SOUPÇONS DE « FAVORITISME ET DE MAGOUILLE » DANS L’ATTRIBUTION DE PERMIS de recherches à « LITTLE BIG MINING » SUR LE SITE DE MENANKOTO : Démission du directeur pays de B2Gold

C’est un rebondissement dans ce dossier d’attribution de permis d’exploration à la société « Little Big Mining » au détriment de B2Gold et son partenaire S2IEM sur le site de la mine de Ménankoto. Comme nous l’avions annoncé dans notre dernière parution du 7 mai 2021, il y a beaucoup de non-dits dans ce dossier à scandale. Déjà, des têtes commencent à tomber. Le directeur pays de la société canadienne, B2Gold, Mohamed Diarra, a démissionné. Depuis le lundi 17 mai, il n’est plus le directeur. Et le ministre Lamine Seydou Traoré est aussi menacé. Il risque de perdre son poste à cause de ce scandale. S’agissant de Mamadou Yara, Pdg de Yara Oil et l’un des actionnaires de la société « Little Big Mining », il se trouve aujourd’hui dans le collimateur des multinationales du secteur minier car menacé par de grandes sociétés minières de rompre leur contrat de fourniture en carburants.  

Notre article intitulé : « Attribution de permis de recherches à la Société Little Big Mining à Ménankoto au détriment de B2Gold : Soupçons de « favoritisme et de magouille. Un gros scandale sur la table des autorités de la Transition », paru dans notre édition N°264 du vendredi 7 mai 2021, a suscité beaucoup de bruit à tel point que certaines personnes ont tenté de bloquer la publication du journal. Et elles étaient obligées de faire le tour des kiosques, tôt le matin, pour arracher tous les journaux, oubliant que ce que nous mettons sur le marché ne représente que 10% de notre production. Dieu merci, votre journal préféré compte aujourd’hui de nombreux abonnés partout au Mali et dans différents services très importants.

En tout cas, ce fut la meilleure vente depuis la création du journal. Aucun invendu. Ce qui prouve que la publication de ce scandale dérange !  Déjà, des têtes commencent à tomber. Le directeur général de la société B2Gold, Mohamed Diarra, vient d’en faire les frais. Il a finalement démissionné. En d’autres termes, Mohamed Diarra n’est plus le directeur pays de B2Gold, poste qu’il occupait depuis bientôt 5 ans. Du coup, ce jeune cadre qui a travaillé au ministère des Mines sous Boubou Cissé, avant d’être directeur de B2gold, perd tous les avantages et privilèges.  Aujourd’hui, le désormais ex-directeur pays de B2Gold s’en prend à lui-même.

Selon nos informations, le limogeage de Mohamed Diarra s’explique par son rapprochement aux actionnaires de la Société « Little Big Mining », bénéficiaire du permis de recherches de Ménankoto au détriment de B2Gold et son partenaire malien S2IEM. Il s’agit bien de Mamadou Yara, très connu dans les milieux des hydrocarbures puisqu’il est le Président directeur général de Yara Oil et fils de l’opérateur économique Djonkè Yaranangoré et de Yaya Yattassaye, Administrateur de société et très connu dans le milieu des BTP, à travers sa société Toka Aluminium.

Et apparemment, presque tout le monde est au courant des relations entre le désormais ex-directeur de B2Gold et ses jeunes opérateurs économiques.

Depuis la parution de notre article, les responsables de B2Gold n’arrivent pas à comprendre jusqu’à présent comment la société a pu perdre ce permis, après tant d’investissements de plusieurs milliards de nos francs et surtout que la Société dispose de plusieurs permis au Mali. Et comment la société « Little Big Mining » a-t-elle été informée que le permis de Ménankoto est tombé dans le domaine public, alors qu’elle a été créée récemment.

Le hic est que le document avec lequel la société « Little Bin Mining » a postulé pour avoir le permis de recherches de Ménankoto était identique à celui de S2IEM, le partenaire de B2Gold, il y a quelques années. « J’étais même étonné de voir que c’est le même document que B2Gold et son partenaire S2IEM ont produit pour avoir le permis. On dirait du copier-coller », nous a confié l’un des responsables du département des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Avant de préciser : « Cela prouve tout simplement qu’il y a une complicité au sein de B2Gold, qui a dû filer l’information à la société Little Big Mining ». 

Un nouveau patron sera bientôt nommé pour gérer les affaires.

En tout cas, le départ de Mohamed Diarra prouve à suffisance la transparence et la bonne gouvernance que le Canada a toujours incarnées.

Une autre tête risque de tomber. Il s’agit de celle de Lamine Seydou Traoré, qui a géré ce dossier qui se trouve actuellement à la Cour suprême. La chance de ce jeune ministre d’être reconduit dans le prochain gouvernement de Moctar Ouane est minime, d’après nos informations, à cause de la gestion de cette affaire de permis de recherches.

Sauf miracle, il ne figura pas dans le nouveau gouvernement. A défaut, il risque de changer de département ou s’occuper uniquement de l’Energie et de l’Eau.

La reconduction de Lamine Seydou Traoré serait un scandale que beaucoup de partenaires ne vont pas accepter dans la mesure où il a déjà montré ses limites. Le président de la Transition, Bah N’Daw et le Premier ministre, Moctar Ouane, sont donc avertis.

La troisième tête qui va tomber, ce sera sûrement celle de Mamadou Yara, l’un des actionnaires de la société « Little Big Mining » et Président directeur général de Yara Oil, une structure spécialisée dans la fourniture des carburants. Ce jeune opérateur économique risque d’être le grand perdant dans cette affaire de permis de recherches de Ménankoto. Son nom est également cité d’être dans un autre dossier de permis à Bakolodi, alors qu’une grande société minière disposait de ce permis.

