Barcelonne-du-Gers. «Si tu cries, je t’égorge»

Depuis hier, devant la cour d’assises du Gers se tient le procès d’un ressortissant portugais accusé de viol sous la menace d’une arme. La victime, une sexagénaire originaire de Paris, a raconté cette matinée ordinaire qui a basculé dans l’horreur à Barcelonne-du-Gers.

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Dimanche 24 juin 2012, à Barcelonne-du-Gers, Martine (1), originaire de Paris, se lance sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dépourvue de moyen de locomotion, elle décide de faire du stop pour rallier Lanne-Soubiran. Il est environ 8 heures lorsqu’une voiture s’arrête à sa hauteur. Au volant, Carlos Sergio Pinho Resende. Un ressortissant portugais arrivé dans le Gers en janvier 2011. La pèlerine, alors âgée de 64 ans, monte dans le véhicule. «J’ai eu, de suite, un mauvais pressentiment», souligne la victime. Au bout de quelques kilomètres, le conducteur «s’égare» une première fois.

«Je lui ai indiqué que nous n’étions pas sur la bonne route», précise Martine. La voiture reprend alors le bon chemin. Mais Carlos Sergio Pinho Resende change une nouvelle fois de direction et s’engouffre dans un chemin qui mène à un bosquet, situé sur la commune de Lelin-Lapujolle. «ça ne durera que 5 minutes», lui glisse le pilote d’une voix que la victime qualifie de «douce et froide». Martine se débat et hurle. Puis un cutter à la main – ce que conteste le présumé violeur -, Carlos Sergio Pinho Resende lui lance dans un français approximatif : «Si tu cries, je t’égorge». Martine qui «pense mourir» se laisse faire. L’homme tente de pénétrer l’anus de sa victime et introduit ensuite son sexe dans le vagin jusqu’à éjaculation. Des actes qui seront confirmés par les experts. «Je lui ai donné ma parole que je ne porterai pas plainte pour qu’il me laisse la vie sauve», relate Martine. Carlos Sergio Pinho Resende ramène la sexagénaire à l’endroit où il l’avait récupérée. Le Portugais finit même par demander pardon à sa victime avant de quitter les lieux. Mais il n’ira pas bien loin. Dès le lendemain, les gendarmes de Riscle interpellent le présumé violeur à proximité de son lieu de travail, à Barcelonne. «Je vous demande pardon du fond du cœur, lance le prévenu à sa victime à la fin de cette première journée d’audience. J’ai une mère et je ne voudrais pas qu’on lui fasse la même chose».

Encore traumatisée, Martine a un long chemin à parcourir pour oublier cette matinée des plus sordides. Pour ces faits, Carlos Sergio Pinho Resende encourt jusqu’à 20 ans de prison. Verdict ce soir.

(1) Le prénom de la victime a été modifié afin de conserver son anonymat.


Un casier judiciaire chargé au Portugal

Selon lui, Carlos Sergio Pinho Resende est «victime» d’erreurs judiciaires. S’il reconnaît les faits qui lui sont reprochés par la cour d’assises du Gers (mis à part l’utilisation du cutter), en revanche, il se déclare «innocent» concernant les condamnations qui apparaissent sur son casier judiciaire portugais. L’homme, aujourd’hui âgé de 38 ans, a écopé de 3 ans de prison avec sursis pour viol en 1988. Et quelques années plus tard, il est condamné à 6 ans de prison ferme pour abus sexuel sur enfant. Même s’il évolue dans une famille «aimante», à partir de sa majorité, sa vie est fortement marquée par l’addiction aux drogues (cannabis, cocaïne et héroïne) et à l’alcool.


le chiffre

Le chiffre : 19

mois> D’incarcération. Arrêté dès le lendemain des faits, Carlos Sergio Pinho Resende est, depuis le 25 juin 2012, placé en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Agen. Ce qui représente plus de 19 mois d’incarcération. Pour les faits qui lui sont reprochés, le prévenu risque 20 ans de prison.


la phrase

«En partant, on s’est fait un signe de la main comme de vieux copains.»

Martine laisse transparaître un sourire en décrivant cette scène étonnante.

Sébastien Barrère

LA DEPECHE

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