Crise en Syrie: Genève 2 patine

Ban Ki moon ouverture conférence paix Genève Montreux suisse

C’est l’impasse à Genève. Réunis hier lundi 27 janvier pour la troisième journée consécutive au siège de l’ONU au bord du lac Léman, les émissaires de Bachar el-Assad et de l’opposition syrienne ont buté sur les questions politiques sans avoir non plus progressé sur les questions humanitaires discutées pendant le week-end. Les délégations ont néanmoins affirmé qu’elles ne quitteraient pas la table des négociations.

Les deux parties se reprochent mutuellement d’être à l’origine du blocage. Selon l’opposition, la délégation gouvernementale a voulu dévier les discussions pour en changer les sujets et parler uniquement de ce qu’elle appelle « le terrorisme ». Pour les représentants du régime, c’est l’opposition qui a rendu les négociations impossibles en rejetant la feuille de travail présentée par Damas et en demandant qu’on parle seulement de l’organe gouvernemental de transition.

Maigres résultats

Face à l’intransigeance des délégations, le médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi, a levé la séance. Ce qui ne veut pas dire que les négociations sont terminées. Les deux parties assurent en effet qu’elles n’ont pas l’intention de quitter Genève et qu’elles veulent continuer à discuter. Cela dit, pour l’instant, les résultats sont maigres.

Le plus difficile reprend ce mardi 28 janvier. Lakhdar Brahimi a l’intention de remettre la déclaration de Genève sur la table. Adoptée en 2011, cette déclartion prévoit la constitution d’un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs ; ce qui induit le départ des affaires de Bachar el-Assad. Or, ni lui ni son régime ne l’entendent de cette oreille. Le régime, tout au plus, est d’accord pour établir un gouvernement d’union élargi mais il refuse catégoriquement le départ de Bachar el-Assad.

Quel sort pour Homs ?

Pendant le week-end, le régime a promis de laisser les femmes et les enfants assiégés à Homs quitter la ville, mais la Croix-Rouge affirme que jusqu’à présent aucune mesure concrète en ce sens n’a été prise par Damas.

Contrôlée par les rebelles mais assiégée par l’armée de Bachar el-Assad, la ville de Homs vit en effet un véritable calvaire depuis deux ans. Ses habitants souffrent de plus de la famine. Si le régime affirme laisser les femmes et les enfants s’extraire des combats, à Homs on explique être contre les demi-mesures.

« Nous avons peur pour nos femmes et nos enfants, explique Sami Ibrahim, porte-parole du Réseau syrien des droits de l’homme. Si nous les laissons sortir, nous ne savons pas ce que le régime leur fera subir. Ce que nous exigeons, c’est la levée définitive du blocus. Si la communauté internationale exerce une pression assez forte sur le régime, il est possible que les autorités acceptent de mettre fin au siège. Mais si la communauté internationale ne fait rien, nous allons continuer à survivre comme nous le faisons depuis 2011. »

La transition sur la table

« Les gens ne mangent qu’une fois par jour, poursuit Sami Ibrahim. Et pour seul repas ils n’ont le droit qu’à quelques olives ou alors des herbes bouillies. Dans la vieille ville de Homs qui est assiégée, il y a 400 familles, 2 000 personnes en tout. »

A Genève, les discussions doivent se poursuivre ce mardi, avec au coeur des discssions, la question de la transition, selon le voeu de Lakhdar Brahimi. « Nous remettrons sur la table la déclaration de Genève elle-même », a déclaré hier ce dernier.

rfi

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *