Industrie : CES JEUNES MODELES DU SECTEUR


houd baby pdg groupe moulin sahel mds modibo keita gdcm Cyril Achkar industriel seydou natoume toguna agro operateur economiqueIls sont ingénieux et dynamiques. Ils ont percé les secrets et dessinent l’avenir heureux du développement économique de notre pays

Le fait est indéniable. La stabilité politique est une variable essentielle de la situation économique d’un pays. L’attaque terroriste perpétrée contre notre pays à travers l’hôtel Radisson, le 20 Novembre dernier, n’est pas sans conséquence sur notre économie. En cette période particulière on ne peut compter que sur les opérateurs économiques nationaux possédant une capacité certaine de réactivité. Nous éviterons ainsi un ralentissement de la croissance économique, le dynamisme de l’activité économique sera maintenu. Le Mali sera toujours capable de rassurer, d’encourager les investisseurs internationaux. Le circuit d’investissements ne sera pas paralysé.
Des raisons existent d’espérer une relance rapide. Le secteur de l’industrie a renoué avec un certain dynamisme depuis quelques mois. Il peut compter sur la détermination sans faille des principaux acteurs, surtout sur sa nouvelle génération d’industriels très dynamiques qui animent nos entreprises industrielles. Une vingtaine d’industriels, forts de leur génie, se jouent de la morosité ambiante. Ils font face aux incertitudes du futur avec panache.
Ces industriels portent avec style les couleurs du Mali dans le monde et incarnent son futur. Ils se distinguent par leur créativité, leur ambition et leur succès. Il faut miser sur ces talents et les suivre dans les prochaines années. Ils en seront les incontournables têtes de gondole. Ils sont jeunes, ils sont maliens, ils sont ambitieux, ils plantent les piliers d’airain de la vitalité de notre économie de demain. La nouvelle race des capitaines d’industrie maliens ont entre 40 et 50 ans. Ils ont créé et dirigent avec maestria les grandes industries du pays. Les cercles et réseaux influents parient sur leur avenir en adoubant ces « jeunes leaders Industriels d’Afrique ». Ils ont en commun d’avoir fait de brillantes études, d’être ambitieux et d’avoir mené leur carrière sans tambour battant. Ces jeunes loups de l’Industrie malienne ont bravé tous les obstacles pour s’installer au cœur du fleuron de notre économie. Qui sont-ils ?
Le très énergique Cyril Achkar est patron du groupe industriel (AMI) et président de l’organisation patronale des industriels maliens. L’intrépide Seydou Natoumé, est le patron de Toguna Agro-Industrie. Le grand et entreprenant Modibo Keita est PDG du groupe GDCM. L’audacieux chef du groupe Moulin du Sahel se nomme Houd Baby. Le dynamique jeune patron de FOFY Industrie, Thierno Saikou Oumar BA ne passe nulle part inaperçu. Ces jeunes tissent la chaîne de notre industrie et assurent le dynamisme de notre économie.

Brillantes études. Cyril Achkar est un nom connu sur l’ensemble du territoire. Et il sonne fort particulièrement dans les milieux d’affaires au Mali. La dynastie Achkar est devenue un fleuron depuis plus d’une cinquantaine d’années dans le monde des affaires et de l’industrie malienne. Le patriarche Gérard Achkar, libanais d’origine, s’est installé dans notre pays bien avant l’indépendance. Le fiston Cyril est né en 1976. Il a été bercé dans les affaires. Cependant, nanti du diplôme supérieur de commerce à (ESC) de Rouen (France), il est retourné au pays et il a intégré le groupe familial, au sein duquel il a gravi tous les échelons. D’abord simple magasinier, il devient directeur commercial, directeur administratif et financier et directeur général adjoint jusqu’en 2004. La même année, il prend les commandes de toutes les filiales du groupe composé de plusieurs unités industrielles : la Grande Confiserie fabrique des bonbons, des chewing-gums, du sucre vanillé et des pâtes alimentaires. Le Grand Moulin a une capacité de 120 000 tonnes de farine par an. Il est spécialisé dans la fabrications de plusieurs produits agro-industriels, notamment, la farine de blé «Bélier». L’usine d’aliment bétail d’une capacité de 100 000 tonnes par an a conquis le marché avec son fameux « Bu nafama ». La rizerie « Riz Malo », conditionne la savoureuse farine infantile « Vitablé ». La Compagnie Malienne de Développement de la culture du Blé et d’une boulangerie qui inclue une école de boulangerie.
Le patron d’Achkar Mali Industries (AMI), règne d’une main de fer sur l’agroalimentaire dans notre pays, mais pas seulement, il produit également de l’huile, du sucre, des piles. Mieux, il est le patron de la très brillante Société des eaux minérales du Mali « Diago ». La mission quotidienne de Cyril Achkar est de gouverner le gros paquebot « Achkar Mali Industrie » et de trouver de nouveaux modèles de croissance, en ces temps où le secteur industriel malien est en plein bouleversement. La jeunesse du patron du Groupe AMI est-elle sa carte maîtresse ? L’essentiel, affirme-t-il, c’est ne jamais se laisser impressionner par les difficultés, réelles ou supposées et de se donner les chances d’avancer. Président de l’Organisation patronale de l’industrie du Mali (OPI) depuis 2012, Cyril Achkar connaît et maîtrise l’environnement industriel du Mali. Il contribue de façon significative à la promotion de la destination Mali. Il représente valablement l’industrie malienne dans la sphère économique africaine et mondiale.
Vision, conviction et engagement. Le constat est patent dans le monde de l’industrie malienne : Toguna Agro-industrie est l’une des entreprises industrielles la plus dynamique de notre pays de cette dernière décennie. Parti de rien pour se hisser à la tête des entrepreneurs de l’agro-industrie les plus promoteurs du continent, Seydou Namtoumé, l’enfant de Kama Sindi (dans le cercle de Bandiagara) est convaincu que la terre ne ment pas et que seule l’agriculture peut être le moteur de notre développement. Cette conviction forte le poussa a créé en 1994 une industrielle de production d’engrais qui se classe parmi les plus performantes d’Afrique de l’ouest.
En effet, lancée sous la forme de Société à responsabilité limitée (Sarl), l’entreprise fut érigée en SA (Société anonyme) en novembre 2006. Son ambition, et il le clame partout à travers le monde est de développer une industrie agrochimique malienne pour répondre au vide industriel dans ce domaine fondamental pour un pays agricole comme le notre. Le but est de couvrir les immenses besoins du pays en matière d’engrais de bonne qualité, à des prix abordables.
La succès story de Toguna Industrie est fulgurant. Aujourd’hui, Seydou Namtoumé, ravitaille en plus de notre pays, la plupart des pays de la sous-région en engrais. Mieux, il est le propriétaire de l’usine de phosphate de Tilemsi depuis 2009. Ce redoutable homme d’affaires a foi en notre pays, qui donne des chances à ceux qui veulent retrousser les manches pour réussir, dont les plus jeunes, qui portent un regard neuf sur le monde des affaires et de l’industrie, comme Seydou Namtoumé un ambassadeur valable.

