Filière lait : le contraste malien

Avec plus de 8 000 tonnes de lait cru produites en 2019, le Mali, pays d’élevage par excellence, n’arrive toujours pas à exploiter l’important potentiel de production dont il dispose.

Ce qui constitue un véritable manque à gagner dans la mesure où chaque année le pays investit environ 20 milliards FCFA dans l’importation du lait pour couvrir les besoins de la population.

En effet, le potentiel laitier du cheptel malien, note-t-on, est estimé à 2 197 000 tonnes.

Par ailleurs, sur les 119 centres et points aménagés de collecte et vente de lait cru local, la quantité enregistrée en 2019, était de 8 019 tonnes pour un disponible exploitable de 966 753 tonnes.

De sources officielles, le cheptel laitier du Mali est l’un des plus importants de l’Afrique de l’Ouest avec 12 111 128 bovins, 19 183 500 ovins, 26 486 240 caprins et 1 241 093 camelins au 31 décembre 2019. Toutefois, le pays demeure dépendant des importations en raison de l’insuffisance des moyens de conservation qui est évalué à seulement 2 957 tonnes de lait par an.

Le lait importé bénéficie des tarifs douaniers plus avantageux avec 5% permettant de le vendre entre 30 à 50% moins cher que le lait local. Toutes choses qui font que 95% de la consommation de lait de la population malienne, notamment à Bamako, est assurée par les importations.

Si la FAO fixe à 60 litres/personne/an, la consommation normale de lait, au Mali, elle est largement au-dessous de cette estimation dans la mesure où la consommation moyenne est de l’ordre de 30 à 40 litres par personne et par an.

Voilà pourquoi, booster et améliorer la production et la consommation du lait cru local au Mali restent un défi pour les acteurs de la filière lait. Ce qui passe par la production des gammes de produits à forte valeur ajoutée et la mise à disposition des infrastructures adéquates pour le stockage et la conservation des productions.

Cela permettrait de donner une réponse favorable à la problématique de la collecte et de la transformation du lait cru local de 2 957 tonnes sur plus de 8 000 tonnes en 2019.

En en croire les experts, l’apport du secteur de l’élevage au PIB du pays en 2018 était estimé à 18%. Il contribue ainsi fortement au développement économique du pays avec 25% à 30% de la production laitière rurale. Cependant, le potentiel laitier reste encore à exploiter.

Andiè Adama DARA

Source: Bamakonews
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