Sécurité alimentaire : une politique nationale de stockage en gestation

Les participants sont conviés à améliorer le document proposé pour servir de cadre d’orientation et d’harmonisation de la démarche

 

Le ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Aly a présidé hier dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou la cérémonie d’ouverture de l’atelier régional de dialogue sur la stratégie nationale de stockage de sécurité alimentaire. C’était en présence du gouverneur de Ségou, Alassane Traoré, de la représentante du Programme alimentaire mondial au Mali (PAM), Mme Sally Haydock et de plusieurs invités. La rencontre est initiée par le commissariat à la sécurité alimentaire avec l’appui de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à travers son agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation.

Il s’agit, à travers cette activité, de soumettre à l’appréciation des acteurs intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire à Ségou le draft du document de la politique nationale de stockage et du rapport diagnostic révisé en vue d’améliorer lesdits documents. Ainsi, les participants à cette rencontre devront examiner et amender la version révisée du document de la Politique nationale de stockage de sécurité alimentaire et son plan d’action.L’objectif est d’améliorer les documents à travers la prise en compte des spécificités et des préoccupations régionales. à titre de rappel, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a décidé de la création formelle de la réserve régionale de sécurité alimentaire, en février 2013. Pour l’opérationnalisation adéquate de cette décision, la CEDEAO met à disposition un appui technique et financier à l’endroit de tous les pays membres en vue de leur permettre d’élaborer ou d’actualiser leurs politiques et stratégies nationales de stockage, et de mieux adapter leurs instruments de gouvernance des stocks de sécurité alimentaire.

Ainsi, l’élaboration de la stratégie nationale de stockage doit être faite sur la base d’un guide méthodologique produit par la CEDEAO et mis à la disposition de tous les pays pour servir de cadre d’orientation et d’harmonisation de la démarche. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’étude au Mali, le Commissariat à la sécurité alimentaire a opté pour une approche participative et inclusive, impliquant l’ensemble des acteurs concernés par le stockage public : État, Collectivités, secteur privé, organisations paysannes, opérateurs économiques privés et PTF.

L’objectif général de cette étude est de doter le Mali d’une stratégie nationale de stockage de sécurité alimentaire, avec des instruments de gouvernance des stocks adoptés par l’état et en cohérence avec la vision de la CEDEAO. La représentante du PAM dans notre pays, a rappelé que son organisation s’est engagée dans son Plan stratégique Pays 2020-2024, à soutenir le gouvernement dans l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques et programmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cela afin d’assurer et préserver l’accès de chacun à une alimentation adéquate, saine et nutritive. Pour Mme Sally Haydock l’élaboration de ladite politique nationale est une priorité au moment où l’insécurité alimentaire et nutritionnelle demeure préoccupante dans le pays à cause des effets combinés des aléas climatiques, de l’insécurité et de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

La démarche permettra au gouvernement et à ses partenaires de mobiliser des ressources et d’apporter des réponses adéquates aux besoins alimentaires et nutritionnelles des plus vulnérables. Mme Sally Haydock reste convaincue qu’un bon stockage permet non seulement de maintenir la bonne qualité des vivres mais aussi d’assurer la transparence dans les mouvements des stocks et une traçabilité de l’origine des stocks. «La transparence est fondamentale si on veut s’assurer que ces vivres soient distribués aux personnes ciblées par le gouvernement selon les projections du cadre harmonisé et du plan national de réponse», a-t-elle souligné.

Redouwane Ag Mohamed Aly a, pour sa part, révélé que notre pays dans sa stratégie de prévention de l’insécurité alimentaire, notamment auprès des couches les plus vulnérables, a mis en place le stock national de sécurité (SNS) et le stock d’intervention de l’état (SIE), qui permettent d’intervenir en cas de crises majeures pour le premier et de soutenir les marchés céréaliers pendant les périodes de hausse de prix pour le second.

Pour lui, l’élaboration d’une stratégie nationale de stockage se justifie par la nécessité des conditions de stockage et de conservation appropriées. En s’adaptant au contexte de décentralisation toutes les collectivités ont été dotées de stocks de proximité en arrière ligne. Pour toutes ces raisons a indiquéRedouwane Ag Mohamed Aly, la présente stratégie nationale de stockage doit trouver une meilleure connexion synergique entre ces différents niveaux de stockage public et privé, pour une bonne gouvernance de la sécurité alimentaire dans notre pays. Il a souhaité que les interventions et les échanges, permettrent de déceler les insuffisances de ce document et de faire, des propositions concrètes en vue d’avoir un document de stratégie de stockage à hauteur de souhait.

Mariam A. Traoré
Amap-Ségou

Source : L’ESSOR

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