Le secteur des transporteurs urbain, interurbain et international paralysé demain : Quand le ministre Hachim freine la reprise de l’activité économique

Des violations des textes réglementaires, la gestion plus qu’opaque des affaires publiques, la protection et la défense de privilèges indûs de certains protégés, ” une dangereuse cacophonie de réglementation manipulatrice des futures élections pour le renouvellement des instances dirigeantes du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) en fin de mandat depuis le 7 avril 2012 “, obligent aujourd’hui les syndicats des transporteurs à projeter une grève générale du secteur à compter de ce mardi 14 avril. Après avoir vainement rencontré le ministre Mamadou Hachim Koumaré.

Le préavis de cette grève d’avertissement de 24 heures a été déposé le 7 avril dernier. Tous les syndicats des transporteurs, notamment le Syndicat national des Transporteurs routiers urbains-interurbains  et internationaux du Mali (Syntrui-Mali), le syndicat des entreprises de transport (Set), l’Union nationale des sociétés coopératives de Transports routiers du Mali (Unsctrm), sont mobilisés pour observer cet arrêt de travail afin d’amener le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré à simplement respecter les textes qui régissent le secteur des transports au Mali. Mais, étant donné que le transport est un poumon de l’activité économique, cette paralysie de tout le pays va donner un coup de grâce à l’économie malienne agonisante. Par la faute d’un seul homme, le ministre Koumaré.

La violation des dispositions réglementaires du décret fixant les modalités de fonctionnement du Conseil malien des Transporteurs routiers (Cmtr) dans sa section 4 relative au régime électoral ; la violation de l’arrêté n° 2015-0206/Metd-56 du 2 mars 2015 matérialisée par la clôture de la liste électorale à la date du 16 mars 2015 ; la violation des différents protocoles d’accords routiers entre le Mali et les différents pays côtiers dans sa partie répartition du fret en transit ; le non respect des dispositions réglementaires relatives au transport pour compte propre ; l’utilisation irrationnelle du troisième pont et l’impraticabilité des itinéraires y afférant ; la persistance des tracasseries routières en matière de transport urbain, interurbain et international. Le préavis de grève en date du 7 avril souligne,  » syndicats, coopératives, associations, GIE, sociétés de transports, des transporteurs routiers du Mali et syndicats, associations des chauffeurs routiers du Mali, demandons la mise en place d’une commission pour étudier les différents points de revendications énumérés ci-dessus en vu de leur satisfaction dans les meilleurs délais, faute de quoi nous nous verrons dans l’obligation d’observer un arrêt de travail de 24 heures, le mardi 14 avril 2005 reconductible en cas de nécessité « . Une trentaine d’organisations ou sociétés qui se partagent le réseau de transport au Mali, sont signataires de ce préavis. Les syndicats dénoncent  » une dangereuse cacophonie de réglementation manipulatrice des futures élections pour le renouvellement des instances dirigeantes du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) en fin de mandat depuis le 7 avril 2012 « . Ils reprochent au ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré,  » un excès de pouvoir  » qui entache sa  » décision d’arrêter les inscriptions des transporteurs routiers sur la liste électorale pour leur participation aux élections de l’assemblée consulaire et du bureau du CMTR « , soutiennent les syndicats des transporteurs routiers. A les croire, la décision du ministre s’ajoute au flou administratif qu’entretient le département dans  son manque de volonté d’organiser les élections.

Suite à divers recours administratifs et judiciaires, par les soins des conseils des différents syndicats, le ministre Koumaré a, dans la précipitation, pris un nouvel arrêté le 2 mars 2015, procédant ainsi à l’abrogation et remplacement de son arrêté du 4 décembre 2014, fixant la date et organisant les élections des membres de l’Assemblée consulaire et du bureau du CMTR. Dès lors, l’enregistrement des électeurs sur les listes électorales du CMTR devenait possible et clairement autorisé jusqu’au 16 avril prochain. Contrairement à ces dispositions réglementaires, opposition a été faite à des électeurs de s’inscrire sur des listes avant la date limite des inscriptions (constat d’huissier). Selon nos sources proches des syndicats, sur 944 électeurs, seulement 132 inscrits pourront voter, si on suivait la cacophonie dans laquelle le ministre Koumaré souhaite maintenir le Conseil malien des Transporteurs routiers.

Le risque est de voir près de 80 % du corps électoral exclu du jeu électoral. Ainsi, tout semble mis en œuvre pour torpiller les élections, après avoir tout mis en œuvre pour jouer au dilatoire, afin de maintenir les mêmes ou à défaut de faire gagner par diverses manœuvres ses proches. Décidés à prouver leur mobilisation par la grève de ce mardi 14 avril, les transporteurs demandent une seule chose : l’application de la loi et des règlements pour que les élections se tiennent dans les meilleurs délais. Sauf que cette grève générale va administrer un sacré coup à l’économie déjà exsangue du Mali.    

 Bruno D. SEGBEDJI

 

Source: L’Indépendant

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