Moto-taxi : La nouvelle vogue gagne Sikasso

«L’arrivée des moto-taxis a été une satisfaction pour moi. C’est le confort total. Je fais toutes mes courses facilement. Si ce moyen de locomotion n’existait pas, j’allais, de ce pas, marcher du quartier Bougoula ville à Lafiabougou (une quinzaine de kilomètres) car il n’y a pas de moyen de déplacement sur cette voie», lance une des fidèles clientes des moto-taxis à Sikasso. Force est de reconnaitre que de nos jours, le transport urbain sikassois connait une nouvelle ère, avec l’arrivée des moto-taxis.

Il est 11 heures à Sikasso. Sous un arbre, à l’intersection du boulevard de l’UA et de la route nationale (RN7), de grosses motos de couleurs jaunes, attirent l’attention des passants. «Ne ba, ibe taga wa ? na anka taga», en langue française «Voulez-vous partir quelque part madame ? Venez, nous allons partir», ainsi s’adressent les conducteurs aux clients. Leurs cheveux, blousons, gants et cache-nez… sont couverts de poussière. Quand ils ne conduisent pas un client, les conducteurs devisent sur des sujets autour des comportements des clients, des frais de déplacement, de la distance entre les quartiers, des disputes avec les policiers et d’autres transporteurs.

Adama Dembélé est le chef d’équipe des conducteurs de moto-taxis. Il soutient que cela fait 9 mois que sa société a démarré ses activités à Sikasso. «Les jours de fête, de baptême et de mariage, nos motos sont très sollicitées par les femmes», affirme-t-il, souriant. Durant ces jours, poursuit-il, je peux gagner entre 5000 Fcfa et 6000 Fcfa en une journée. Se prononçant sur la tarification des moto-taxis, M. Dembélé laisse entendre que de l’intersection du boulevard de l’UA à la route de Koutiala, il faut payer 200 Fcfa. Le même prix est retenu pour se rendre à Wayerma. «Nous demandons 300 Fcfa pour Hamdallaye et 500 Fcfa à 700 Fcfa pour Mamassoni, Sanoubougou et Sirakoro», détaille-t-il.

Par ailleurs, tout n’est pas rose dans ce métier. Malgré l’engouement de la population pour les moto-taxis, notre interlocuteur précise que son activité connait un certain nombre de difficultés. Il s’agit, entre autres, de la mésentente persistante avec les conducteurs de transport en commun notamment les « dourouni » et les taxis. Il pointe aussi la propension de certaines clientes à ne pas payer les tarifs convenus en prétextant qu’elles sont veuves ou qu’elles sont pauvres.

Ces conducteurs ont besoin de formation sur le code de la route

«On dirait que la moto-taxi est venue uniquement pour me soulager. Je prépare les repas lors des cérémonies. Pour ce faire, je dois sortir tôt et rentrer tard. C’est avec les moto-taxis que je fais mes courses», témoigne Mamou Traoré, une des clientes assidues.

Elle affirme avoir aimé ce moyen de transport car les conducteurs vous déposent jusqu’à la destination finale sans rechigner. «L’autre jour, la moto-taxi a amené mon amie et moi au quartier Sanoubougou II à 750 Fcfa. Si c’était le taxi nous allions payer près de 2000 Fcfa», témoigne-t-elle, souhaitant l’expansion du projet jusqu’à ce qu’il y ait des points d’arrêt dans chaque quartier de la ville.

Le coordinateur du projet de moto-taxi, Yacouba Diarra, explique que cela s’inscrit dans le cadre de la collaboration avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). En outre, il souhaite avoir l’appui des autorités régionales afin de pouvoir contribuer à réduire le taux de chômage des jeunes. Par ailleurs, le coordinateur souhaite bénéficier d’une exonération du service des impôts.

Au commissariat du 1er arrondissement de Sikasso, le responsable en charge de la voie publique, le major Aliou Sidi Diallo, déplore le fait que de façon générale, les Sikassois ne maîtrisent pas le code de la route et surtout les conducteurs des moto-taxis. Ces derniers, relève-t-il, ne bénéficient pas de formation sur la circulation routière.

De plus, le major Diallo appelle les conducteurs des moto-taxis à ne pas en faire un moyen de transport inter urbain. «En plus des déplacements urbains, très souvent ces conducteurs transportent les clients de Sikasso à Zégoua, de Sikasso à Niena», déplore le policier qui pointe aussi certaines mauvaises pratiques des conducteurs comme l’excès de vitesse, la surcharge, le support à trois, le non-respect des feux de signalisation et même le dépassement dangereux.

Le major Aliou Sidi Diallo invite les conducteurs des moto-taxis à passer le permis de conduire. S’adressant aux autorités régionales et au promoteur, il conseille d’organiser des séries de formation à l’intention des conducteurs afin de minimiser les cas d’accidents.

Mariam F. DIABATÉ

Source: L’Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *