Des activistes veulent créer une «Nouvelle Russie» en Ukraine

Des militants prorusses de la région de Donetsk appellent à un référendum sur la création de ce nouvel État le 11 mai.

 

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Les activistes prorusses ukrainiens viennent d’élargir leurs revendications territoriales. Appelant à un référendum d’autodétermination le 11 mai prochain, ils ont proclamé leur intention de recréer dans le sud-est de l’Ukraine la «Nouvelle Russie» (ou «Novorossia»). Ce terme historique désigne les territoires du nord de la mer Noire après leur conquête par la Russie tsariste au XVIIIe siècle.

Alors que la République populaire de Donetsk, proclamée par les militants armés qui occupent les mairies et commissariats de police dans une dizaine de localités de la région du Donbass, était centrée sur les régions frontalières avec la Russie, leur irrédentisme s’étend à présent à toute la rive nord de la mer Noire jusqu’à Odessa et la frontière moldave. «Notre choix sera suivi par les autres régions du Sud-Est, avec lesquelles nous pourrons nous unir dans un nouvel État fédéral, celui de Novorossia», dit le communiqué. Le texte a été publié carte à l’appui sur la page Facebook de Pavel Goubarev, chef du mouvement de Donetsk. Sa page est animée, depuis son arrestation en mars dernier, par sa femme, réfugiée à Moscou.

Accès terrestre à la Crimée

Cette référence à la Novorossia fait directement écho à la réflexion de Vladimir Poutine la semaine dernière dans son audience populaire télévisée. «Kharkov, Lougansk, Donetsk, Odessa ne faisaient pas partie de l’Ukraine à l’époque tsariste mais ont été transférées dans les années 1920, Dieu sait pourquoi», avait dit Poutine. Le président russe fait référence à un territoire aux frontières changeantes. «Le terme de Novorossia est apparu en mars 1764 pour désigner la zone frontière entre les empires russe et ottoman», dit Andreï Malguine, directeur du Musée de Tauride à Simferopol, en Crimée, et spécialiste du sujet. «La Novorossia finit par s’étendre sur toute la rive nord de la mer Noire au fur et à mesure que la Russie envahit les territoires ottomans.» «L’his­toire de la Novorossia n’a jamais trouvé sa place dans l’histoire officielle ukrainienne», dit-il. «Alors que la culture ukrainienne, traditionnellement liée à l’agriculture, est paysanne et sentimentale, celle de la Novorossia est industrielle et plus bru­tale. Ce contraste dure jusqu’à nos jours.»

Ancien élu au conseil municipal d’Odessa, Aleksandr Vassiliev a été accusé de visées séparatistes par la police ukrainienne pour avoir utilisé le terme de Novorossia dans une manifestation, le 1er mars dernier. Il s’est réfugié en Crimée, aujourd’hui sous contrôle russe. «Je suis un partisan en même temps que l’un de ses idéologues», dit-il. «Nous avons aujourd’hui une occasion historique de créer une nouvelle communauté politique liée avec la Russie. La “République de Donetsk” est une référence sociale et sovié­tique, la Novorossia est plus ancienne, mais les deux entités sont les facettes d’un même mouvement de protestation.»

Le territoire de cette Novorossia, sur la carte publiée par les militants, réglerait aussi la question de l’accès terrestre de la Russie à la Crimée, récemment annexée. Aussi farfelu que le projet puisse sembler, le précédent de la Crimée n’incite pas à le prendre à la légère. La Russie a demandé à l’Ukraine de retirer son armée des régions de l’Est. Les tensions sont encore montées d’un cran avec la menace, mercredi, du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, d’intervention militaire russe si ses ressortissants étaient menacés, «comme en Ossétie en 2008».


Un accord UE-Ukraine attendu sur le gaz

Alors que le PDG de Gazprom, Alexandre Medvedev, a jugé «intolérables», mercredi, les impayés de l’Ukraine pour le gaz russe, une réunion doit se tenir ce jeudi à Bratislava, pour finaliser un accord sur la fourniture de gaz aux Ukrainiens. Cet accord doit permettre de renverser les flux de gaz transitant par le gazoduc géré par les sociétés slovaque Eustream et ukrainienne Ukrtransgas afin d’acheminer du gaz depuis l’UE vers l’Ukraine. Selon le commissaire européen à l’Énergie, Gunther Oettinger, si l’accord est conclu, l’Union européenne sera en mesure, à la fin de l’année, d’acheminer vers l’Ukraine entre 3 et 8 milliards de mètres cubes de gaz par la Slovaquie.

Figaro

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