Édito : Et Barkhane dans tout ça ?

 

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Un de mes petits cousins Dogon m’a demandé (je suis bozo, donc son maître) : «Patron, chaque fois ce sont les hommes des forces armées Maliennes ou ceux de la MINUSMA qui sont ciblés dans les attaques terroristes ou autres hommes armés au Nord ou au centre du pays, mais qu’en est-il de la force Berkhane, et pourquoi jamais Barkhane ?».

En bon maître de mon petit Dogon, un Guindo de surcroît, je lui ai dit que la force Barkhane chasse les terroristes ailleurs dans le Sahel et dans le Sahara et non au Mali. Mais, c’est seulement après que je me suis rendu compte que le Mali fait belle et bien partie du terrain de chasse de Barkhane, mais que cette force a une autre force ou magie noire comme disent nos frères «Camer» que les forces Maliennes et Onusiennes ne possèdent pas.

 

Au fait, c’est quoi Barkhane avant d’aller loin ?

L’opération Barkhane est une opération menée au Sahel par l’armée Française qui vise à lutter contre les groupes armés djihadistes et salafistes dans toute la région du Sahel. Lancée le 1er août 2014, cette opération s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de forces pré-positionnées dans la région, en partenariat avec les États de la zone. Elle mobilise des milliers de soldats contre seulement plusieurs centaines de djihadistes dont le chef connu et reconnu par tous n’est autre qu’un (ex) ami de la France, Iyad Ag Ghaly, grand chef du groupe terroriste Ançardine auquel groupe Amadou Kouffa du FLM a prêté allégeance. Il est important de savoir qu’au commencement de l’opération Barkhane, les effectifs engagés étaient de 3.000 militaires, 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 4 drones, 6 avions de combat, une dizaine d’avions de transport et une vingtaine d’hélicoptères. Avec ces moyens, nous comprenons pourquoi les Djihadistes n’attaquent jamais les convois, ne posent jamais de bombes ou du moins rarement. Est ce seulement pour cela ?

Après la signature de l’accord de défense qui existe entre les deux pays et la ratification de cet accord de défense par le Sénat Français lors de sa sessions ordinaire du 11 février  dernier et dont l’article unique stipule ceci : «Est autorisée la ratification du traité de coopération en matière de défense entre la République française et la République du Mali, signé à Bamako le 16 juillet 2014» sous le N°87, les forces de l’opération Barkhane ne devraient-elles pas partager leurs secrets avec nous ?. Et l’autre question de mon petit cousin Dogon était de savoir comment les terroristes obtiennent les informations précises sur les trajets des FAMA (effectif des hommes de la mission, types d’armes dans les véhicules) lors des déplacements pour préparer et exécuter leurs embuscades avec perfection? Malheureusement, le maître Bozo n’avait aucune réponse à cela.

Mais une chose est sûre et certaine, les FAMA partagent leurs informations avec les autres sur le terrain (suivez mon regard)… Peut être que le général Mahamat Saleh ANNADIF, le nouveau RSSG et Chef de la MINUSMA pourra nous dire davantage, lui qui avait précisé à son arrivée que rien ne sera plus comme avant…

En attendant, les Maliens, les Guinéens comptent et pleurent leurs morts dans une guerre sans tête ni queue.

Moussa KONDO,

[email protected]

 

 

LA REACTION D’UN INTERNAUTE

Monsieur Kondo,

J’ai lu avec un réel intérêt votre article cité en objet, tiré de L’Express de Bamako du 10 Février 2016

Sans commenter tout l’article, je réagis ci-dessous ce qui semble être une conclusion.

‘Par ailleurs, les salaires de ces hauts cadres et autres fonctionnaires mis à la retraite forcée coûtent des centaines de millions de nos francs chaque mois au budget national alors qu’ils ne font rien du 1er au 31”. Moussa KONDO,[email protected]

Je voudrais vous signaler que cette conclusion est d’une gravité extrême, notamment en ce”qu’ils ne font rien du 1er au 31”. Cela est très grave, quand vous déclarez qu’ils sont de”hauts cadres et autres fonctionnaires mis à la retraite forcée”.

Dans un pays comme le nôtre, être un haut cadre entraîne certaines exigences.  C’est de servir son pays de toutes les manières, à un poste gouvernemental ou pas, militant d’un parti politique ou pas. C’est un devoir moral, d’autant qu’ils ”coûtent des centaines de millions de nos francs chaque mois au budget national”, selon vous-même.

Un cadre, surtout un haut cadre, n’est pas n’importe qui. C’est un concepteur avant tout, quelqu’un qui a pour mission essentielle de réfléchir, d’analyser, d’imaginer, de proposer des solutions pour le progrès de tous, dans un bureau, dans sa maison, sur un chantier, dans un champ,…etc. partout où il se trouve. Il a été formaté pour ça.

Un cadre ne peut jamais rester à ne RIEN FAIRE, ce n’est pas acceptable, surtout dans un pays comme le nôtre, où tout est à faire ou à refaire.

La plus petite chose à laquelle il peut contribuer, c’est de publier ou diffuser sa pensée à travers des articles, des conférences dans nos établissements de formation, pour participer à la préparation de la relève. Dieu Sait qu’on en a besoin. Que l’on partage son opinion ou pas. C’est son plus petit devoir de reconnaissance envers son pays, et son devoir de génération. Les cadres disposent de tous les moyens pour faire valoir leurs compétences, et continuer ainsi à MÉRITER LEURS SALAIRES, la conscience tranquille. Ces salaires sont tirés de la sueur et des larmes des citoyens.

Voyez tous ces hauts cadres retraités normaux qui sont aujourd’hui hyperactifs à travers le pays, qui animent des foras, des conférences, des séminaires, qui ont des bureaux de consultants ou des cabinets. Que ne font-ils pas pour servir encore ce pays?

Quand vous écrivez ”qu’ils ne font rien du 1er au 31′‘, c’est très grave et c’est tragique. Sont-ils de hauts cadres ou seulement de hauts salariés?

Encore merci pour votre article qui a le mérite aussi d’interpeller les consciences des hauts cadres et fonctionnaires, et susciter la réflexion que je viens de vous livrer.

Gaoussou TRAORÉ

Président Fédération Leo Lagrange Mali

 

NOTRE REACTION :

Nous sommes très heureux de la réaction du président de la Fédération Léo Lagrange Mali, M. Gaoussou Traoré pour la pertinence et la justesse de son analyse. Comme il l’a reconnu lui-même, notre objectif n’est pas de plaire ou de déplaire à quelqu’un ou un système, mais de faire ressortir ce que nous constatons dans le quotidien des Maliens et de l’expliquer dans le plus grande respect et la plus grande considération possible. Bonne lecture !

La rédaction

Source : L’Express de Bamako

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