Bourbier foncier: l’État à la croisée des chemins

Après des passes d’armes entre paysans et hommes d’affaires pour le contrôle d’importantes réserves foncières, c’est désormais un État, gangrené par une crise politico-sécuritaire et affaiblit par des divergences entre hommes politiques à la recherche de nouvelle virginité, qui doit faire face à l’incurie, la malhonnêteté, je dirais la déloyauté de certains de ses agents qui ont profité de leur statut et de leur influence pour abuser de la naïveté d’honnêtes citoyens.

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Depuis les premières heures du multipartisme démocratique dans notre pays, la terre, (le foncier) ne cesse de s’imposer comme un moyen sûr sur lequel, il faut compter pour sécuriser ses investissements, mais également de se faire rapidement fortune. Cette vision erronée du foncier s’est matérialisée par une ruée vers la terre, d’hommes d’affaires et de politiciens en manque d’inspiration.
Les paysans dans les rayons de la capitale, lassés par l’improductivité des terres de culture qui demandaient plus d’entretiens de leur part, et attirés par le luxe capté dans les agglomérations, ont commencé à brader ces biens hérités de leurs ascendants.
L’État, qui revendique la propriété de toutes les terres, n’a pris aucune disposition pour contrôler et même règlementer ce bradage.
Certes, la terre appartient à l’État, mais le Code domanial et foncier de notre pays prévoit des droits coutumiers pour les exploitants d’une parcelle donnée. Cette disposition qui apparait comme une mesure de justice sociale de la part de l’État a donné lieu à des interprétations diverses, source de confusion.
La spéculation s’est vite installée alors que la terre ne cessait de prendre de la valeur, sur le plan financier. Entre temps, aucune disposition n’a été prise par l’État pour préserver son intérêt sur un bien devenu source d’enrichissement pour une minorité au détriment de la majorité des Maliens.
L’État ne dispose aucun moyen de contrôle ni de prélèvement de droits sur ces biens qui échoient aux mains de quelques individus. Le cadastre annoncé comme solution palliative peine à voir le jour faute de financement adéquat.
Le désordre installé dans ce secteur constitue, non seulement une source d’insécurité, mais un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de FCFA pour le trésor public, selon des rapports d’experts.
Pire, l’État est obligé de puiser dans l’argent du contribuable malien, pour rapiécer la déloyauté ou/et la malhonnêteté de certains de ses propres agents. Comme c’est le cas de l’affaire dite de Souleymanebougou où il a été condamné par la justice à payer 8 milliards de francs CFA à des victimes de l’opération de déguerpissement, installées irrégulièrement sur un titre foncier de l’ACI.
À Sénou, le même scénario est en voie de se dessiner avec des individus qui sont en train d’occuper impunément la zone aéroportuaire, un titre foncier de l’État, bien connu et bien délimité.
Ailleurs, ce sont des titres d’une société immobilière qui font l’objet de morcellement et d’attribution à des particuliers par des mêmes agents véreux. Autrement, l’État est à la croisée des chemins : s’assumer ou périr !

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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