Entreprises publiques: 3 Questions à Abdoulaye Touré, économiste consultant

Pourquoi nos entreprises publiques ont-elles du mal à survivre ?

Les entreprises publiques, en plus de la mauvaise gouvernance, manquent d’objectivité en termes de rentabilité. Toutes ces entreprises mixtes sont pilotées par un régime qui s’occupe plutôt de la rentabilité sociale. On veut maintenir des entreprises pour sauver des emplois. Par conséquent, les sacrifices que peuvent consentir les entreprises ordinaires ne peuvent l’être par les étatiques, parce qu’elles doivent sauver des emplois, des revenus, pour éviter des grognes sociales.

Les entreprises étatiques peuvent-elles être rentables ?

Oui, si elles étaient gérées avec les principes de gestion de base. Même dans les plus grandes économies, les entreprises publiques sont secourues par l’État pour qu’elles ne partent pas en faillite, parce que l’enjeu est de sauver des milliers d’emplois et que ces pertes d’emplois pourraient causer plus de problèmes que ceux d’une absence de rentabilité financière au niveau de l’entreprise. Le principal problème dans la gestion de ces entreprises est donc de trouver l’équilibre entre le coût de l’activité et la sauvegarde des emplois.

Les  processus de privatisation sont-ils en cause ?

La privatisation est liée à la question de la rentabilité. L’État n’a pas pour vocation de sauver les entreprises. Pour le faire, il faut s’endetter auprès de banques ou de partenaires pour renflouer les structures déficitaires. Alors que si la gestion est confiée aux privés qui investissent leur argent, on peut s’attendre à plus de rigueur dans la gestion et à plus de sérieux dans l’allocation des ressources.

Journal du Mali

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