Revue de suivi budgétaire conjoint de l’appui budgétaire : La reprise entre doute et espoir

L’hôtel Salam a abrité les 4 et 5 décembre, les travaux de la 8ème Revue budgétaire conjointe regroupant le gouvernement malien et les Partenaires techniques et financiers (Mali-PTF). Intervenant après une reprise conditionnelle de la coopération par les partenaires financiers, qui avaient suspendu, à travers un gèle de leur financement, cette revue budgétaire suscite beaucoup d’espoir, sans rassurer totalement le retour de notre pays à une bonne gouvernance. Le FMI qui a pu obtenir la révision de l’article 8 du décret portant code des marchés publics, est dans l’attente d’ici mars, de l’appropriation par le Mali, de l’avion présidentiel acheté avec l’argent du Mali, et un rapport sur l’état d’avancement du processus de prise de sanctions.

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Dès l’entame des travaux, la Secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Mme Sidibé Jamilatou Cissé a mis l’accent sur l’importance de cette revue qui offre l’opportunité d’échanger et discuter des questions prioritaires nécessaires pour la relance de l’économie nationale, tout en consolidant les acquis à tous les niveaux, grâce à l’adoption et à la mise en œuvre par le gouvernement d’une politique budgétaire  basée sur la crédibilité et l’efficacité de même que la redevabilité vis-à-vis de nos citoyens.

 

Elle a évoqué des difficultés de trésorerie liées au non décaissement de fonds prévus dans le cadre des appuis  budgétaires, le FMI ayant suspendu ses revues avant de les faire le 1er décembre.                       Plusieurs thèmes ont été discutés au cours de cette session, comme, « l’état de la mise en œuvre du Budget 2014 et les orientations du projet de budget pour l’année 2015 », « Les réformes entreprises par le gouvernement pour améliorer la gestion des finances publiques et les enjeux et défis de la mobilisation des annonces de contribution faites à Bruxelles le 15 mai 2013 » , « La matrice des déclencheurs de l’appui budgétaire général », « Le point des discussions sur les 1ère et 2ème revues du Programme économique et financier du Mali ».

Au cours d’une conférence de presse qui a sanctionné la fin des travaux, les représentants de la Banque mondiale, de la BAD et le ministre de l’Economie et des Finances, ont été fortement interpellés sur les relations entre le Mali et ses partenaires techniques et financiers, notamment des questions liées à l’avion présidentiel, le coût réel des contrats de GUO Star et les sanctions attendues, concernant les ministres impliqués.

Les mesures édictées par le Fonds monétaire International (FMI) sont d’ordre administratif et financier, selon Mme Bouaré Fily Sissoko. Elle a souligné la révision de l’article 8 du décret portant code des marchés publics, l’immatriculation de l’avion présidentiel, un aéronef civil, désormais confiée au ministère de l’équipement. La facture de GUO Star est ramenée de 69 à 40 milliards de FCFA, pour 2014. Quand aux sanctions, elles sont de l’ordre de la justice, donc laissées à l’intime conviction du juge. Sanctions ? Mme le ministre, parle de « sanctions s’il y a lieu », sinon, « pas nécessairement de sanctions »L’annulation de la garantie a cependant posé problème, car la banque demande à être payée cache.

Concernant la révision de la disposition portant secret défense, qui a permis et couvert les micmacs, le représentant de la Banque mondiale, chef de file sortant, a souligné qu’elle aurait pu être faite bien avant la pression du FMI.

Banque mondiale et BAD sont unanimes à soutenir que les aide-projets se sont poursuivies, la suspension concernait l’aide budgétaire. Et cette interruption s’est traduite par un retard dans les décaissements. L’incident a eu comme avantage de « rendre l’Etat malien plus efficace », reconnait la Banque mondiale.

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, porte parole du gouvernement, Mahamane Baby a soutenu que la reprise par le FMI traduit le fait que tout s’est passé dans « la grande transparence, y compris dans les secrets défenses ». Les rapports d’audits ont été rendus publics. « Si la justice établit que des sanctions doivent être faites, elles le seront ». Il n’a pas manqué de lancer quelques pierres dans le jardin de la presse, qui est accusée de ne pas informer sainement. « On a subi beaucoup d’humiliation, des chefs de famille ont été accusés. Et la justice fera son travail ». Wait and see !

B.Daou

 

SOURCE: Le Républicain  du   8 déc 2014.
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