Office du Niger : Les cultivateurs réclament le paiement d’une redevance de 7 milliards F CFA

La zone de l’Office du Niger est confrontée à plusieurs difficultés avec la crise sécuritaire qui se déplace de plus en plus vers ces terres. Les terroristes, qui sèment la terreur dans cette zone, dictent leur loi aux cultivateurs. L’insécurité, le paiement de la redevance et le réchauffement climatique sont entre autres les difficultés que les cultivateurs de la zone de l’Office du Niger endurent au quotidien. Face à cette situation, les cultivateurs réclament le paiement d’une redevance de 7 milliards F CFA et ils sollicitent l’appui du Premier ministre.

Pour mener à bien cette lutte, le Syndicat National des Exploitants Agricoles du Mali (SYNEXPAM) affilié à la Centrale Démocratique pour les Travailleurs du Mali (CDTM) monte au créneau et il a exposé ses chagrins dans une lettre adressée au Premier ministre, Moctar Ouane. Au-delà de ça, il a tenu, le vendredi 26 février 2021, un point de presse pour encore alerter ce dernier pour l’annulation de la redevance au titre de la campagne agricole 2020.

Les conférenciers de la Centrale Démocratique des Travailleurs du Mali, ont décidé de tenir ce point de presse pour prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale de l’urgence et de l’importance de cette situation qui risque de prendre une autre tournure qu’elle ne souhaite pas en cette période de crises multidimensionnelles. Ils expliquent qu’à chaque campagne agricole, il est de tradition que tous les riziculteurs paient la redevance eau avant le 31 mars de l’exercice au risque de se faire expulser de son champ et cette tradition a toujours été respectée par lesdits riziculteurs. « Compte tenu de la situation d’insécurité instaurée par les groupes terroristes organisés en bande armée dans la zone, de l’absence de la subvention et le changement climatique, les riziculteurs ne sont pas en mesure de s’acquitter de la redevance eau, au titre de l’exercice de la campagne de 2020 », estime la Secrétaire générale de la Centrale Démocratique pour les Travailleurs du Mali (CDTM), Mme Dedeou Ousmane Sidibé. Selon elle, personne n’ignore la situation d’insécurité que vivent les populations de la zone rizicole et particulièrement les autorités qui n’ont pris aucune disposition pour sécuriser les personnes et leurs biens dans ladite zone.

Quant au Secrétaire général des Cotonculteurs de l’Office du Niger, Bakary Traoré, il souligne que tous les cheptels ont été emportés par les groupes armés, les champs ont été brulés sous les yeux d’une population impuissante laissée pour compte par les autorités, le calendrier de la campagne agricole est caduc en cette période de changement climatique.

Les responsables de l’Office du Niger ont déjà commencé à alerter les paysans du paiement de la redevance eau avant le 31 mars 2021 passe ce délai, tous ceux qui ne payent pas seront expulsés de leur champ, explique-t-il. Ainsi, il se demande si les autorités sont au courant de la gravité de cette situation et ses répercussions sur l’ensemble du territoire national.

Ainsi, les conférenciers interpellent les autorités à sécuriser, à mettre les paysans dans leurs droits conformément aux textes régissant le domaine agricole. « Nous disons aux autorités du Mali que les paysans n’ont aucun moyen pour payer la redevance eau de la campagne agricole 2020 et les sollicitons pour une analyse objective de cette préoccupation et à partager les souffrances de ces populations abandonnées à leur sort sans aucune assistance », déclarent-ils.

Seydou K. KONE

Source: Bamako News

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