Édito : Allah ka tignè dèmè

Allah ka tignè dèmè (que Dieu fasse triompher la vérité). C’est un vœu cher à tous ceux qui croient en l’omnipotence et en l’omniscience du Tout puissant. Et Dieu n’attend guère l’au-delà pour trancher certaines situations. « Allah ka tignè dèmè », aimait à dire Ibrahim Boubacar Keïta. Ce refrain, il l’a entonné depuis sa défaite à la présidentielle de 2002 et pendant plus de dix ans. Son seul objectif était d’occuper le fauteuil présidentiel…

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 Beaucoup de mensonges ont été dits. Des contre-vérités ont été distillées çà et là. Des rumeurs ont été entretenues. Tout cela dans un seul et unique objectif : l’accession d’IBK à la magistrature suprême.

En 2013, cet objectif a été atteint. IBK accède à Koulouba. Et depuis, les Maliens découvrent jour après jour la vérité. Les mensonges grotesques s’écroulent comme des châteaux de cartes les uns après les autres. Aujourd’hui, le fameux refrain d’IBK « Allah ka tignè dèmè », est plus que jamais d’actualité.

En 2002, Ibrahim Boubacar Keïta a refusé d’admettre sa défaite à l’élection présidentielle. Il a fait croire à bon nombre de Maliens que « sa victoire » lui a été volée, alors qu’il avait occupé la troisième place derrière ATT et Soumaïla Cissé… Plus de dix ans durant, il n’a cessé de crier au complot. C’est à partir de là qu’il noua des relations (alliances ?) avec certains milieux religieux du pays. Ces gens qui ont fait croire à leurs coreligionnaires qu’IBK est l’homme providentiel qui peut sortir le Mali de l’ornière. Qu’il fera du Mali « un pays musulman ». C’est dans ce milieu qu’on retrouve aujourd’hui les plus déçus. Il n’y a pas longtemps, un de leur leader critiquait le régime sur les ondes d’une radio de la place. Selon lui, l’islam est plus bafoué maintenant que sous les régimes précédents. Que le changement promis n’était que du vent.

S’agissant de la lutte contre la corruption, le candidat IBK se glorifiait sur les tribunes et dans les assemblées. «Je suis le plus propre. Je ne traîne pas de casseroles. Je n’ai pas bouffé un centime de l’Etat. Je ne me reproche rien. Ma famille est au-dessus de tout soupçon… », répétait en boucle Ibrahim Boubacar Keïta dans sa quête du pouvoir. Pendant ce temps, d’autres compatriotes sont traités de tous les maux d’Israël : voleur, escroc, apatride.

Aujourd’hui, « Allah yé tignè dèmè » (Dieu a fait triompher la vérité). Il a fallu moins d’une année pour que les Maliens découvrent le vrai visage d’IBK et de son régime. D’une part, de gros marchés sont attribués à des amis et affidés, et d’autre part la famille du président s’accapare de tous les leviers du pouvoir. Jamais, l’Etat n’a été aussi infiltré par les membres d’une même famille et d’un clan.

La corruption a pris des proportions jamais inégalées. Tenez-vous bien. L’achat du Boeing d’IBK a occasionné des frais d’intermédiation de 3 milliards de FCFA, selon le Premier ministre Moussa Mara, devant les élus de la nation. Pis, des experts ont conclu que cet avion ne peut coûter dans les conditions normales, plus de 8 milliards de FCFA. Les mensonges qui ont entouré cet achat sont en train d’être découverts un à un. Allah Ka tignè dèmè !

Dans l’imaginaire populaire, IBK est un homme intègre, pieux et qui n’a qu’une seule parole (conséquence du travail de sape de ses affidés). Mais, l’association de son nom à Tomi Michel, un parrain de la mafia (aujourd’hui mis en examen en France), est une humiliation pour le Mali. De l’indépendance à nos jours, jamais, le nom d’un dirigeant malien n’avait été associé à un homme de la trempe de Michel Tomi ou à un scandale de ce genre.

Enfin, la crise du nord. Beaucoup de Maliens ont estimé que seul IBK était capable de la résoudre et de tenir tête aux rebelles. Non seulement, il n’a pas tenu parole sur ce sujet et la situation est devenue pire que sous le régime précédent. On a perdu Kidal, à cause d’un Premier ministre controversé. L’armée malienne a été humiliée et défaite par les groupes armés qui règnent en maître absolu dans les régions du nord. Ceux qui disaient la vérité à propos du nord ont été qualifiés d’apatrides. Qu’en est-il aujourd’hui de ceux qui masquent la réalité ? Allah ka tignè dèmè.

Idrissa Maïga

 

SOURCE: L’Aube
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