Ministère de l’Economie et des Finances : DES MESURES POUR FINANCER LE DEVELOPPEMENT

Les autorités maliennes initient, avec plus ou moins de succès, des mesures innovantes visant à assainir les finances publiques, depuis quelques années. Ces reformes priorisent les produits exonérés d’impôts, dénichent de nouveaux nids fiscaux pour renflouer les caisses de l’Etat, réduisent les dépenses de fonctionnement au profit des dépenses d’investissement afin d’appuyer les secteurs sociaux de base, susceptibles d’améliorer les conditions de vie et de travail des Maliens.

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La dernière en date est l’adoption, en fin de semaine passée, par le Conseil de cabinet à la Primature, de mesures visant une gestion rationnelle du parc automobile de l’Etat. Cette décision va réduire les fonds alloués à leurs entretiens qui ont coûté plus de 6 milliards de Fcfa à l’Etat en 2016, selon la déclaration du porte-parole du gouvernement, Me Mountaga Tall, s’exprimant à la fin de la rencontre.

D’autres mesures ont aussi été prises ou sont en cours de l’être pour augmenter les dépenses d’investissement. Celles-ci s’élèveront à 752,7 milliards de Fcfa en 2016, contre 649,6 milliards de Fcfa en 2015, soit une augmentation de 103,1 milliards de Fcfa. Cette hausse contraste, de l’avis de certains spécialistes, avec l’augmentation de 48,9 milliards Fcfa des dépenses courantes qui se sont chiffrées à 989,8 milliards de Fcfa en 2016, contre 940,9 milliards de Fcfa en 2015. La direction nationale du budget rassure qu’elle (la hausse des dépenses courantes) est liée à l’incidence de l’exécution de l’accord entre le gouvernement et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), les recrutements dans l’armée dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM).

Comme nids fiscaux à dénicher, l’Etat œuvre par exemple à collecter les milliards de Fcfa perdus, chaque année, à cause du fait que les administrations (publique comme privée) n’exigent plus des usagers de timbrer les demandes à elle adressées. Une obligation réglementaire, selon le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé. Il a dit avoir informé ses collègues d’instruire leurs services afin de veiller à l’application correcte de cette disposition. Il est aussi exigé des citoyens de timbrer les factures d’eau et d’électricité, excepté celles payées au niveau des banques (pour encourager la bancarisation). L’Hôtel de finances ne traite, d’ores et déjà, aucune demande non timbrée. Cette disposition, si elle est appliquée correctement par tous les services, pourrait rapporter au trésor public des milliards de Fcfa par an.

Les services de l’assiette s’emploient aussi à augmenter le taux de pression fiscale qui sortira à 17,7%, contre 16,8% en 2015. Ils envisagent, dans ce cadre, d’atteindre la norme de 20% de l’UEMOA à l’horizon 2019. Le niveau faible de pression fiscale constaté s’expliquait, en partie, par l’importance de la part des dépenses fiscales (exonération, exemption). Ces dépenses étaient estimées à 217,58 Fcfa en 2014, contre 46,6 milliards Fcfa au premier semestre de 2015.

Les recettes fiscales seront davantage améliorées grâce au nouveau système informatisé qui interconnecte l’ensemble des services chargés de la collecte des recettes intérieures de notre pays. Ce système de dernière génération envoie, par exemple, systématiquement chaque mois, une lettre d’information ou de mise en garde à tout opérateur disposant d’un Numéro d’identification fiscale. La correspondance l’informera du retard ou de la non déclaration de son impôt, s’ensuivront les menaces de sanctions au cas où l’opérateur ne déclare pas sa charge.
C. M. TRAORE

Source : L’ Essor

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