Kalfa Sanogo, PDG de la CMDT « La campagne coton de cette année est la 3e meilleure de l’histoire »

Selon le PDG de la CMDT, Kalfa Sanogo, la campagne cotonnière de cette année a été très bonne en termes de rendement, mais c’est le cours du marché international avec la baisse continue du coton qui a eu un impact négatif sur le prix. Ce qui a fait perdre aux cotonculteurs et à la CMDT.

Kalifa Sanogo president directeur general pdg cmdt

Les Echos : Quelle analyse faites-vous du bilan de commercialisation 2014-2015 ?

Kalfa Sanogo : La campagne s’est bien déroulée et à la fin les cotonculteurs n’avaient pas un franc CFA avec la CMDT. Par rapport à la commercialisation de la fibre, malgré les difficultés du marché international avec la baisse continue du cours mondial de coton, nous avons pu placer tout le coton malien à 99,3 % et à un prix qui n’est pas des meilleurs, mais avec la parité euro-dollar, nous avons pu rattraper un peu.

Au sortir de la campagne, nous avons constaté qu’on n’a pas pu atteindre les objectifs fixés cette année et cela est dû à l’installation tardive de la pluie surtout dans les zones de la CMDT. Comme pour rattraper ce retard, la pluie s’est mise à tomber de façon dangereuse et même jusqu’a commencer à faire des dégâts sur les récoltes pas sur le coton seulement, mais sur le maïs aussi. Pour d’autres cultures, la situation a été pire. Mais Dieu faisant bien les choses, nous avons pu avoir 550 000 tonnes et c’est un record pour nous, car c’est la 3e bonne campagne de l’histoire de la CMDT après celle de 2003-2004 et 2004-2005.

Les Echos : Quels seront les grands axes de la campagne 2015-2016 ?
K.S. : Il s’agira, pour nous, de tout faire pour commencer l’hivernage à temps pour ne pas retomber dans les pièges de l’année dernière. Il y a d’autres défis réels à relever et nous allons essayer de nous remettre de ceux-là. Ces défis, c’est d’abord le ramassage du coton au niveau des producteurs et nous avons déployé de gros moyens pour cela. Nous allons aussi prendre des dispositions pour soutenir le rythme des dispositions industrielles.

Si nous arrivons à le faire, malgré l’importance de la production, nous allons terminer à temps. Le payement des cotonculteurs aussi sera fait dans l’immédiat. J’ai donné des instructions pour qu’on leur paye dès qu’on enlève le coton. C’est ce qui les encouragerait à redoubler d’efforts pour les années prochaines. Je demande d’ailleurs aux producteurs de redoubler d’efforts et de faire en sorte que la productivité, c’est-à-dire le rendement à l’hectare, soit leur point de mire.

Si vous n’avez pas un bon rendement vous gagnez moins. Nous allons les accompagner dans ce sens techniquement, mais c’est à eux aussi d’appliquer les techniques. Je leur demande d’être sereins et de resserrer leur rang pour qu’ils puissent collectivement jouer leur rôle dans le développement de notre pays.

Les Echos : Qu’en est-il du problème de ristourne entre la CMDT et certains paysans à Koutiala ?
K.S. : Il y a effectivement un groupe d’environ dix personnes qui veulent nous poser des problèmes. Parmi plus de 198 000 exploitants, seulement environ dix ont posé des actes incompréhensibles, en propageant que nous avons de l’argent des cotonculteurs. Ces individus ont essayé de mobiliser les cotonculteurs en propageant des mensonges, ce qui est puni par la loi pénale et nous allons porter plainte.

On ne construit pas un pays dans l’impunité. Ceux qui ont posé ces actes seront punis par la loi, car nous allons porter plainte. Moi j’ai horreur de la pagaille, car aucun pays ne s’est construit dans la pagaille et dans l’anarchie. Ils ont dit que la CMDT a de l’argent qui appartiendrait aux cotonculteurs alors que cela est faux. Si vous dites cela à un paysan avant qu’il ne comprenne, il peut refuser de cultiver. Il se dit que la CMDT veut l’escroquer alors que la réalité est autre.

Je remercie l’ensemble des acteurs, car aujourd’hui, la CMDT est à plus de 14 milliards de F CFA de bénéfice. Cela est dû à la bonne gestion de la CMDT et à nos performances sur le plan industriel et le rendement au niveau de la production. Il y a des efforts à faire pour qu’on soit plus performant.

Propos recueillis par

Sory I. Konaté

 

Source: lesechos

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