CMDT-Huileries cotonnières : Nécessaire préservation des emplois

Le secteur fait vivre des centaines de familles à Kita, Koulikoro, Koutiala, Sikasso et Bougouni. Sa disparition va accroître la pauvreté au niveau rural.

La faillite de l’Huilerie Cotonnière du Mali (HUICOMA) dans les années 2000, a favorisé la prolifération de petites unités de production d’huile à base de graines de coton jusqu’en 2009 et même au delà. La Compagnie Malienne pour le Développement du Textile (CMDT), qui fournissait à Huicoma seule la graine de coton, s’est vu assaillie de demandes de graines de coton de la part des petites unités de production d’huile. Du coup, une concurrence s’est installée entre Huicoma et les petites huileries. Voulant tirer le maximum de profit de la rareté, la Cmdt a multiplié le coût de cession de la tonne de graine de coton. Passant de 12 000F CFA la tonne à 103 000F. Dès lors, les petites unités n’ayant une surface financière assez robuste ont commencé à fermer boutique. Du coup, la souffrance des populations qui vivaient de l’HUICOMA s’est amplifiée avec le dépôt de bilan de la plupart de ces petites unités de transformation. Faute d’avoir les moyens de se procurer de la matière première, c’est-à-dire la graine de coton pour faire tourner les usines. Des centaines d’emplois sont donc menacés à Kita, Koulikoro, Koutiala, Sikasso et Bougouni.

Sur la cinquantaine d’huileries reconnues par l’Etat malien et en remplissant certaines conditions sanitaires, plus de 40 sont menacées de fermeture, si elles  n’ont pas mis les clés sous les paillassons. Il faut le dire, qu’outre le coût élevé des intrants, le mauvais choix d’investissement est également à l’origine de la faillite de certaines huileries. Au lieu d’investir dans le circuit d’approvisionnement de la matière première, certains promoteurs ont mis la charrue avant les bœufs en important des appareils d’usines dont ils n’ont même pas les pièces de rechange.

Or, ils sont plusieurs centaines de travailleurs menacés de perdre leurs emplois du fait des difficultés d’approvisionnement en matière première que le fournisseur CMDT rechigne à leur livrer sans paiement au comptant de la tonne à 1O3 000 FCFA. En effet, la campagne cotonnière qui s’est écoulée (2014-2015), a été particulièrement éprouvante pour les huileries et celle qui s’annonce (2015-2016) est plus qu’incertaine. Avec le déficit de pluviométrie, les objectifs de production de la CMDT s’affaissent quelque peu. La seule bonne volonté de la Direction générale d’atteindre les objectifs de production de 600 000 tonnes de coton graine ne suffit pas devant les contraintes climatiques. Dès lors, au déficit de l’offre se joignent les difficultés financières, menaçant beaucoup d’huileries, en manque de matière première, de fermeture. Ce que les promoteurs d’huilerie appellent « le dictat » de la Cmdt, qui consiste à fixer unilatéralement le prix de la tonne de la graine de coton à 1O3.000 F CFA pour la campagne à venir (2015-2O16)  contre 60.000 F CFA pendant la campagne précédente (2014-2015) sera difficilement applicable ? Surtout selon certaines indiscrétions, la graine de coton représente 10% du chiffre d’affaires de la Cmdt.

Pour donc faire face à la situation, les promoteurs d’huileries qui ne sont pas restés les bras croisés, sont montés au créneau pour dénoncer la situation devant qui de droit. C’était courant 2009, où ils ont tenté de mettre en place une Fédération Nationale des Promoteurs d’uilerie afin de mieux défendre leurs intérêts.

 Daba Balla KEITA

 Source: Tjikan
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