president francais

Christian Taubira, pour ainsi marquer « un désaccord politique majeur » avec le reste de l’exécutif, a courageusement préféré  démissionner du Gouvernement le 27 janvier. Ce qui lui a permis  de  s’abstenir  de  défendre à l’Hémicycle une idée largement contraire à ses propres convictions. La femme de conviction qu’elle est, estime qu’un pays,  sous le prétexte de terrorisme, ne doit ni  expulser, ni rendre indésirable ses nationaux de naissance. A condition d’imaginer  une « terre-déchetterie » où ils seraient regroupés. Ce qui est évidemment  utopique.

N’est-ce pas d’ailleurs la raison pour laquelle certains députés, notamment  de  Droite, estiment qu’une loi adoptée sur la déchéance de nationalité pourrait à terme provoquer l’apatridie chez certains citoyens français ?  Pour le député républicain Guillaume Larrivé, « La France ne va retirer toute nationalité à des français.  Car, les Conventions internationales l’obligeraient à leur donner des titres de Séjour ».  Ce député  va jusqu’à  conclure son argumentation en traitant le fameux projet de loi sur la déchéance de non sens.

Ainsi, même s’il est évident que les députés récalcitrants au texte de loi sont nombreux compte tenu du fait que l’idée est majoritairement épousée  par la Droite, le projet de loi sur la déchéance de nationalité a pourtant mille chances de recueillir les 3/5 des votes nécessaires du Parlement. Il est même susceptible d’être adopté  par les deux chambres réunies en Congrès. Ce faisant  la France, qui s’est toujours vantée jusque là d’être le chantre et le berceau de la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen, ne serait pas honorée et risquerait de se voir reculée idéologiquement en créant inutilement des apatrides sur son sol. Avec le risque surtout d’encourager la stigmatisation d’une partie de sa propre population, même si l’exécutif ne fait plus désormais mention, dans son  texte de projet de loi, de  binationaux.

Or, de toute façon, personne n’est dupe, car cette loi ne vise en réalité que les millions de binationaux dont la France chercherait désormais à se débarrasser. Car, la plupart de ces gens sont d’origine maghrébine et subsaharienne. Des zones dorénavant réputées comme des réservoirs d’adeptes au terrorisme que l’on qualifie à tort d’obédience « jihadiste ». Ces actes de barbarie ne sont prescrits dans aucun précepte religieux musulman. Les Sourates et Versets du Coran interdisent plutôt  explicitement à un homme de donner  la mort à son prochain.

 Gaoussou M. Traoré

 

Source : Le Challenger

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