Lutte contre la corruption au Mali: Les solutions préconisées par le CERM

Dans le souci de lutter contre la corruption au Mali, le Centre d’Etude et de Réflexion au Mali (CERM) a organisé le samedi dernier au Centre International de Conférences de Bamako, une conférence-débats. Sous la présidence de Moussa Mara, représentant le président du CERM, la dite conférence a été animée par M. Sékou Diarra, expert-comptable et 1er vice-président du CERM en présence de plusieurs invités.

moussa mara ancien premier ministre pm parti yelema

Cette  conférence avait pour objectif d’échanger avec les représentants des organisations de la société civile et de certaines institutions évoluant dans le domaine afin de trouver des solutions idoines à la corruption dans notre pays. Le thème central était: « pistes de réflexion et d’actions dans la lutte contre la corruption ».

Dans ses mots de bienvenue, Moussa Mara a rappelé que les Maliens doivent apprendre maintenant à se parler et à trouver de solutions maliennes aux problèmes maliens. Il a indiqué que le Centre d’Etude et de Réflexion au Mali (CERM) n’a pas vocation seulement de produire des solutions mais aussi d’aider à produire. Il n’a pas manqué de souligner que la lutte contre la corruption constitue un élément majeur pour le développement du pays.

Le conférencier, dans son intervention, a affirmé qu’aucun domaine, qu’aucune action n’est épargnée de la corruption dans notre pays. Et pour cela dit-l, il faut des mesures strictes pour lutter contre le phénomène. Il a estimé qu’il existe deux types de corruptions à savoir la grande corruption et la petite corruption.

  1. Sékou Diarra a fait un aperçu historique  sur la lutte anticorruption dans notre pays. Il a rappelé les cinq générations de reformes de la lutte contre la corruption, les caractéristiques de la petite et de la grande corruption en Afrique de l’Ouest. Selon lui, le système corruptif  est identique partout et il prévaut dans tous les secteurs.

Selon l’orateur, les formes élémentaires de la corruption sont 07 au total. Il s’agit de la commission où on parle de 10%, la gratification à l’endroit des agents de l’administration, le piston ou encore le favoritisme au détriment de la compétence, la rétribution indue d’un service public (comme des heures supplémentaires à la Douane), le péage (taxes informelles), la perruque (utilisation des biens de l’Etat à de fins personnelles), le détournement (abus des biens sociaux et du vol).

En ce qui concerne les stratégies corruptives, le conférencier a identifié cinq au total notamment  l’investissement corruptif (acheter par anticipation des fonctionnaires), la pérennisation des relations corruptives (types de clientélisme, parental, etc.), la recherche de l’enrichissement rapide (idée de voler l’Etat, c’est de ne voler personne), la mutualisation de la corruption.

  1. Sékou Diarra a fait aussi des liens entre les pratiques corruptives et la gouvernance administrative. Sur ce volet, il a cité la généralisation du bénévolat, le dédoublement de l’administration, l’impunité (difficulté de punir un collaborateur).

Par rapport aux solutions, le conférencier propose sa rupture par la justice, l’instauration des systèmes de contrôle internes et l’informatisation, le développement des paiements bancaires, la déconcentration de l’Etat, la structuration des institutions de contrôle, la suppression de la CASCA, la suppression de la Direction Nationale du Contrôle Financier, la déclaration des biens et son suivi, la reforme des DFM, l’affectation de la gestion domaniale à la DGI, la rupture par la lutte contre la petite corruption.

A sa suite, Moussa Mara ajoutera que tout est lié à la justice car, quand la justice d’un pays ne fonctionne pas, rien ne peut fonctionner. Dans ce domaine dit-il, c’est toujours la valeur de l’argent qui gagne bien qu’il reconnaisse l’existence de bons juges dans notre pays. Il a rappelé que dans le cadre de la lutte contre la corruption, durant les trois dernières années, il n’y a pas eu de procès au pôle économique.

« Les juridictions doivent être obligées de publier les instructions et toutes les autres actions qu’elles  suivent. La gestion des carrières des magistrats doit être ouverte à la société civile. Bref, que la justice soit un chantier majeur dans notre pays car, c’est elle qui constitue l’élément essentiel dans la lutte contre la corruption » a-t-il martelé.

 

Boubacar Diarra

Source: Tjikan

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