Edito :Que de mensonges !

Si le mensonge est l’action d’altérer la vérité, alors le gouvernement Mara s’est spécialisé dans cet art, à tel point qu’il l’a institué comme mode et modèle de gouvernance. Telle une épidémie, le virus s’est propagée comme une traînée de poudre au sein de l’équipe gouvernementale à Bamako, au bord du fleuve Djoliba, jusqu’à Washington, sur les bords du Potomac.

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Le chef de file de ces mensonges d’Etat n’est autre que le Premier ministre, chef du gouvernement, Moussa Mara. Comme le dit un adage de chez nous : « la pintade suit toujours la nuque de celle qui est devant ».

Alors, si Mme Togola Jacqueline Nana, ministre de l’éducation nationale et Mme Bouaré Fily Sissoko, ministre de l’économie et des finances, lui emboîtent le pas, si elles ne le rivalisent, nul ne doit leur en tenir rigueur. Sauf que ces contrevérités distillées publiquement et dans des cadres solennels, s’érigent de plus en plus en une véritable duperie. Danger en vue.

A tout seigneur, tout honneur ! Le Premier ministre a affirmé le contraire de la vérité sur plusieurs dossiers et faits qui ont émaillé (éclaboussé ?) la République. Pêle-mêle, on notera d’abord les mensonges qui ont eu plus de conséquences néfastes pour le pays. Devant les députés lors des débats sur la motion de censure, Mara déclare que personne (sous-entendu ni la Minusma, ni Serval) ne lui a jamais dit qu’il y avait risque d’affrontement ou de menace armée à Kidal, oubliant tout ce qu’il avait dit à Gao, puis à Bamako à son retour de Kidal.

Ensuite, quand Mara affirme que par rapport à l’affrontement du 21 mai, l’ordre n’a pas été donné par l’autorité politique, il fait fi de « sa propre » déclaration de guerre tacite au lendemain de l’assassinat des six sous préfets et ce communiqué du gouvernement qui parle d’ « opérations pour sécuriser les populations et leurs biens » à Kidal.

Enfin, Mara aura tout dit (sauf la vérité) sur l’avion présidentiel d’ATT : sans papier et non immatriculé. Le député élu à Diré, Alkaïdi Mamoudou Touré, a exhibé publiquement les documents de l’appareil mercredi dernier. Aussi, pour le prix de l’avion d’IBK, celui-ci parle de 17 milliards de FCFA alors que Mara avance le chiffre de 20 milliards.

Après son Premier ministre, la ministre de l’éducation nationale prend le relai. Togola Jacqueline Nana persiste et signe qu’il n’y a pas eu de fuite au Bac 2014. Or, il a été formellement prouvé que des candidats avaient, avant les épreuves, le sujet de l’après-midi du premier jour.

Enfin, le mensonge d’Etat s’est invité jusqu’à Washington dans la valise de la ministre de l’économie et des finances. Fily Bouaré devait défendre le gouvernement, sommé par le FMI de s’expliquer par rapport à l’acquisition d’un aéronef (avion présidentiel d’IBK) à 20 milliards de FCFA ( ?) et au marché d’armement passé avec Kagnassy pour près de 70 milliards de FCFA.

Au terme de son séjour américain, Fily peint sa mission tout en rose pour tromper le peuple malien, alors qu’elle est revenue de Washington avec deux mauvaises nouvelles. Primo, le FMI ordonne la vérification des opérations mentionnées ci-dessus par le Bureau du vérificateur général. Secundo, l’institution a reporté le décaissement de fonds pour le Mali de juin à septembre 2014. Lourde punition. A qui le tour du mensonge ? Sur quel dossier ? Le temps nous le dira.

Sékou Tamboura

SOURCE: L’Aube

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