150 réfugiés chrétiens de Syrie accueillis en Pologne

Le HCR appelle l’UE à la solidarité, cite en modèle l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis des demandeurs d’asile

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150 réfugiés chrétiens de Syrie – parmi eux 50 familles – sont arrivés en Pologne après avoir formulé des demandes d’asile, a indiqué l’agence Reuters samedi. Les réfugiés ont quitté Beyrouth par avion avant d’atteindre la Pologne.

Varsovie a accepté jeudi d’accueillir 2.000 migrants venant de Syrie et d’Afrique du Nord d’ici 2017 dans le cadre d’un plan européen de répartition des réfugiés.

“Le vice-ministre a déclaré aujourd’hui, lors d’une rencontre informelle avec ses homologues au Luxembourg, que la Pologne était prête à accueillir 2.000 personnes d’ici 2017”, a déclaré une porte-parole.

“Notre objectif est de manifester notre solidarité aux autres Etats-membres de l’UE, une solidarité dont la Pologne a déjà bénéficié”, a-t-elle ajouté.

Varsovie n’accueille pour l’instant que des réfugiés chrétiens, une décision qui a suscité de vives critiques.

Les Vingt-Huit ont décidé fin juin d’organiser la répartition des réfugiés arrivés en Grèce et en Italie sur la base du volontariat, la Commission n’ayant pas réussi à imposer des quotas obligatoires.

Le HCR appelle l’UE à la solidarité

Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a appelé l’Union européenne à offrir “une réponse robuste”, “plus efficace”, à la crise des réfugiés syriens, citant en modèle l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis des demandeurs d’asile, jeudi à Luxembourg.

Selon M. Guterres, l’Allemagne s’est montrée en 2014 particulièrement réceptive en traitant des dizaines de milliers de demandes d’asile de Syriens. “Si tous les pays faisaient la même chose, je pense que nous ferions face au problème assez confortablement”, a-t-il déclaré.

D’après Eurostat, l’Allemagne a enregistré en 2014 quelque 200.000 demandes d’asile (+60% par rapport à 2013), dont 41.000 émanant de Syriens. A elles seules l’Allemagne et la Suède ont traité la moitié des demandes d’asile déposées dans l’UE, a précisé le HCR. Antonio Guterres s’exprimait en marge d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE consacrée à la répartition de 60.000 migrants dans l’Union pour soulager l’Italie et la Grèce. Un chiffre sur lequel les 28 Etats membres se sont mis d’accord lors du sommet du 25 juin à Bruxelles.

Jeudi matin, le HCR a annoncé le franchissement du seuil de 4 millions de réfugiés syriens ayant afflué dans les pays limitrophes (dont près de la moitié en Turquie) depuis le début du conflit en Syrie en 2011, sans compter les 270.000 Syriens ayant déposé une demande d’asile en Europe. M. Guterres est venu dire à Luxembourg que la Grèce, du fait de la guerre en Syrie, était le pays de l’UE le plus exposé à l’afflux massif de migrants, avec “78.000” arrivées sur ses côtes au total depuis le début de l’année. Cela exige de l’Europe une solidarité “bien plus forte”, selon lui. “Nous avons besoin d’une réponse européenne robuste à un problème qui (…) ne va pas diminuer dans les mois à venir, puisque clairement aucune perspective de résolution du conflit n’est en vue”, a-t-il argué.

“Cela va forcer l’UE et les Etats membres à mettre en place des mécanismes plus forts pour assumer pleinement leurs responsabilités”, a poursuivi le haut commissaire, appelant notamment à des procédures de délivrance de visas “plus flexibles”. Il a dit “regretter” le choix du sommet du 25 juin en faveur d’une répartition des demandeurs d’asile sur une base volontaire — les Etats membres proposant leur contribution –, plutôt que contrainte comme initialement souhaité par la Commission européenne.

Les ministres de l’Intérieur réunis à Luxembourg devaient discuter jeudi après-midi de ces contributions.”J’attends certains progrès aujourd’hui. L’Allemagne est prête à accueillir une grande partie (des réfugiés), mais à condition que d’autres Etats le fassent aussi”, a expliqué le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière à son arrivée. “Aucun pays ne peut résoudre le problème tout seul. Là, on a besoin de plus de l’Europe et pas de moins”, a plaidé le M. de Maizière, parlant d'”un challenge historique”.

(Avec Reuters)

 

Source: i24news.tv

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