Relance économique : LES FACTEURS MAJEURS

Dans le cadre des activités liées à la célébration de la Semaine nationale de la liberté de la presse, la Maison de la presse a organisé une conférence débat sur le thème : « Paix et relance économique». Le débat était animé par Moussa Alassane Diallo, le patron de la BNDA et président de l’Association des professionnels de banques et établissements financiers (APBEF), et Mamadou Tièni Konaté, président du Collège transitoire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM).

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Moussa Alassane Diallo a fait remarquer que la relance économique suppose qu’il y a eu crise quelque part. Le Mali a connu un ralentissement de son économie suite aux évènements de 2012. Les différentes sanctions notamment la mise sous embargo, et la suspension de la coopération financière internationale ont profondément affecté le cadre macro économique du pays.
Aujourd’hui, pour relancer l’économie de notre pays, selon le président de APBEF, il faut agir sur trois facteurs majeurs. Le premier est le budget parce qu’il constitue un puissant moyen de relance économique. Au delà de toutes visions et de tous discours politiques, l’Etat est le premier agent économique, a souligné Moussa Alassane Diallo pour qui tout ce qui affecte le budget de l’Etat aura irrémédiablement des répercussions sur les autres segments de l’économie.
Le deuxième facteur est la redynamisation du secteur privé, car les entreprises privées constituent également un vecteur de relance de l’économie d’un pays.
Et le troisième facteur consiste à valoriser et redynamiser le partenariat public-privé sur la base d’une relation intelligente. Car, dans une phase de relance économique, il faut non seulement minimiser au maximum les divergences de vision économique, mais aussi fédérer et mutualiser les efforts pour arriver à donner du tonus aux actions de l’Etat et de ses partenaires.
Moussa Alassane Diallo juge que les perspectives de relance économique sont encourageantes, d’autant que notre Etat vient de renouer avec ses partenaires techniques et financiers. En plus de cela, il est en train de fournir de gros efforts en vue d’une relance durable.
Le président du Collège transitoire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali estime, de son côté, que la relance économique ne va pas sans une politique réelle de régulation du marché. Notre pays connaît aujourd’hui une croissance économique essentiellement extravertie, notre richesse profite plus à l’extérieur. Pour lui, « la prospérité c’est l’augmentation du pouvoir d’achat des milieux ruraux ».
Mamadou Tièni Konaté préconise, dans le cadre de la relance économique, de prendre des mesures incitatives en mettant l’accent sur la création de mutuelles économiques. Le secteur informel économique constitue aujourd’hui 75% du marché et contribue à hauteur de 62% au PIB, rappellera-t-il en attirant l’attention sur la nécessité de reconstituer les marchés du terroir, premiers paramètres de la santé économique de notre pays.
Aujourd’hui, le Mali est le premier pays réformateur de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le deuxième de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Malgré ce classement positif, le climat des affaires n’attire toujours pas beaucoup les investisseurs étrangers, a relevé le président du Collège transitoire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali.

Salhim TRAORE

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