Direction générale de la douane : « Aucun mètre de Bazin n’a été commercialisé au mali, durant ces trois dernières années, sans s’être acquitté des droits de douane ! »

C’est, du moins, la réaction d’un haut cadre du Bureau des Enquêtes douanières, après les rumeurs, de plus en plus persistantes, sur l’arrivée d’importantes quantités de Bazin sur le marché malien. Sans, au préalable, faire l’objet de dédouanement.

bazin habit mode traditionnel

La rumeur court, folle et fofolle, avant d’être relayée, en boucle, par certaines radios privées de la place : des tonnes de Bazin, appartenant à des « Diogoramé » de la place,  auraient été  déversées, sur le marché malien, sans paiement des droits de douane. Avec, la complicité, disent-elles,  du directeur général des douanes.

Minimisée, au départ, par les responsables de la douane, cette rumeur s’est répandue comme une trainée de cannelle.  D’où la réaction de ce haut cadre de la sous-direction des Enquêtes douanières. Dans un document qu’il nous a remis, figurent  les valeurs et les droits de douane prélevés sur les containers de Bazin entrés, dans notre pays, durant ces trois dernières années.

A en croire ce document, la valeur totale du Bazin,  commercialisé en 2014  sur le malien, est estimée à 2,4 milliards CFA. Les droits de douane prélevés se chiffrent à 1,070 milliards CFA. En 2015, la valeur du Bazin, entré au Mali, est estimée par les services de douane à 5,6 milliards CFA. Les droits de douane prélevés se chiffrent à 2,48 milliards CFA. Soit la moitié de sa valeur. Ou presque. Peut-on dire que ce Bazin est entré sur le marché, sans droits de douane ? Poursuivons.

Entre janvier et février 2016, la valeur du Bazin, passé par les services de douane, est estimée à 310 millions CFA, sur lesquels la direction générale de la douane a prélevé 130 millions CFA de droits de douane.

« Aucune marchandise, qu’elle soit solide ou liquide, ne peut passer le cordon douanier, sans s’acquitter des droits et taxes y afférant », indique notre interlocuteur. Avant d’ajouter, les gestes hauts et forts : « C’est parce que ces marchandises sont bien taxées, que les recettes douanières sont passées de 35 à 42 milliards CFA par mois, pour le grand bonheur du Trésor public ».

 

Les recettes douanières en hausse constante

Durant l’année écoulée, les recettes douanières ont battu tous les records. Elles sont passées de 35 milliards CFA à 42 milliards CFA par mois. Soit une hausse mensuelle de 7 milliards CFA. Sans « anticipations », c’est-à-dire les droits et taxes perçus sur les marchandises, qui n’ont pas franchi le cordon douanier.

Les prévisions de recettes, en 2015, étaient de 430 milliards CFA. Mais à l’issue de la rencontre, entre les autorités maliennes et les responsables du FMI et de la Banque mondiale à Washington, ces prévisions ont été revues à la hausse : 450 milliards CFA, soit 20 milliards CFA de plus.

A la surprise générale, la direction générale de la douane a réalisé 480 milliards CFA. Soit 30 milliards CFA de plus que les objectifs de recettes, à elle fixés, par le gouvernement.

A titre de comparaison, les prévisions  de recettes étaient de 320 milliards CFA en 2013 et 341 milliards CFA en 2014.

En janvier 2016, les recettes douanières ont, pour la première fois dans l’histoire de la douane malienne, franchi la barre des 42 milliards CFA, dont 19 milliards CFA pour le seul bureau des Produits Pétroliers (BPP). Mais le mois suivant, c’est-à-dire en février 2016, surprise sur….prise : les recettes ont dépassé 43 milliards CFA. Un record. Au Bureau des Produits Pétroliers (BPP), un autre record vient d’être battu, en février dernier : les recettes ont dépassé 19 milliards CFA (19,07 milliards CFA exactement).

Les régions ne sont pas demeurées en reste. Au bureau régional des douanes de Kayes, les recettes sont estimées à 5,5 milliards CFA.

Et notre interlocuteur de conclure  par une interrogation: « comment peut-on arriver à ces résultats, si on laissait les marchandises, qu’elles soient du Bazin ou autre, rentrer dans notre pays sans s’acquitter des droits et taxes dus à la douane ».

 

Oumar Babi

Source: Canard dechainé

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