une leçon de vie. La vision claire et la conviction inébranlable caractérisent Modibo Keita le patron du groupe GDCM. Il est parti de rien pour devenir aujourd’hui le magnat de Import- Export (sucre, riz, les produits de grande consommation) et de l’industrie (Moulins modernes du Mali M3). L’histoire de Modibo est une leçon de vie. Ce jeune homme de 49 ans à l’allure sage, a débuté dans les affaires comme un simple marchand de céréales aux côtés de Bakoré Sylla, baron de l’importation de céréales dans notre pays. Autodidacte, celui qu’on appelait « Modibo ni », il y a juste une décennie, est devenu aujourd’hui l’un des plus grands industriels du Mali.
Le grand industriel, grand commerçant, Modibo Keita est également grand entrepreneur agricole de notre pays. Il dispose plus de 20.000 hectares de terre aménagée dans la zone office du Niger pour la culture de riz, de blé, de maïs, d’oignon et de pomme de terre. Stratège et intrépide, Modibo a le sens des affaires. Il a su tirer son épingle des différentes mutations politiques de notre pays. «Je suis simple entrepreneur. Je travaille inlassablement pour développer mes entreprises et contribuer au développement industriel et économique de mon pays», dit-il fièrement. Le pôle agro-industriel et commercial de ce serial entrepreneur est l’un des plus grands employeurs de notre pays. Il emploie des centaines d’agents.
L’audace et la détermination. Qu’il s’agisse de culture entrepreneuriale, de recherche de financement, de recherche de débouchés, rien n’échappe à l’inflexible Houd Baby. Ce jeune entrepreneur audacieux a monté pièce par pièce des sociétés qui font aujourd’hui la fierté de notre pays. Au commencement, le jeune Houd Baby, diplômé et détenteur d’un Brevet de Technicien Supérieur en gestion des entreprises, se lance dans le commerce de détail. Très entreprenant, il créera plus tard sa société GMCI Sarl, spécialisée dans l’importation et la distribution de matériaux de construction et de produits alimentaires.
Cependant au début des années 2000, l’homme d’affaires s’orientera vers l’industrie hôtelière en portant sur les fonds baptismaux l’hôtel Nord-Sud en 2002, à la faveur de la Coupe d’Afrique des Nations. Une année plus tard, il s’investira dans l’industrie gazière en créant «Sigaz-Mali». Cette société produit de l’oxygène médical et industriel et de l’acétylène. Sigaz-Mali s’installera sur le marché à travers l’embouteillage et la distribution du gaz butane. Le succès de ses entreprises encouragera Houd Baby à rechercher un mode d’organisation plus efficace. Il fonde la société Holding Houd Investissement SA et étend son industrie gazière dans la sous-région. Au Burkina Faso il implante « Sigaz Burkina Faso ».
L’acquisition de l’hôtel Nord –Sud par le Groupe Azalai donnera l’opportunité à cet entrepreneur qui déborde d’énergie et d’initiative de développer, pour un investissement de 5,3 milliards de Fcfa, le Groupe moulin du Sahel (MDS-Mali) en 2009. Il est spécialisé dans la transformation du blé, du mil et du maïs. La marque «Lafia» fera le succès de ce projet. Le Groupe élabore en 2011 un plan de développement stratégique (2011-2015) d’un montant total de 30 milliards de Fcfa dans la sous-région Uemoa. Cette décision stratégique donne naissance au groupe industriel sous régional « Groupe Sahel » et la démultiplication du business modèle de MDS dans des pays où le besoin existe comme le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Sénégal. En 2013, ce développement organique initié par Houd Baby depuis sa première affaire sera couronnée par le démarrage d’un moulin au Niger qui a coûté 3,5 milliards de Fcfa.
Le Mali est un pays formidable : si vous travaillez il est possible de réussir. Dans le secteur de l’industrie, ces jeunes industiels ont osé entreprendre et ils ont réussi dans un environnement jalonné souvent de contraintes et de difficultés. Certains se sont lancés dans l’aventure par vocation, d’autres ont hérité de leurs parents.
Le parcours du combattant et les réticences, ont stimulé leur pugnacité et leur persévérance. La réussite ne leur fait pas tourner la tête. Leur vivacité d’esprit est enviable.
D. DJIRE

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