Edito : IBK appelle enfin le chat par son nom

Après plus de quinze mois de pouvoir, le président IBK a rarement livré le message qui sied, au moment opportun et à l’interlocuteur indiqué.

Comment peut-on régler le problème si l’on ne commence pas à appeler un chat un chat?

Mercredi, le chef d’Etat malien a marqué ce coup.

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Face à un  parterre de diplomates membres du Comité politique de l’Union européenne et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, l’homme fort du Mali a dit tout haut ce qui a été toujours murmuré tout bas. Le danger que représente la personne de Iyad Ag Aghali dans le succès du processus de paix au nord du Mali.

A cette occasion, ‘’Mandé Masa’’ n’avait pas de chat dans la gorge. Sans coup férir et sans langue de bois,  il a indiqué que ce chef djihadiste constitue une véritable menace pour les pourparlers d’Alger. Lequel se balade dans les parages de Kidal sans peur, ni vergogne. De là bas, il serait en train de tirer les ficelles depuis Alger, pour retarder l’échéance d’une probable signature d’accord.

Comme cela est connu de tous, le retour de la paix, n’est aucunement le souhait de ce chef rebelle-jihado-islamiste, ancien de la légion verte de l’ex guide de la révolution libyenne, Mouhamar Kadhafi, tête de proue de tous les mouvements rebelles développés dans le nord du Mali de 1990 à nos jours, leader du groupe terroriste Ançar Dine,  Iyad Ag Aghali est celui qui en 2011 a fait appel aux groupes terroristes, dont Aqmi pour apporter du soutien au MNLA dans ses velléités indépendantistes.

Malgré ce passé sulfureux, le président malien est revenu sur certaines concessions (jamais dévoilées) faites par les autorités du Mali pour permettre aux différentes parties à trouver un terrain d’attente. Il s’agit de l’habillement d’Ançar-Dine par les tenues du HCUA…

Dans un ton emprunt de fermeté, le président IBK a signifié aux diplomates européens les handicaps que le laisser-aller accordé à cet chef jihadiste pourront causer au retour de la paix au nord du Mali.

En clair,  le président de la République malienne dans sa dialectique propre à lui seul, a mené les partenaires européens à saisir la vraie cause du blocage.

Un courage politique qui n’a pas de précédent dans la gestion de la crise au nord. Car, comme si l’on exprimait une peur bleu pour Iyad Ag Aghali, les différents dirigeants du Mali ont toujours porté de l’indexe sur lui, sans oser le citer nommément. Il faut saluer la nouvelle dynamique de nos autorités pour le retour de la paix, par une voie claire, non parchemin d’écailles. Comme disait le Premier Ministre Modibo Kéita aux protagonistes de la paix  à Alger : « N’empruntez pas les escaliers dérobés. La sincérité, la vérité de votre comportement vous aidera à refuser de porter le deuil de l’avenir ».

Moustapha Diawara

source : Tikan
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