Aujourd’hui, le Pdg de Yara Oil est dans le collimateur de plusieurs sociétés du secteur minier. A cause de ces dossiers, il risque de perdre tous ces marchés de fourniture de carburant que lui ont attribués certaines multinationales. On sait qu’il est l’un des gros fournisseurs de carburant de certaines mines au Mali. Grâce à l’appui du régime défunt d’Ibrahim Boubacar Kéïta, il a bénéficié de beaucoup de marchés qui ont suscité beaucoup de polémiques en son temps.

Face à cette situation, le secteur minier menace le Pdg de Yara Oil de mettre fin à ses contrats de fourniture de carburant. Attendons de voir ce qui l’en sera.

En tout cas, selon nos informations, la Société « Little Big Mining » a bel et bien reçu le permis de recherches à Menankoto. « Nous, nous n’avons rien à voir avec B2Gold et son partenaire S2IEM. Nous avons seulement demandé un permis d’exploitation et il nous a été attribué, tout en respectant les procédures. Puisque le permis en question était tombé dans le domaine public où tout Malien peut le récupérer. C’est pour vous dire que le permis n’a pas été retiré, il est tout simplement tombé dans le domaine public. C’est pour vous dire que nous avons reçu notre permis dans la légalité et dans les règles de l’art. Nous sommes dans un pays de droit », précise l’un des actionnaires de la Société « Little Big Mining ».

Il est nécessaire de préciser que le permis de Ménankoto n’a jamais fait l’objet d’un accord entre Barrick Gold Corporation et la société B2Gold. Le projet de développement, précise notre source, est un partenariat entre B2Gold à travers Ménakoto-sarl, une filiale de la société canadienne, et une entité malienne à savoir S2IEM, qui est d’ailleurs titulaire initial du permis de Ménankoto.

C’est en 2016, précise notre source, que la société S2IEM a transféré le permis à Ménankoto-sarl. Et dans le code minier de 2012, Ménankoto avait droit donc à une prolongation d’un an de son permis. Chose que le département des Mines a catégoriquement refusé au motif que le code minier de 2019 s’appliquait au permis de Ménankoto.

« B2Gold n’était pas d’accord avec cette lecture, mais sans préjudice de ses droits en vertu de sa convention d’établissement et du code minier de 2012, s’est conformée de bonne foi aux instructions du département, qui a lui donné les assurances que si Ménankoto-sarl demandait un nouveau permis, sa demande serait rapidement accordée.

Nous avons été le premier demandeur à soumettre une demande le 4 février 2021 pour un nouveau permis d’exploration en vertu du code minier de 2019 couvrant la zone du permis de Ménankoto », précise une source proche du dossier.

La même source d’ajouter : « En vertu du Code minier de 2019, Ménankoto-sarl, étant le premier demandeur du nouveau permis, avait droit au nouveau permis d’exploration conformément au principe du premier venu, premier servi, du Code minier de 2019. Le ministère des Mines a toutefois rejeté la demande de nouveau permis de la Société, informant Ménankoto-sarl, le 3 mars 2021 que la demande d’un tiers était en cours d’évaluation en ce qui concerne le gisement de Ménankoto.

Du coup, Ménankoto Sarl était dans l’obligation de notifier au gouvernement qu’elle contestait la délivrance d’un permis couvrant la zone de Ménankoto à un tiers le 15 mars 2021, comme l’exige la Convention d’établissement entre Ménankoto-sarl et l’Etat malien, y compris son intention d’exercer tous les droits légaux disponibles pour corriger la délivrance incorrecte d’un permis couvrant la zone du permis de Ménankoto à un tiers ».

Pour être remis dans ses droits, Ménankoto-sarl a finalement assigné l’Etat malien devant la justice plus précisément à la Cour suprême. Et la première procédure en référé, qui était une étape procédurale intérimaire demandant une mesure d’urgence pour la suspension de toute action relative au permis jusqu’à ce que la Cour ait entendu les arguments de fond dans la procédure principale et pris une décision finale.

Malheureusement, comme il fallait s’y attendre, cette demande n’a pas été autorisée par la Cour suprême.

La deuxième procédure, selon nos informations, est la procédure principale au fond. Une occasion pour la Cour suprême d’entendre les arguments de Ménankoto-sarl concernant la raison pour laquelle elle a droit à un nouveau permis couvrant la zone de Ménankoto et toute délivrance à un tiers n’est pas conforme aux lois applicables. Cette procédure se tiendra dès lors que la Cour l’aura mise à son ordre du jour.Et le recours à un arbitrage international à Paris est également envisagé par la Société canadienne B2Gold.

Pour la petite histoire, pour développer le site de la mine de Ménankoto, B2Gold a déboursé 27 millions de dollars. La société a foré plus de 250 000 mètres dans plus de 5 000 trous de forage et a découvert une ressource initiale d’environ 770 000 onces d’or sur la zone.

Et un budget de 6 millions de dollars a été prévu dans le cadre de l’exploration du site cette année tout comme pour terminer son étude environnementale et sociale. Sans oublier les études de faisabilité en vue d’obtenir le permis d’exploitation minière.

La production était prévue dès 2022 en collaboration avec la mine de Fékola, appartenant à la société B2Gold.

      El Hadj A.B. HAIDARA

Source: Aujourdhui-Mali

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