Douane : renforcer les acquis

La direction générale des Douanes est dirigée par l’inspecteur général Amadou Konaté, le plus grand technicien qu’elle lui arrivée de connaître, depuis sa création. Mais, la baisse actuelle des recettes s’explique, en grande partie, par la présence de certains inspecteurs – avec ou sans son accord – à la tête de certains bureaux des Douanes. C’est, du moins, la réponse de près de 90% des agents de Douane, interrogés sur la baisse actuelle des recettes douanières.

« Tout le monde vous le dira, ici, sans la moindre hésitation : l’homme qui dirige, actuellement, la Douane malienne est l’un des plus grands techniciens de la douane », répond cet officier supérieur de la Douane. Du haut de ses deux mètres de hauteur, et de ses 80 kg, aucun trafiquant n’oserait lui tenir tête. Mais, il lui a fallu du temps, avant de répondre à notre question : « officier, je voudrais vous poser une question, si cela ne vous dérange pas : qu’est-ce qui explique, selon vous, la baisse actuelle des recettes douanières ? ».
Après un long moment d’hésitation, il répond, sans hésiter : « c’est l’un des plus grands techniciens que la Douane malienne a connus ! ».
« Mais qu’est-ce qui explique cette baisse actuelle des recettes ? ». Cette baisse des recettes douanières s’explique par le niveau, jugé trop bas, des « chefs de bureau et des gestionnaires, mis à la tête de certains Bureaux».
En possession de ces réponses, nous passons à un autre inspecteur, jugé « de classe exceptionnelle ». Mêmes questions. Mêmes réponses. Ou presque.

Changer d’approche

Presque tous les inspecteurs interrogés, à la direction générale des Douanes, ont eu la même ou les mêmes réponses. La quinzaine d’inspecteurs des Douanes ont eu la même réponse. Ou presque. Tous reconnaissent la grande technicité, et l’expérience professionnelle du directeur général de la Douane.
« Alors directeur des recettes douanières, il n’attend pas que nous soyons à la fin du mois pour demander, à chaque chef de bureau où il en est avec les recettes. Et ça, c’est chaque jour ! », se rappellent certains qui ont réclamé l’anonymat.
Absence de dialogue entre eux et les opérateurs économiques, manque de niveau et de technicité etc. Tels sont, entre autres, les armes, qui leur font défaut. S’y ajoute l’expérience et le mécanisme dans le « raisonnement ». La plupart des inspecteurs à la tête de certains bureaux manquent de ces « atouts » essentiels pour être chef de bureau. Ou gestionnaire.
Certes, notre pays est sous embargo de la CEDEAO depuis 4 mois. Mais cela n’explique cette baisse de recettes, qui s’explique en grande partie par le faible niveau de jeunes inspecteurs, sans niveau, ni expérience à leur tête.

L’homme qu’il faut à la place qu’il faut

Les recettes douanières engrangées en janvier 2022 sont de l’ordre de 33 milliards de Francs CFA ; en Février 2022 : les recettes douanières sont estimées à 44 milliards de Francs CFA ; en mars 2022 : 48 milliards de Francs CFA ; en avril dernier : 42 milliards de Francs CFA.
Quant au Bureau des Produits Pétroliers, qui réalisait la moitié des recettes réalisées par tous les bureaux de la Douane, il n’est plus qu’à 5 milliards de Francs CFA par mois. Il l’a réalisé le mois dernier. Comme c’est le cas en avril dernier.
Or, habituellement, les recettes douanières sont de l’ordre de 72 à 74 milliards de Frans CFA par mois. Dont entre 15 et 20 milliards de Francs CFA pour le Bureau des Produits Pétroliers ou « Bureau du Pétrole ».
Mais avec le départ, de plusieurs inspecteurs à la retraite, à la fin de l’année, offre au directeur général des Douanes, une chance inespérée de « mettre l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut ». Afin que la direction générale des Douanes puisse remettre les caisses de l’Etat à flot. Surtout, en ce moment précis où le pays a le plus besoin.

Oumar Babi

Source: Canard déchainé

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