Elle empoisonne cinq fois sa belle-mère pour de l’argent

L’histoire aurait pu naître dans l’imagination d’un auteur de polars. Mais elle n’est que le sordide reflet de la réalité : une femme d’une cinquantaine d’années a tenté, à cinq reprises, d’empoisonner sa belle-mère à Cachan (Val-de-Marne) avec des médicaments qu’elle se procurait en falsifiant des ordonnances.

Mylène* est une « retraitée alerte ». Malgré ses 83 printemps, elle est plutôt vive et coule des jours paisibles avec son fils et sa belle-fille dans son beau pavillon de Cachan. Jusqu’à ce que Mylène enchaîne des malaises qui la conduisent cinq fois à l’hôpital. Mercredi, un interne de l’hôpital Charles-Foix d’Ivry s’étonne de ces hospitalisations à répétition. D’autant que la dame lui semble plutôt en bonne santé, mis à part ces mystérieux malaises. Il mène quelques investigations et se rend compte que la retraitée présente un empoisonnement médicamenteux. Il contacte son médecin traitant, à son tour étonné. Il n’a jamais prescrit d’antidépresseurs à cette patiente et surtout pas ce dosage. Toutefois, il a comme un doute car il suit également la belle-fille de Mylène, notamment pour une forte dépression. Suspectant un problème avec ses ordonnances, le praticien porte plainte au commissariat du Kremlin-Bicêtre. Les ordonnances vont révéler la vérité aux policiers. Car nombre de pharmacies de la commune ont reçu la visite de la belle-fille qui se faisait délivrer des antidépresseurs en quantité grâce à des ordonnances falsifiées au nom de son généraliste.

Son pavillon vaut 1 M€

Les enquêteurs perquisitionnent le domicile familial. Dans un placard, ils débusquent des traces de poudre blanche. Vérifications faites, il s’agit de cachets d’antidépresseurs broyés, sans doute pour être cachés dans la nourriture de Mylène. Interrogée, la belle-fille s’effondre rapidement : elle a bien cherché à empoisonner sa belle-mère. Engluée dans des soucis d’argent depuis des années, dépressive depuis au moins autant de temps, son mariage récent avec le fils de Mylène n’a pas effacé ses problèmes. Son mari a cherché à l’aider mais sans y parvenir efficacement. Et c’est quand elle a appris que le pavillon de Cachan valait environ 1 M€ que le funeste projet est né dans son esprit. Cette tentative d’homicide l’a conduite, hier, à être déférée devant le parquet du tribunal de Créteil.

* Le prénom a été changé. 

Le Parisien

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