Poisson ou poison d’avril

 

adam thiam journaliste editorialiste journal republicainLe président du parlement l’annonce : durant ce mois, les députés examineront la plainte gouvernementale contre Att et le rapport sur les événements de Kidal. Deux dossiers d’une inégale complexité mais tous très attendus par la nation. Plus facile : le rapport de Kidal. Une Commission d’enquête parlementaire avait été désignée pour investiguer sur les circonstances du carnage subi par l’armée nationale le 21 mai 2014 suite à la visite controversée dans la capitale de l’ Adrar de Moussa Mara, alors Premier ministre. Deux longues années se sont écoulées depuis. Le pays paie encore les conséquences de la visite. Mais les enjeux personnels  ne sont plus les mêmes. Soumeylou Boubeye Maiga, l’ancien ministre de la Défense démissionné de l’époque avait insisté sur une enquête indépendante sur les événements de Kidal. Il est passé sans doute à autre chose aujourd’hui, lui qui aime se “projeter dans l’avenir”.  Seul ou avec la majorité présidentielle comme en ce moment de grâce pour lui. Quant à Moussa Mara, il n’a pas perdu une minute depuis son départ de la primature en janvier 2015, sillonnant le pays et le monde avec une détermination qui en dit long sur ses ambitions. Le martyre alors s’il est chargé? Voire. S’agissant d’ Att auquel le gouvernement  reproche d’avoir livré le pays aux forces étrangères en 2012 ainsi que la destruction de l’outil de défense nationale, entre autres péchés pendables, les députés auront à  le mettre formellement en accusation ou renoncer à le poursuivre. Là aussi le temps à fait son œuvre, permettant de relativiser les griefs. Tragique ironie du reste: le Biprem qui, le 20 mai 2013 annonçait au cours d’une conférence de presse  avoir déposé une plainte contre Att devant le Procureur général pour haute trahison, n’a pas attendu longtemps pour refaire le coup à Ibk, le président en fonction.  À cela s’ajoutent la gestion du Nord  et toutes les couleuvres qu’elle a fait avaler à la nation ces derniers mois. L’épée de Damocles sur la tête de l’ancien président pourrait devenir un épouvantail inopérant à force d’ajournements. Tel est le contexte. Les députés le savent. Ils renvoient les dossiers  conformément à leur tradition. Ou ils les ouvrent. Et l’on verra ce que Pandore nous réserve.

Adam Thiam

Source : Le Républicain

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